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Gilles Tremblay comprend très bien le défi que doit relever Benoit Brunet

LNH.com @NHL

MONTREAL - Benoit Brunet a eu à essuyer sa part de critiques récemment pour son travail comme analyste aux matchs du Canadien. Après avoir donné la chance au coureur à ses débuts dans le métier, on lui reproche essentiellement ses difficultés en français, son côté trop partisan et ses critiques répétées aux méchants arbitres qui punissent trop "son" Canadien.

Gilles Tremblay est bien placé pour le comprendre, lui qui a été le premier "joueurnaliste" au Québec, c'est-à-dire un ancien athlète converti en commentateur. Une conversion réussie dans son cas, qui a résulté en une deuxième carrière qui a duré plus de 25 ans. Après le passage d'Yvon Pedneault, qui lui a succédé à la télévision, Brunet devient le deuxième ancien joueur du Canadien à remplir le même rôle.

"La première chose qu'il doit faire, dit Tremblay, c'est de soigner son français. Moi, j'ai eu la chance de travailler avec René Lecavalier, Richard Garneau, Lionel Duval et tous les autres de Radio-Canada qui étaient les meilleurs en français. De plus, comme j'étais le premier, les gens m'ont sans doute pardonné plus. Et j'avais quand même une 12e année scientifique."

Pierre Houde, le descripteur des matchs du Canadien, a lui aussi un français impeccable. La différence réside entre Radio-Canada et RDS, comme l'ont soulevé les critiques de Brunet qui reprochent plutôt au Réseau des sports de ne pas ou de mal "coacher" leur recrue.

"Il faudrait l'aider certainement, convient Tremblay. Il faut être sévère avec lui pour le garder et le développer. Il faut qu'on lui donne sa chance en le dirigeant."

Aide toi et le ciel t'aidera

Brunet devra aussi faire sa part, estime Tremblay, qui ne demande pas mieux que de l'aider s'il veut communiquer avec lui. "Il faudrait qu'il lise, n'importe quoi, pour aller chercher du vocabulaire", dit-il.

Tremblay suggère aussi à Brunet de s'enregistrer, comme il l'a fait lui-même, puis de se réécouter avec des spécialistes du français. "J'ai vu René faire des grimaces quand je faisais des erreurs, rappelle-t-il. Mais je leur montrais que je voulais apprendre."

Le facteur temps est très important, avait réalisé Tremblay: "L'analyste a moins de temps à sa disposition avec tous ces commerciaux. Il doit éliminer le superflu, aller au principal, en profondeur. Les reprises expliquent tellement bien ce qui s'est passé maintenant que l'analyste doit aller plus loin et c'est là qu'il doit utiliser son expérience de joueur. Surtout dire d'où vient la première erreur, celle qui a mené au trois contre un. La dernière erreur, tout le monde l'a vue."

Quant au côté partisan, "c'est difficile, très difficile, reconnaît Tremblay. C'est un des points qui m'ont donné le plus de misère au début. Il faut essayer d'oublier qu'on est un ancien joueur du Canadien et qu'on prend pour cette équipe. C'est le plus difficile." Pour y parvenir, il faut se préparer avant le match, avance Tremblay: "Si on est conscient que c'est un défaut, il faut faire attention et prévenir les coups".

"Les arbitres ne manquent pas grand-chose, dit-il encore. Dis-toi toujours qu'ils sont plus près du jeu. Laisse ça à leur jugement, ils sont les mieux placés. Ils vont se tromper à l'occasion, mais tout le monde se trompe."

En conclusion, Tremblay affirme que son successeur devra apprendre à vivre avec les critiques, qui font partie de son boulot. "De son côté, ajoute-t-il, Il faut qu'il se pose des questions. C'est dur, il n'y a pas d'école qui prépare à ce travail."

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