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Murray était « un homme pour qui tu adorais travailler », selon Babcock

L'entraîneur a obtenu son premier emploi dans la LNH grâce à l'ancien D.G. des Ducks, qui est décédé samedi

par Dave Stubbs @Dave_Stubbs / Chroniqueur NHL.com

Bryan Murray, qui est décédé du cancer du côlon à l'âge de 74 ans, samedi, occupe une place énorme dans le coeur de Mike Babcock. L'entraîneur des Maple Leafs de Toronto se rappelle d'un personnage plus grand que nature qui a eu un vaste impact sur la vie des innombrables personnes qu'il a croisées sur son chemin, autant dans le monde du hockey qu'en dehors.

« Bryan était un gars fier de Shawville (Québec) qui consacrait du temps à tout le monde, a déclaré Babcock en provenance de Moscou, samedi. Il adorait sa famille d'abord et avant tout, les gens de hockey en deuxième, et il a touché bien des gens alors qu'il a donné des opportunités à pas mal de personnes au fil des ans. »

Babcock a été une de ces personnes, alors que Murray lui a donné son premier emploi d'entraîneur de la LNH en 2002, au moment où celui-ci était le directeur général des Mighty Ducks d'Anaheim.

En 2000, le D.G. des Mighty Ducks Pierre Gauthier avait embauché Babcock, alors que celui-ci travaillait à Spokane dans la Ligue de hockey de l'Ouest, afin de lui confier la barre de l'équipe école d'Anaheim dans la Ligue américaine de hockey à Cincinnati. Babcock est resté derrière le banc de cette équipe durant deux saisons, jusqu'à ce que Murray succède à Gauthier au poste de D.G. des Mighty Ducks et accorde une promotion à Babcock.

« Le grand message que j'ai retenu de Bryan Murray est celui-ci : il m'a dit, 'Mike, tout le monde dans l'équipe doit être important', a relaté Babcock. Autrement dit, tout le monde doit avoir un rôle à jouer. Ça fait partie de mon code de vie maintenant, j'y crois fermement.

« Bryan est quelqu'un qui se présentait à chaque jour avec sa tablette de papier jaune, où il avait écrit les trios. Il adorait le hockey, il adorait les gars et les liens qui se tissent avec tout le monde. Il aimait les gens et il savait comment faire pour qu'ils se sentent bien. Il savait comment les amener à tout donner sur la glace.

« Ma première année avec Bryan, nous avons perdu la Finale de la Coupe Stanley (2003) en sept matchs (face aux Devils du New Jersey). Je ne vais jamais, jamais oublier ça. Mais l'impact qu'a eu Bryan - je pense à (son neveu) Tim Murray, l'ancien D.G. à Buffalo, (au D.G. du Wild du Minnesota) Chuck Fletcher et à moi, alors que nous faisions tous partie du personnel de l'équipe à l'époque… Il y avait aussi (les anciens entraîneurs dans la LNH) Paul MacLean et Lorne Henning. Bryan était le genre de personne qui aidait les gens à évoluer. Il traitait les gars très bien et tout le monde se sentait important. Il traitait bien ses joueurs et tout le monde au sein de son personnel. »

Babcock a dit se souvenir clairement de la fois où lui et son fils Michael, qui avait alors six ans, aidaient Murray à s'installer dans un condo à Anaheim.

« Mon fils lui a dit, 'Monsieur Murray, vous feriez mieux d'organiser ça un peu mieux', et je riais de bon coeur à entendre ce petit bonhomme donner des ordres à ce vieux monsieur », a raconté Babcock en riant.

À ce moment-là, les deux hommes avaient déjà commencé à tisser des liens solides. Ils étaient tous deux diplômés de l'université McGill à Montréal, chose qu'il avait en commun au départ.

« Et il y a eu ce soir où je dirigeais l'équipe de Cincinnati et Bryan était venu voir notre match, a affirmé Babcock. Je m'apprêtais à quitter quand il s'est présenté, alors nous nous sommes assis et nous avons pris quelques bières ensemble, et nous avons appris à nous connaître un peu mieux. Il était tout simplement un homme pour qui tu adorais travailler, que tu aimais côtoyer, avec qui tu te sentais en bonne compagnie. »

À ce jour, Babcock est toujours aussi émerveillé par l'amour qu'éprouvait Murray pour le hockey et l'affection qu'il avait pour ses joueurs, ainsi que pour le respect qu'il témoignait à tous les membres de ses équipes. Murray a également été D.G. des Red Wings de Detroit (1990-94), des Panthers de la Floride (1994-98) et des Sénateurs d'Ottawa (2007-16), ainsi qu'entraîneur des Capitals de Washington (1981-90), des Red Wings (1990-93), des Panthers (1997-98), des Ducks (2001-02) et des Sénateurs (2005-08).

« Bryan adorait les gars, ça c'est certain, a souligné Babcock. Il aimait toujours la personne et la traitait avec le plus grand respect, tout en s'attendant à ce qu'elle donne tout sur la glace. Il était ce genre de personne qui t'amenait à bien te sentir. J'adorais être dans son entourage. Nous avons beaucoup ri, avons eu beaucoup de plaisir, et chaque fois que nos chemins se croisaient, c'était un moment important en raison de la personne qu'il était et de l'enthousiasme qu'il avait pour le hockey. »

Babcock prévoyait communiquer au cours des prochains jours avec la veuve Murray, Geri, et les deux filles du couple, Heide et Brittany, afin de leur faire savoir une fois de plus à quel point Bryan était important pour lui et sa propre famille.

« J'ai travaillé pour Bryan, Ken Holland (avec les Red Wings) et maintenant Lou Lamoriello (à Toronto) et ce sont tous des gens qui ont de la classe, a-t-il noté. Je sais que les Babcock sont éternellement reconnaissants pour l'opportunité que (Murray) nous a donnée.

« Peu importe qui tu es ou à quel stade tu en es dans ta vie, quand tu perds ton père, ton mari ou quelqu'un de ta famille, c'est un dur, dur coup. Mais les souvenirs vont continuer de vivre et la personne que tu as perdue va continuer de veiller sur toi. Tu vas avoir quelqu'un à qui parler quand tu as besoin de conseils et Bryan va continuer d'être présent auprès de sa famille.

« Je suis fier d'avoir eu une relation aussi exceptionnelle avec Bryan. Ce dont je vais me souvenir, c'est d'un gentilhomme et d'un homme doux, de quelqu'un qui adorait sa famille, ses joueurs et son personnel et qui avait beaucoup de plaisir, qui rendait meilleurs les gens autour de lui. »

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