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Cinq questions à Sidney Crosby

Le capitaine des Penguins donne ses impressions sur son retour à la maison avec la Coupe et sur la prochaine saison

par Dan Rosen @drosennhl / Journaliste senior NHL.com

La chronique de LNH.com appelée « Cinq questions à… » revient régulièrement, alors que nous nous entretenons avec des personnalités du hockey et nous leur posons des questions sur leur vie, leur carrière et l'actualité.

Ce texte met en vedette le capitaine des Penguins de Pittsburgh Sidney Crosby:

COLE HARBOUR, Nouvelle-Écosse -- Sidney Crosby a remis la Coupe Stanley à ses gardiens, en fin de journée samedi, afin qu'ils puissent laver et préparer le trophée en vue de son transport vers Madison, au Wisconsin, où Phil Kessel allait commencer à célébrer avec les gens de son patelin dimanche.

Crosby a passé les journées de vendredi et samedi avec la Coupe ici à Cole Harbour, sa ville d'origine, alors qu'il a tenté de faire le plus d'activités possibles pendant le court laps de temps qui lui était accordé.

Il a amené la Coupe à sa propre école de hockey et il a permis à 160 enfants et à une centaine de bénévoles de se faire photographier avec elle. Il l'a amenée à un hôpital pour anciens combattants et à un hôpital pour enfants, à un Tim Hortons local, ainsi qu'à bord du Harbour Hopper, un vaisseau marin et terrestre pour touristes, afin de passer devant les quartiers historiques de Halifax et de se rendre jusqu'au port de Halifax.

Les festivités se sont terminées dans les rues de Cole Harbour, où on a rendu hommage à Crosby au moyen d'un défilé qui s'est déroulé devant une foule estimée à 30 000 personnes. C'est là la population entière de la municipalité, et celle-ci s'est étendue tout au long du parcours de 1,77 km.

C'est après ce défilé, et à la suite d'une célébration mettant Crosby et la Coupe en vedette sur une estrade temporaire, d'où il pouvait voir une mer d'admirateurs qui s'étaient réunis à Cole Harbour Place, qu'il s'est entretenu avec LNH.com afin de parler de son séjour à la maison avec la Coupe Stanley et de ce que l'avenir lui réserve.

Voici cinq questions à… Sidney Crosby:

En décembre dernier, personne n'aurait imaginé une chose pareille, c'est-à-dire un défilé de la Coupe Stanley pour toi à Cole Harbour. Comment as-tu réussi à ne pas perdre la foi alors que la saison semblait sur le point de dérailler ? Quel est le processus psychologique qui t'as permis de rester confiant ?

« Tu dois simplement y aller un jour à la fois. Tu ne peux pas réparer ou corriger tout ce qui va mal en une seule journée, mais tu dois trouver le moyen de t'améliorer, un moyen ou un autre, pour progresser. En bout de ligne, ce n'est pas une seule journée qui va faire la différence, c'est un processus qui s'étend sur une longue période. Il nous restait beaucoup de temps, alors il fallait être confiant et croire que nous étions capables de le faire, et je crois que tout le monde l'a vécu de cette façon. Tout le monde a pris ses responsabilités et chacun a accepté le fait qu'il devait être meilleur, puis nous avons fini par obtenir le résultat que nous visions. »

Après avoir remporté la Coupe Stanley, tu as déclaré qu'un des éléments les plus positifs de la morte-saison qui s'ensuivrait, c'est qu'il n'y aurait pas autant de roulement du personnel chez les Penguins que par le passé. Plusieurs des joueurs seront de retour, et même Justin Schultz a signé un nouveau contrat à rabais pour revenir et faire partie de la suite des choses. Aucune équipe n'a remporté un deuxième titre de suite depuis 1997-98 et je ne vais pas te demander d'y aller d'une prédiction, mais te sens-tu mieux en ce qui concerne les chances de l'équipe parce que la plupart des joueurs sont de retour ?

« Je ne sais pas si je peux dire que je me sens mieux, mais je trouve qu'il y a un niveau de confort qui est là parce que nous savons qui va jouer quel rôle et nous connaissons bien de quoi l'équipe est faite. Nous n'aurons pas besoin de passer beaucoup de temps à nous ajuster et à chercher à comprendre dans quel contexte nous nous trouvons. Il y a toujours une certaine période du genre, mais c'était davantage le cas ces dernières années en raison du roulement de personnel. Il faut être patient à cet égard parce que ce n'est pas facile d'y aller plein gaz dès le premier match. Il faut y mettre le temps. Mais de savoir que tout le monde comprend où chaque joueur va jouer et comprend son rôle, ça devrait nous aider au départ. »

Quelle a été ta réaction quand tu as entendu parler de la Coupe du monde de hockey, que la LNH et l'Association des joueurs de la LNH allaient organiser ce tournoi pour la première fois en plus d'une décennie ?

« Je pense que c'est quelque chose de vraiment spécial. Chaque fois que tu peux prendre part à une compétition internationale, c'est bien. Que le Canada en soit l'hôte, d'être un Canadien et de disputer ce tournoi au Canada, sachant à quel point c'est spécial, j'ai ressenti de l'excitation. Je suis fébrile à l'idée de jouer pour le Canada. Cela dit, je suis également conscient du fait que je devrai bien me préparer parce que ce n'est pas comme les Jeux olympiques, où le tournoi a lieu en pleine saison et que tout s'enchaîne naturellement. Le fait que ce soit en début de saison change le contexte. C'est enivrant. Tu te retrouves à penser à un grand rendez-vous en partant. Ce n'est pas la routine habituelle du camp, des tests physiques et toutes ces choses-là. Ce n'est pas à ça que je pense en ce moment. Je pense au fait que je vais disputer des matchs importants tout de suite et c'est plaisant. J'ai hâte. »

As-tu déjà commencé à suivre un programme d'entraînement?

« Oui, j'ai commencé à m'entraîner la semaine dernière, lundi en fait. En gros, j'ai pris un mois de congé. La saison a été très longue et les séries ont le don d'amocher les joueurs de différentes façons. Mais je me sentais plutôt bien après les séries. Je me suis accordé du repos, mais à ce stade tu sais quand tu es prêt mentalement, et je suis prêt. Le fait d'avoir pu recevoir la Coupe à ce moment-ci, c'est bien parce que maintenant ces deux journées-là sont passées, je peux passer à l'étape suivante et il me reste encore six semaines pour me préparer. C'est tombé au bon moment. »

Je serais fou de ne pas t'interroger sur ton expérience ici à Cole Harbour. Nous sommes derrière la scène en ce moment, mais il y a quelques instants seulement, il y avait plus de 30 000 personnes, plusieurs gens de ta ville d'origine ou des communautés environnantes qui t'ont regardé grandir, qui scandaient ton nom et criaient en signe d'appui. Donne-moi une idée de ce que tu as vécu, quelles sensations as-tu ressenties ?

« C'est spécial. Je suis simplement reconnaissant d'avoir pu grandir ici, où il y a eu tellement de gens autour de moi qui ont pris le temps de soutenir tellement de choses auxquelles j'ai participé. Je suis reconnaissant. Je veux le faire encore. C'est comment je me sens. Quand tu ressens de telles sensations, quand tu vois qu'autant de gens se sont présentées, quand tu constates ce que ça signifie pour eux et à quel point ça leur fait plaisir, ça te motive encore plus de vouloir répéter l'exploit. Ma joie, je la ressens surtout quand je vois la façon dont les gens réagissent devant la Coupe Stanley. J'ai eu la chance de passer du temps avec le trophée tout de suite après notre victoire, et c'est un sentiment spécial de partager ces moments-là avec tes coéquipiers après être passé au travers toutes sortes de moments difficiles avec eux au cours de l'année. Et ensuite, tu passes à un autre registre et tu partages ces moments avec les gens qui te suivent depuis des années et que tu n'as pas toujours la chance de remercier. Dans le fond, c'est la meilleure manière de les remercier, en partageant de tels moments avec eux. Je dirais que j'ai plus de plaisir à voir la joie que tout le monde ressent et leurs réactions qu'à avoir le trophée moi-même et à me promener avec. »

Justement, et maintenant la chronique Cinq questions se transforme soudainement en Six questions, si tu étais un jeune de 10 ans en ce moment et que Sidney Crosby venait te voir avec la Coupe Stanley, quelle serait ta réaction ?

« Je serais abasourdi. Sans doute que je n'y toucherais pas. Je pense que je m'assurerais de me faire prendre en photo avec la Coupe tout de suite. C'est drôle, même les jeunes à l'école de hockey se disputaient entre eux, à savoir s'il fallait y toucher ou non. J'ai dit, 'Écoutez les gars, peu importe ce que vous faites, ça me va'. C'est 'cool' pour eux qu'ils puissent la voir. C'est ça le hockey. »

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