Skip to main content

CMJ : 5 raisons qui expliquent l'élimination du Canada

La tenue offensive de la troupe de Tim Hunter est au cœur de la décevante prestation de l'équipe à Vancouver

par Guillaume Lepage @GLepageLNH / Journaliste LNH.com

VANCOUVER - On peut bien parler de parité et vanter les mérites d'une équipe finlandaise talentueuse pour justifier la défaite d'Équipe Canada en quarts de finale du Championnat mondial junior, mercredi, il reste que le tournoi dans son ensemble a été une déception pour la formation canadienne.
 

Les autres pays s'améliorent - la Suisse a quand même surpris la Suède en quarts - et c'est pour le mieux.

À LIRE AUSSI: Comtois: « Un échec sur le plan hockey » | Cinq choses à retenir du CMJ: Jour 8

Mais ce n'est tout de même pas normal qu'une formation comptant sur 11 choix de première ronde et sur plusieurs joueurs sur le point de faire le saut dans la LNH soit réduite à deux buts en deux matchs contre les seules puissances qu'elle a affrontées dans le tournoi.

Il faut disséquer les prestations de l'équipe pour tenter de comprendre pourquoi elle n'a jamais réussi à prendre son envol.

Voici cinq raisons qui expliquent l'élimination du Canada en quarts de finale :

1. Tim Hunter

On dit souvent qu'un bon entraîneur en est un qui dirige au feeling : si un joueur lui en donne et qu'un autre se cherche sur la patinoire, il favorisera celui qui a le couteau entre les dents.

On a rarement vu ça pendant le tournoi, mis à part quand il a cloué Alexis Lafrenière et Joe Veleno au banc et qu'il les a pointés du doigt dans les médias après le match, créant lui-même une tempête qui est devenue une distraction pendant deux jours.

En fait, les premiers gros changements de trio sont survenus avant le match contre la Finlande - drôle de timing - et même si ça n'a rien donné, Hunter a préféré mourir avec sa nouvelle tentative plutôt que de tenter de provoquer autre chose.

Des joueurs comme Shane Bowers, Barrett Hayton et Owen Tippett ont connu une prestation fort ordinaire contre les Finlandais et ils n'ont pourtant jamais sauté de tour. Pendant ce temps, MacKenzie Entwhistle et Joe Veleno mangeaient les bandes et ont été limités à 4:10 et 6:15 de temps de jeu, respectivement.

2. La production secondaire 

Si l'on exclut la dégelée de 14-0 qu'elle a infligée au Danemark en ouverture de tournoi, l'attaque canadienne s'est faite bien discrète lors des quatre autres matchs, n'inscrivant que 10 buts.

Outre le premier trio composé de Maxime Comtois, Cody Glass et Owen Tippett, qui a réussi à menacer de façon assez constante, les autres unités ne l'ont fait que de manière très sporadique. Celui que l'on avait identifié comme étant le deuxième trio - Jaret Anderson-Dolan, Nick Suzuki et Shane Bowers - n'a totalisé que cinq points tout au long du tournoi.

Alexis Lafrenière, qui a récolté 54 points en 31 matchs jusqu'ici dans la LHJMQ, avait amorcé le tournoi aux côtés d'Anderson-Dolan et de Suzuki, mais il s'est retrouvé dans la niche après le deuxième match. Hunter ne lui a jamais redonné de chance malgré que Bowers ne faisait guère mieux. Il a plutôt choisi de démanteler ce trio à l'aube du premier match éliminatoire.

Pour le reste, les quatre derniers attaquants ont trop peu été utilisés pour espérer avoir un impact.

3. Le manque d'implication des défenseurs

En cinq matchs, le Canada n'a obtenu que deux buts de la part de ses défenseurs. C'est trop peu. Surtout pour une brigade dont on vantait les qualités en relance et qui semblait munie d'éléments pouvant amener de l'offensive comme Evan Bouchard, Noah Dobson et Ty Smith.

Il sera difficile d'obtenir une confirmation qu'il s'agissait bel et bien du plan de match, mais il se pourrait bien qu'on ait demandé aux arrières de ne pas trop se porter en attaque. C'était flagrant contre la Finlande alors que la grande majorité des sorties de zone s'effectuaient avec un lob dans la baie vitrée.

Historiquement, Hockey Canada favorise surtout les défenseurs fiables dans leur zone par rapport aux arrières dynamiques et plus offensifs.

Un défenseur de la trempe de Dobson peut transporter la rondelle avec aisance à un niveau supérieur. Il l'a prouvé au tournoi de la Coupe Memorial l'an dernier, mais il n'a pas été l'ombre de lui-même - offensivement du moins - au CMJ. Il y a anguille sous roche.

4. L'avantage numérique

Dans un tournoi aussi relevé et au cours duquel un but peut faire toute la différence, la formation canadienne n'a inscrit que trois buts en 18 occasions avec l'avantage d'un homme. Elle a d'ailleurs raté trois chances face à la Finlande. 

La troupe d'Hunter a terminé le tournoi avec une efficacité de 16,7 pour cent, bonne pour le huitième rang, devant la Finlande et le Danemark. Même le Kazakhstan a marqué sur 23,53 pour cent de ses chances!

Malgré les insuccès de sa première vague, qui n'a pas touché la cible après le déluge de 14 buts contre les Danois, Hunter a décidé de n'y apporter aucun changement. La raison? Il fonctionne ainsi depuis le début de la saison à Moose Jaw et ç'a fini par fonctionner.

Un tournoi de sept matchs, tout au plus, n'est cependant pas aussi long qu'une saison. Loin de moi l'idée d'être chauvin, mais Lafrenière pilote le deuxième meilleur avantage numérique de la LHJMQ (31,2 pour cent)… Il aurait peut-être mérité une chance.

Il faut aussi noter que le Canada ne s'est jamais entraîné une fois que le tournoi s'est amorcé. Les séances vidéo peuvent être bénéfiques, mais il n'y a rien comme le mettre en pratique.

5. L'instinct du tueur

Le Canada a beau avoir marqué le premier but à chacun de ses matchs, il n'a pas été en mesure de se distancer de ses adversaires quand ça comptait.

Contre la Suisse, il n'a pu mettre le dernier clou dans le cercueil quand il menait 3-1 et a bien failli l'échapper en fin de match. La même chose s'est produite contre la Finlande alors qu'on a semblé s'asseoir sur une mince avance d'un but. Ç'a presque fonctionné, mais à force de se défendre, ç'a fini par coûter cher.

C'est comme si les Canadiens avaient perdu la petite étincelle qu'ils avaient dans leur jeu après le premier but de la Russie dans le dernier match de la ronde préliminaire. Après ça, ils n'ont plus jamais contrôlé le jeu comme ils l'avaient fait en début de tournoi.

Et rien n'est venu rallumer la flamme.

En voir plus

La LNH utilise des témoins, des pixels invisibles et d'autres outils technologiques similaires. En naviguant sur les sites web de la LNH et ses autres services en ligne, vous acceptez les pratiques décrites dans notre Politique de confidentialité et dans nos Conditions générales d'utilisation, incluant notre Politique sur les témoins.