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Tout le crédit lui revient

par Staff Writer / Montréal Canadiens

MONTRÉAL – Lorsqu’Andrei Markov est arrivé dans l’entourage des Canadiens il y a presque 15 ans, ceux qui l’ont côtoyé au début savaient déjà qu’il était destiné à une grande carrière dans la LNH.

Les parents et grands-parents de plusieurs partisans des Canadiens pourront toujours se vanter d’avoir vu jouer certains des plus grands noms de l’histoire de l’équipe, ceux qui ont écrit et réécrit le prestigieux livre des records de l’organisation qui en est cette saison à sa 105e année d’existence. Mais pour les plus jeunes, un jour ils pourront dire qu’ils ont vu de leurs propres yeux les prouesses d’Andrei Markov, lui qui a égalisé Doug Harvey au troisième rang des pointeurs chez les défenseurs dans l’histoire du Tricolore avec son 448e point obtenu dimanche soir.

Joueur possédant actuellement le plus d’ancienneté chez le bleu-blanc-rouge, Markov en a parcouru du chemin depuis que l’équipe l’a sélectionné en sixième ronde, 162e au total, au repêchage de 1998. Si ses premiers coéquipiers ne savaient pas trop à quoi s’attendre de lui à son arrivée à Montréal, lui qui ne maîtrisait pas encore la langue de Shakespeare, ils ont toutefois rapidement constaté que le défenseur russe savait s’exprimer avec un bâton et une rondelle.

« La première fois que je l’ai vu je me suis dit : ‘Wow! Il va devenir tout un joueur de hockey.’ Je ne me suis pas trompé. J’ai été son premier partenaire à la défense quand il est arrivé à Montréal. Son premier but en carrière dans la LNH, c’est moi qui lui avais fait la passe. Ce sont de beaux souvenirs », explique Patrice Brisebois, qui a évolué durant six saisons à Montréal avec Markov. « Je ne suis pas surpris qu’il ait connu une si belle carrière. C’est un gars qui, même s’il ne parle pas beaucoup, va rire et est très enthousiaste. C’est un gars qui va faire la différence et qui va tout mettre en œuvre pour faire gagner son équipe. Quand il apprend à te connaître et qu’il est bien avec toi, il est super drôle. Même si ça ne paraît pas, il adore faire des blagues. »

Michel Therrien avait dirigé Markov à ses débuts dans la LNH, en 2000-2001.

Alors que Brisebois et ses coéquipiers l’ont aidé à s’acclimater au hockey nord-américain sur la patinoire, Michel Therrien avait la tâche de lui apprendre les différentes stratégies et les systèmes de jeu qu’il voulait voir son jeune défenseur exécuter. Si aujourd’hui il n’a aucun problème à le faire, c’était une toute autre histoire au début du 21e siècle lorsqu’il devait s’asseoir avec Markov pour lui expliquer ce qu’il attendait de lui.

« Je l’ai connu à ses premiers pas dans la LNH et il est maintenant rendu à 35 ans. Andrei est un gars qui prend son travail très au sérieux. Quand je l’ai connu au début, il y avait le problème de la langue. À chaque fois qu’on voulait le rencontrer on avait besoin d’un interprète », admet en riant l’actuel entraîneur de Markov, qui l’a également dirigé à sa saison recrue dans la LNH, en 2000-2001. « C’est un gars qui est arrivé à maturité. C’est un vrai professionnel qui a su prendre très bien soin de lui. Sans nécessairement être une personne très expressive, c’est tout un compétiteur avec beaucoup de caractère. »

Ayant la capacité de s’adapter à n’importe quel des partenaires à la ligne bleue auxquels il a été jumelé, Markov a également su donner des allures de super-vedettes à certains d’entre eux par son efficacité aux deux extrémités de la glace. Parlez-en à Craig Rivet, Sheldon Souray et Mike Komisarek qui ont su bénéficier de multiples façons des habiletés naturelles du natif de Voskresensk au fil des années. N’étant peut-être pas aussi spectaculaire ou très rapide que certains arrières étoiles de la Ligue, ce sont d’autres qualités de Markov qui lui ont permis de se hisser parmi l’élite.

« C’était facile de jouer avec lui parce qu’il lisait bien le jeu, il était toujours en bonne position. Les meilleurs joueurs de hockey ne paniquent jamais. Lui, il est tellement patient. Il a toujours la tête dans les airs en quête de la meilleure option possible. Neuf fois sur dix il va faire le bon jeu. C’est sa plus belle qualité », poursuit Brisebois au sujet de celui qui a seulement participé à deux Matchs des étoiles durant sa carrière. « Ce qui fait un bon défenseur, ce n’est pas qu’il est seulement offensif ou défensif. Andrei possède tellement d’outils; il est bon offensivement et peut jouer sur l’avantage numérique et il est tout aussi bon défensivement pour tuer des punitions. On parle ici d’un gars qui pourrait faire partie du top 2 de défenseurs de n’importe quelle autre équipe dans la Ligue. »

Coéquipier de Markov durant six saisons, Patrice Brisebois croit que la plus belle qualité de Markov est sa patience sur la patinoire.

Le fait que Markov ait réussi à atteindre un plateau aussi prestigieux malgré qu’il ait subi plusieurs blessures importantes au cours des dernières saisons est encore plus remarquable. N’ayant disputé que 65 des 246 matchs en saison régulière des Canadiens entre 2009 et 2012, le vétéran défenseur a travaillé d’arrache-pied pour retrouver sa forme d’antan. Il n’est peut-être plus aussi explosif qu’auparavant, mais il réussit quand même à se démarquer en contrôlant le jeu comme bon lui semble.

« C’est sûr qu’il a fait face à beaucoup d’adversité. Il a travaillé très fort pour revenir en santé et atteindre la condition dans laquelle il est aujourd’hui. Tout le crédit lui revient », mentionne Therrien, qui a dû se passer des services de Markov qu’à une reprise en plus de trois saisons depuis son retour avec le Tricolore en juin 2012. « Il joue la ‘game’ très bien. C’est un gars qui anticipe bien le jeu, qui est capable de lire ce qui se passe sur la patinoire. Il possède une belle vision offensivement il est toujours bien placé défensivement. Là sont ses forces. »

S’il a évolué au sein de plusieurs éditions qui étaient loin d’être comparables aux puissantes formations des années 1950 dont faisait partie Harvey, Markov a tout de même réussi à s’illustrer dans une ère complètement différente de celle du membre du Temple de la renommée. Ce n’est pas peu dire pour un joueur qui a fait sa marque dans une époque où l’accent est mis sur le jeu défensif. Bien qu’il soit encore loin de Guy Lapointe et Larry Robinson, qui ont respectivement amassé 572 et 883 points à Montréal, il pourra toujours se dire que son nom se retrouve aux côtés des plus grands de l’histoire de l’équipe.

« De voir Andrei dépasser Doug Harvey et de se rapprocher du sommet, ça veut dire qu’il a eu une vraiment, vraiment grande carrière », conclut Brisebois. « On dit tout le temps qu’on ne joue pas pour les statistiques. On joue un sport d’équipe et notre but c’est de gagner. Quand tu te retires et que tu regardes ce que tu as accompli, tu réalises que tu as fait de belles choses. Je suis certain qu’Andrei va le réaliser lorsqu’il mettra un terme à sa carrière. »

Hugo Fontaine écrit pour canadiens.com.

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