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Bouchard: La finale se transporte à Nashville

Le défenseur des Predators P.K. Subban aura encore plus la chance d'exercer sa domination

par Olivier Bouchard @oli_bou / Chroniqueur LNH.com

P.K. Subban nous a habitués à le voir augmenter la cadence lorsque la pression monte. Jeudi, il a choisi de faire monter la pression, en affirmant haut et fort que son équipe gagnerait le troisième match. Après tout, quoi de mieux pour s'assurer que les conditions gagnantes soient réunies que de travailler soi-même à les faire advenir! Subban est un élément majeur d'une excellente équipe et à Nashville, il aura encore plus l'occasion de faire sentir sa présence.

Pas qu'il n'a pas eu d'impact, bien au contraire. On le voit dans le feu de l'action, mais on le voit aussi dans la réorganisation des effectifs à laquelle se sont livrés les Penguins de Pittsburgh.

Sidney Crosby a certainement vu changer un aspect du contexte dans lequel on le fait jouer. On l'a pour ainsi dire exclu des mises en jeu en zone offensive, pour plutôt s'assurer de l'avoir le plus possible sous la main lors des mises en zone neutre. On craint comme la peste le jeu de transition des Predators et on ne veut surtout pas les laisser utiliser ces départs pour entrer en vitesse en zone de Pittsburgh.

 

Deuxième changement dans le déploiement des meilleurs éléments des Penguins : on a bel et bien commencé à séparer Phil Kessel et Evgeni Malkin. Ce dernier passe encore plus de la moitié de ses présences en compagnie de Kessel, mais on a clairement délaissé l'association systématique qu'on avait vue lors des trois premières rondes. Et, il faut le souligner, Kessel ne joue pas pour autant avec Crosby, accumulant moins d'une minute de temps de jeu avec son capitaine.

 

Reste qu'après deux matchs que les Penguins ont su gagner grâce à leur opportunisme, ils n'ont pas pour autant démontré être capables de traverser les Predators avec constance. Une partie du problème est bien connue : Nashville envoie ses deux premières paires défensives au front de manière quasi systématique, ce qui rend excessivement rares les opportunités d'exploiter la faiblesse du bas de leur alignement.

Ainsi, même s'il disposait du dernier changement et qu'il a séparé Kessel et Malkin, Mike Sullivan n'a pas vraiment pu « décoller » ses trois gros canons du quatuor des Predators.

 

Pire, on n'a pas vraiment su exploiter ces opportunités. Malkin et Kessel ont bien pu faire quelques misères à Roman Josi, mais ça s'arrête pas mal là. Lorsque Subban est sur la glace, les Penguins coulent à pic et Josi a su se rattraper contre Crosby. Et les duels de fond d'alignements ont systématiquement tourné à l'avantage des Predators.

Bref, les Penguins, s'ils peuvent se féliciter de posséder à ce moment-ci de la série une avance confortable, ne doivent pas pour autant se sentir très confortables. Subban, joueur d'impact par excellence des Predators, va maintenant pouvoir être déployé encore plus précisément contre les meilleurs éléments des Penguins et ses excellents résultats affichés en zone neutre lors de la série contre les Ducks laissent entrevoir un duel des plus importants avec Crosby lors des deux prochaines parties. La table est donc mise.

Mais il y a plus. Personne n'est dupe de l'impact que les contre-performances de Pekka Rinne ont eu sur les deux premiers matchs et on peut se demander combien de temps encore Peter Laviolette fera confiance à son vétéran.

Juuse Saros, après tout, attend son tour. S'il n'a que 22 ans, le jeune Finlandais n'en a pas moins dominé partout où il est passé depuis quatre ans. Sa fiche est éloquente : en 10 000 minutes de jeu, il a affiché un pourcentage d'arrêts de ,926. Cette saison, il a affiché un score de ,923 en 21 matchs dans la LNH.

Laviolette n'est donc pas absolument obligé de redonner le filet à Rinne. Mais ce dernier est un vieux guerrier, qui a connu un excellent tournoi printanier. L'espoir d'un jeu plus affirmé du gardien recrue vaut-il le message possiblement négatif que la mise au rancart d'un vétéran respecté? Si l'équipe est vraiment gonflée à bloc, Laviolette peut se permettre d'essayer un geste qui pourrait troubler une formation plus pensive, plus ouverte au doute. En augmentant ainsi la pression, Subban a peut-être, sur ce point aussi, donné un peu plus de marge de manœuvre à son entraîneur.

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