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Entre les poteaux: Les gardiens et le camp d'entraînement

Notre collaborateur Mathieu Garon explique comment les gardiens de la LNH retrouvent leur rythme

par Mathieu Garon @OuiOui_32 / Collaborateur LNH.com

Mathieu Garon a disputé 12 saisons dans la LNH et a signé 144 victoires en 341 matchs. Il a porté les couleurs des Canadiens de Montréal, des Kings de Los Angeles, des Oilers d'Edmonton, des Penguins de Pittsburgh, des Blue Jackets de Columbus et du Lightning de Tampa Bay. Mathieu a accepté de collaborer avec l'équipe de LNH.com chaque semaine pour nous faire découvrir l'univers des gardiens de la LNH.

C'est avec grand plaisir que je me joins à l'équipe de LNH.com afin de vous partager ma vision et mon expérience du point de vue d'un gardien de but.  

Les camps d'entraînements tirent à leur fin, et pour les gardiens, il s'agit de la dernière étape d'un processus qui s'est amorcé longtemps avant de retrouver leurs coéquipiers vers la mi-septembre.

La préparation d'un gardien de but pour une saison commence plusieurs mois avant le premier match du calendrier. Normalement, environ un mois après la fin de la saison, ou quelques semaines si son équipe se rend loin dans les séries éliminatoires de la Coupe Stanley, le portier recommence à s'entraîner en gymnase. 

À l'époque, la condition physique des gardiens n'avait rien à voir avec ce qui est devenu la norme de nos jours. On s'attend maintenant à ce que ceux-ci soient au sommet de leur forme. Ainsi, pendant plusieurs mois, un programme établi par un professionnel sera nécessaire afin de répondre à ces attentes. Le gardien doit travailler sur plusieurs aspects dont la force, la vitesse, la flexibilité et le cardiovasculaire. Plus tard au cours de l'été, on recommence à patiner et à faire face à des lancers.

À l'intérieur de chaque organisation, on retrouve plusieurs gardiens de but au statut différent. Ils veulent évidemment tous être numéro un, mais la hiérarchie est habituellement déjà établie, et chacun abordera le camp dans un état d'esprit différent. 

Pour un gardien partant, le camp d'entraînement ne sera pas perçu de la même manière que pour les autres cerbères. Celui-ci veut profiter de ce temps pour peaufiner son jeu et être prêt pour le marathon qui s'entamera en octobre. On voit parfois le gardien numéro un avoir une contre-performance en match préparatoire et ne pas sembler être trop affecté par la situation. 

C'est ce qui a été illustré par le désormais fameux « Chill out » de Carey Price il y a quelques années. Cette situation décrivait parfaitement la mentalité d'un partant. En utilisant ces mots, Carey disait à tout le monde que pour lui, la seule chose qui lui importait était d'être prêt pour le premier match de la saison. Il ne s'inquiétait pas du tout du fait qu'il venait de donner quatre buts sur neuf lancers devant une formation dont la moitié des joueurs ne seront plus dans la LNH une semaine plus tard.

Ce qui est le plus difficile pour un gardien durant un camp est de s'adapter à un tempo plus élevé. Lorsqu'on patine avant le camp, la plupart du temps ce ne sont que des entrainements sans entraîneurs où les joueurs ne font que des matchs simulés. Par contre, ce qui plaît le plus aux gardiens avec le début des entraînements officiels, c'est que les joueurs doivent maintenant faire ce que l'entraineur exige d'eux. Alors moins d'échappées et de 2-contre-0. Tous les gardiens vous diront que plus il y a de structure, plus c'est facile. On sait à quoi s'attendre de nos défenseurs.

À mesure que le camp d'entraînement avance, on voit naturellement les formations s'amincir et, par conséquent, le calibre de jeu s'améliorer. C'est pourquoi les gardiens établis semblent devenir de plus en plus à l'aise vers la fin des camps. Ils aiment être entourés de défenseurs plus expérimentes et avec qui ils ont déjà une certaine chimie.

C'est pourquoi je continue de croire que si certains gardiens vedettes de la LNH nous font douter et penser que leur contre-performance en match préparatoire est un prélude à l'aube de la saison, je crois que l'on doit attendre et laisser la saison débuter avant d'analyser en profondeur. Même si de nos jours les camps d'entraînement sont beaucoup plus compétitifs qu'à l'époque, nul ne se souviendra des statistiques des gardiens au cours du calendrier préparatoire dans quelques semaines.

Pour un gardien auxiliaire, le camp présente une belle occasion pour prouver à l'organisation qu'il est bel et bien l'homme de confiance pour seconder le partant. Il veut connaître de bons matchs et s'assurer de conserver son poste. Ce qu'ils craignent le plus, c'est d'avoir un ou des matchs au cours desquels ils ne livrent pas la marchandise. En tant que substitut, tu sens toujours que quelqu'un est derrière toi et te met de la pression. Il faut donc se concentrer sur ses propres performances et non celles des autres.

Les gardiens des ligues mineures pour leur part, se servent du camp d'entraînement comme plate-forme afin de gagner en visibilité et attirer les regards. Ils veulent démontrer qu'ils sont de calibre pour la LNH et souhaitent avoir leur chance. En performant bien lorsqu'ils en ont l'occasion, ils peuvent ainsi mêler les cartes et semer un doute parmi les dirigeants de l'organisation. 

Les jeunes qui viennent tout juste d'être repêchés en sont pour leur part à leur premier ou second camp et ont comme objectif de prouver que l'équipe a bien fait de leur faire confiance. Ces jeunes gardiens sont très excités de côtoyer des joueurs de la LNH et s'ils ont la chance de jouer un demi-match ou plus en match préparatoire, ils auront le sentiment du devoir accompli.

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