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Hefford a inspiré le Canada en route vers le Temple de la renommée

Cette attaquante fougueuse, polyvalente et novatrice a aidé l'équipe féminine à décrocher quatre titres olympiques de suite

par Tracey Myers @TraMyers_NHL / Journaliste NHL.com

La cérémonie d'intronisation de la cuvée 2018 du Temple de la renommée du hockey aura lieu lundi. Le groupe d'élus comprend le commissaire de la LNH Gary Bettman ainsi que Willie O'Ree, le premier joueur noir à évoluer dans la LNH, dans la catégorie des bâtisseurs, en plus des anciens joueurs Martin Brodeur, Martin St-Louis, Alexander Yakushev et Jayna Hefford. La journaliste de NHL.com Tracey Myers brosse ici le portrait de Hefford.

En 2007, Jayna Hefford a remis sa carrière en question.

Hefford, qui avait 30 ans à ce moment-là, avait déjà réalisé beaucoup de choses au hockey. Elle avait remporté une médaille d'argent avec le Canada aux Jeux olympiques de 1998 à Nagano, les premiers JO où il y a eu du hockey féminin. À l'occasion des Jeux de 2002 à Salt Lake City, le but que l'attaquante avait marqué contre les États-Unis dans la dernière seconde de la deuxième période de la finale, et qui s'était avéré l'éventuel filet vainqueur, avait permis au Canada d'obtenir sa première médaille d'or olympique en hockey féminin. Puis, l'équipe a raflé l'or de nouveau aux Jeux de Turin en 2006.

Elle voulait continuer, mais elle ne voulait pas se contenter d'être une joueuse parmi d'autres au sein de sa formation.

« Je me souviens juste d'avoir fait le choix délibéré que si j'allais poursuivre, il fallait que je devienne meilleure. Le simple fait d'être retenue dans l'équipe ne suffisait pas, même si j'aurais pu continuer à faire les choses comme je les avais toujours faites et qu'on m'aurait probablement quand même gardé dans l"équipe, a expliqué Hefford. Je voulais m'assurer de continuer d'être une joueuse qui avait une influence sur les résultats de l'équipe, d'être capable de faire la différence et de demeurer un élément essentiel. »

Hefford a donc ajusté certaines choses. Elle a notamment commencé à travailler davantage sur son jeu au plan individuel, en plus d'embaucher un entraîneur personnel qui l'aiderait à améliorer son niveau d'habileté et à repenser sa façon de jouer. Elle a inscrit 12 points (cinq buts, sept passes) en cinq matchs aux Jeux olympiques de 2010 à Vancouver et récolté trois points (un but, deux aides) en cinq rencontres aux Jeux de 2014 à Sotchi, si bien qu'elle a pu aider le Canada à remporter deux autres médailles d'or pour une séquence de quatre d'affilée.

« Elle a été novatrice en cherchant à améliorer son tir et son coup de patin », a noté l'ancienne attaquante du Canada Jennifer Botterill. « Elle a continué d'évoluer. J'ai joué avec elle de 1998 à 2010, puis elle a continué jusqu'en 2014. Il y avait de jeunes joueuses talentueuses qui accédaient à l'équipe, mais elle a continué à avoir un impact important à tous les Jeux. C'est plutôt incroyable de continuer à contribuer de cette façon aussi longtemps. Elle n'a pas hésité à changer des choses pour être meilleure et être compétitive à ce niveau de jeu très élevé. »

Quand Hefford a complété sa carrière à l'échelle internationale, elle occupait le deuxième rang dans l'histoire de l'équipe canadienne féminine pour les points (291), les buts (157) et les matchs disputés (267), tandis qu'elle avait remporté quatre médailles d'or olympiques et sept médailles d'or au Championnat du monde de la FIHG. Elle a marqué 252 buts durant son passage avec l'équipe de Brampton de la Ligue nationale de hockey féminin de 1998 à 2007, le total le plus élevé dans le circuit durant cette période. Et le 12 novembre prochain, Hefford sera intronisée au Temple de la renommée du hockey à Toronto.

« Quand j'ai eu l'appel, je ne m'y attendais pas. Ça m'a frappé de plein fouet, plus fort que je ne l'aurais pensé, a dit Hefford. C'était très émotif, c'est quelque chose dont je suis très fière. Mais en pensant à tout le monde qui a eu un rôle à jouer dans cette nomination, ça m'a rendue plus émotive que je l'aurais cru. »

Le moment déterminant dans la carrière de Hefford est survenu à l'occasion du match pour la médaille d'or des Jeux olympiques de 2002 à Salt Lake City, disputé contre les États-Unis. Hefford a reçu une longue passe de la défenseure Becky Kellar-Duke et a marqué au moyen d'un tir du revers qui a battu la gardienne de but Sara DeCosta pour donner au Canada une avance de 3-1 au moment où il restait une seconde à disputer en deuxième période. Ce but a fini par faire la différence puisque les Américaines ont marqué alors qu'il restait 3:33 à faire en troisième.

Selon Hayley Wickenheiser, une joueuse de centre qui a remporté cinq médailles olympiques avec le Canada, soit l'argent en 1998 et l'or à quatre reprises (2002, 2006, 2010 et 2014), ce but illustre parfaitement ce qu'a représenté Hefford pour l'équipe canadienne.

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« Quand je pense à elle, je pense à quelqu'un qui a des mains de velours et qui répond à l'appel dans les moments cruciaux, a affirmé Wickenheiser. Elle a toujours eu la touche qu'il fallait autour du filet adverse, et c'est là une qualité que toutes les joueuses n'ont pas. 

« Ce but-là lui a donné la confiance et la certitude qu'elle allait être une grande joueuse, une joueuse aux qualités complémentaires qui pouvait jouer en compagnie de très bonnes joueuses et les rendre meilleures. Elle était en mesure de compléter les fabricantes de jeu en faisant preuve d'une belle finition, ce qui est quelque chose de rare. Les joueuses qui peuvent mettre la rondelle dans le filet, c'est un énorme boni de nos jours, et elle a assurément été une des meilleures de l'histoire à cet égard au hockey féminin. »

Quand Hefford a modifié sa façon de jouer, son rang au sein de l'équipe a changé aussi. Hefford reconnaît qu'elle n'a jamais été quelqu'un qui parlait beaucoup sur la glace ou dans le vestiaire, mais ça n'avait aucune importance. Elle a eu un impact en raison de son jeu et elle a été adjointe au capitaine des équipes olympiques canadiennes en 2010 et 2014.

« Quand tu vis des moments historiques comme ceux-là et que tu joues au sein de tellement d'équipes différentes, les joueuses en position de leadership peuvent avoir toutes sortes de qualités », a noté l'ancienne attaquante de la formation canadienne Lori DuPuis. « Elle était la première à dire, 'si je ne connais pas un bon match, je ne connais pas un bon match'. Elle ne prétendait pas, 'je devrais être sur la glace'. Ça en disait long à propos d'elle aux autres joueuses. Elle donnait l'exemple. D'autres joueuses ne comprenaient pas toujours l'importance de la constance, mais elles pouvaient toujours se tourner vers elle et se servir d'elle comme source de motivation. Tu savais à quoi t'attendre d'elle à chaque match. Et dans les moments où elle décidait de parler dans le vestiaire, elle n'était probablement pas motivée par la frustration, mais par le désir de motiver les autres en disant, 'hé, tout le monde, nous pouvons y arriver'. Ça soulevait vraiment l'équipe, ça inspirait les filles à aller sur la patinoire et à réaliser quelque chose de spécial. »

Selon l'entraîneur adjoint des Blackhawks de Chicago Kevin Dineen, qui a dirigé l'équipe canadienne féminine en 2014, le leadership affiché par Hefford était un atout très important. Il a par ailleurs qualifié Hefford de joueuse « à la Marian Hossa », la comparant ainsi à l'ailier droit qui a remporté la Coupe Stanley avec les Blackhawks en 2010, 2013 et 2015.

« Dans ce tournoi [en 2014], elle était la première à sauter sur la patinoire pour aller jouer en désavantage numérique. Elle répondait présente en avantage numérique aussi. Elle pouvait disputer des minutes de jeu importantes et c'était une joueuse très cérébrale. C'est pourquoi je la compare [à Hossa], a affirmé Dineen. Elle avait toujours une influence importante sur l'issue du match. C'était une athlète qui affichait beaucoup de caractère. »

L'influence qu'exerce Hefford sur le hockey se poursuit. Elle est la directrice générale par intérim de la Ligue canadienne de hockey féminin, tandis que DuPuis et elle dirigent une école de hockey pour filles à Kingston, en Ontario, depuis 1998. L'école n'a jamais cessé de gagner en popularité, et certains camps ont attiré plus d'une centaine de joueuses.

« Quand tu peux aller sur la glace avec quelqu'un comme Jayna Hefford, que tu peux toucher à des médailles, l'écouter raconter des histoires et expliquer ce qu'elle a vécu, entendre parler du processus par lequel elle a dû passer pour faire partie de l'équipe olympique, ça fait vraiment réfléchir les gens, qui se disent qu'il est possible de faire la même chose, a souligné DuPuis. Nous avions toutes l'habitude d'admirer les joueurs de la LNH, mais c'était impossible de les imiter. Le fait de voir qu'il y a maintenant des modèles qui jouent au sein de l'équipe olympique, qui jouent dans la Ligue canadienne de hockey féminin, ça veut dire qu'il y a maintenant quelque chose à quoi les jeunes filles peuvent aspirer. »

Hefford redonne à la nouvelle génération. Elle sait que le niveau du hockey féminin peut encore progresser. C'est ce qu'elle a fait avec son propre niveau de jeu, il y a 10 ans. Hefford fera le nécessaire pour aider le hockey féminin à atteindre un niveau supérieur.

« Je suis fière du niveau que nous voyons maintenant, mais je pense que nous pouvons encore grandir, a dit Hefford. Je pense que nous pouvons offrir un meilleur contexte aux filles maintenant et c'est ce que nous essayons de faire avec la Ligue canadienne: construire pour améliorer le niveau de jeu dans son ensemble et celui des joueuses sur le plan individuel, rendre les joueuses plus visibles et faire réaliser aux gens à quel point ce sont de formidables ambassadrices et modèles. Il y a encore beaucoup de place à l'amélioration au hockey féminin. Je ne serai donc pas satisfaite tant que nous n'aurons pas continué à repousser les limites plus loin. J'imagine que c'est l'athlète en moi qui m'amène à penser de cette façon. »

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