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Le dernier mot : Kevin Owens

par Staff Writer / Montréal Canadiens

Perfectionnant son art dans le monde de la lutte depuis une quinzaine d’années, Kevin Steen – mieux connu de nos jours comme Kevin Owens – a réalisé son rêve de jeunesse en atteignant le summum de son domaine, la WWE, où il n’a fait que des ravages depuis son arrivée il y a seulement quelques mois. Tout aussi agile dans l’arène qu’avec un micro, le natif de Marieville a rapidement gravi les échelons, s’attirant les éloges de plusieurs légendes de l’industrie au passage. Nous avons discuté avec l’athlète de 31 ans pour apprendre notamment pourquoi il a préféré la lutte au hockey.

Depuis ta signature avec la WWE il y a un peu plus d’un an, tu as fait tes débuts à NXT, remporté son championnat, effectué tes débuts à RAW, combattu et vaincu John Cena et tu as fait partie de la carte principale de SummerSlam. Assez intense!

KEVIN OWENS : C’est assez intense en effet. Ça m’a pris 15 ans me rendre à la WWE et durant ce temps-là, il y a eu pas mal de hauts et de bas. Mais depuis que je suis arrivé ici, la progression a tellement été rapide qu’on dirait que je rattrape le temps perdu. Je ne veux pas dire que le temps que j’ai pris pour me rendre était du temps perdu parce que j’ai vécu des expériences incroyables, mais on dirait que ça va plus vite pour moi que pour les autres. Je côtoie des lutteurs au centre de performances de la NXT qui sont là depuis trois ans et qui attendent leur tour, tandis que moi ça s’est passé tout de suite. C’est sûr que je ne m’en plains pas. Je rêve depuis que j’ai 11 ans de lutter pour la WWE.

De plus, la veille de Summerslam, tu avais fait les frais de la grande finale de la soirée NXT : Takeover, également au Barclays Center. Est-ce que c’était difficile de prendre part à deux combats majeurs en 24 heures?

KO : Ce n’est jamais facile, surtout quand tu participes à un match d’échelle. En fait, on avait aussi un show le vendredi à Bridgeport, au Connecticut, et si on ajoute RAW lundi soir et Smackdown! le mardi, ça fait cinq événements en autant de jours! Faire du cinq en cinq, c’est pas mal notre routine. On travaille vraiment fort. Encore une fois, je ne m’en plaindrai pas parce que ça fait longtemps que j’attends ce moment. Ça en vaut la peine.

Tu as fait tes classes dans des fédérations indépendantes comme l’IWS ici à Montréal, et as participé à des soirées dans de petites salles comme au Skratch à Laval. As-tu des anecdotes farfelues à partager de cette époque?

KO : Lutter dans des bars peut-être quelque chose. J’ai eu beaucoup de plaisir dans la IWS, mais il y a toujours des spectateurs qui sont en boisson et qui ne savent pas trop comment se comporter. Je me souviens que pendant un de mes combats, un d’entre eux a déjà lancé une poubelle du haut du balcon et me visait, mais il a frappé un autre fan. C’est pas mal la chose la plus rocambolesque que j’ai vue. Des choses comme ça arrivaient assez souvent. (rires) Heureusement, dans la WWE, le personnel de sécurité est très dévoué et très professionnel. Ils connaissent leur affaire.

À l’exception des évidences – le voyagement, les foules, la couverture – quelles sont les plus grosses différences entre le « club-école » qu’est la NXT et les ligues majeures, comme RAW?

KO : C’est sûr qu’il y a des différences dans la manière dont c’est organisé et produit, mais Triple H a travaillé tellement fort pour s’assurer que NXT soit une réplique presque identique de RAW et Smackdown! pour que les gars de NXT soient prêts lorsqu’ils arrivent en haut. Ils peuvent ainsi profiter de leur opportunité au maximum. C’est sûr qu’il y a plus de monde en haut, mais à cause de ça, j’étais déjà très confortable à ma première soirée à RAW, comme à NXT. L’amphithéâtre est plus gros, mais la sensation comparable.

Kevin a établi de solides liens avec Triple H depuis son arrivée dans la WWE.

Triple H n’a jamais caché être un de tes plus grands admirateurs depuis ton arrivée. Comment a été ta relation avec lui depuis que tu as signé avec la WWE?

KO : Quand j’ai obtenu mon essai, l’histoire que j’ai entendue est que quatre ou cinq personnes ont eu leur mot à dire pour prendre la décision. Le vote était deux à deux et c’est Triple H qui a tranché et il m’a donné une chance. J’ai beaucoup apprécié le fait qu’il a voulu courir ce risque malgré le fait que je ne sois pas le lutteur typique de la WWE. Depuis que j’ai commencé à travailler avec lui et que j’ai commencé à le connaître, nous sommes devenus plus proches. Il m’aide autant qu’il peut pour les shows – comme avec tous les autres – mais comme moi il a des enfants et on parle de plein d’autres sujets qui n’ont aucun rapport avec la lutte. J’ai développé une bonne relation avec lui qui va au-delà de la lutte. Le fait qu’il soit de mon côté, c’est quelque chose. Je l’admirais quand j’étais plus jeune. C’est lui que j’encourageais au Centre Bell.

Malgré ton horaire chargé, as-tu l’occasion de regarder des matchs des Canadiens?

KO : Honnêtement je les regardais beaucoup avant, mais quand j’ai commencé à lutter, je m’y suis dédié à 100 %. J’adorais aller au Forum avec mes parents dans le temps pour voir des matchs. Ça fait plusieurs années que je n’ai pas regardé les Canadiens de façon régulière. Je vais peut-être regarder un match ici et là. J’adore écouter les parties à la radio quand je suis dans mon auto. Habitant à Montréal, je suis au courant de ce qui se passe même si je ne cherche pas à l’être. (rires)

Sami Zayn nous disait récemment que votre rivalité de longue date faisait penser à celle entre les Canadiens et les Bruins. Es-tu d’accord avec cette comparaison?

KO : (rires) C’est une très bonne comparaison. Ceux qui nous appuient sont des groupes très distincts et facile à différencier. Ils sont soit pour Sami Zayn ou soit pour Kevin Owens. Comme les Canadiens et les Bruins. Je suis d’accord avec son analogie.

Il parait que ton père est un partisan des Canadiens tandis que ta mère est une mordue des Bruins. Cela devait être beau à la maison durant ces confrontations!

KO : La dynamique durant les séries éliminatoires chez nous est spéciale. (rires) De nos jours, je n’ai plus vraiment le temps de regarder le hockey parce que ma famille et la lutte demandent beaucoup de mon temps. Mais lorsque les séries commencent, on dirait que je n’ai pas le choix de les suivre, surtout si les Canadiens affrontent les Bruins parce que je veux savoir ce qui se passe chez nous!

Jouais-tu au hockey quand tu étais plus jeune? Quel genre de joueur étais-tu?

KO : J’ai joué au hockey jusqu’à l’âge de 13 ou 14 ans. Nous n’avions pas le droit de plaquer quand j’étais plus jeune. Mon frère était un excellent joueur de hockey et moi c’était le contraire. Ce qui est drôle, c’est qu’à ma dernière année Pee-Wee, j’étais le capitaine de mon équipe. Je n’ai aucune idée comment j’ai réussi ça. Ce n’est sûrement pas en raison de mes talents sur la glace. (rires)

Crois-tu qu’un jour la perception du public va changer concernant le fait que la lutte est aussi, sinon plus exigeante que le hockey?

KO : Je crois que les gens qui ne respectent pas ce qu’on fait sont très mal informés. C’est facile de dire que la lutte est arrangée, mais si tu prends le temps de voir tout ce qu’implique notre profession, ça va plus loin. Les joueurs de hockey ont deux ou trois mois de congé l’été, mais nous ça n’arrête jamais. Nous luttons au-delà de 250 jours par année, nous sommes constamment sur la route, nous avons peut-être deux ou trois heures de repos par nuit et nous avons, si nous sommes chanceux, une ou deux journées de congé avec nos familles avant de repartir.

La rivalité de longue date entre les Montréalais Sami Zayn et Kevin Owens fait penser un peu à celle entre les Canadiens et les Bruins selon les deux intéressés.

En tant que lutteur qui a fait sa marque dans des matchs de style plus « hardcore », est-ce que ça a été difficile pour toi de faire ta marque dans un style moins « dangereux » de nos jours?

KO : Ce n’est pas plus difficile. Oui c’est différent, mais j’ai toujours eu les habiletés pour faire des matchs « normaux ». Je suis confortable là-dedans aussi. Je n’ai aucun problème avec ça. J’ai toujours trouvé une manière de me démarquer des autres. Ma philosophie demeure toujours la même : je souhaite que les gens se souviennent de moi lorsqu’ils quittent l’amphithéâtre à la fin de la soirée.

Le 18 septembre prochain, tu lutteras pour la première fois de ta carrière au Centre Bell avec la WWE, à Montréal, devant les tiens. As-tu hâte à ce moment?

KO : J’ai tellement hâte. La dernière fois que j’ai lutté au Centre Bell, c’était en 2001 dans un gala de Jacques Rougeau. Autant que j’en garde un très beau souvenir, aller au Centre Bell avec la WWE est complètement différent. J’y suis allé tellement souvent plus jeune comme spectateur avec mes parents et mes grands-parents. Le fait d’y retourner et que ma famille sera sur place va être très spécial. Ils m’ont toujours appuyé depuis le début. Mes parents étaient à Brooklyn pour SummerSlam et ça a été une soirée spéciale pour eux. Mais au Centre Bell, chez nous, ça va être quelque chose.

Même si tu es considéré comme « un méchant », penses-tu que la foule va commencer à t’encourager à tout rompre, comme si tu étais un « gentil »?

KO : Honnêtement, je serais surpris que la foule me hue. (rires) Une des choses que j’apprécie le plus de la lutte est la liberté d’expression. S’il y en a qui ne m’aiment pas, j’espère qu’ils feront de leur mieux pour me le faire savoir. Et même chose pour ceux qui m’aiment. À mes débuts à RAW et Smackdown!, j’ai souvent affronté John Cena et 50 % de la foule l’aimait tandis que l’autre moitié le détestait à mort. La combinaison des deux est spéciale. Un des buts que je souhaite atteindre est d’obtenir une réaction de la foule similaire à la sienne. C’est sûr que ça doit être cool d’être un des favoris de la foule ou d’être détesté à mort, mais la combinaison des deux est très spéciale.

Tu as déjà affirmé que tu aimerais éventuellement affronter Brock Lesnar. Si jamais il lisait cette entrevue, que voudrais-tu lui dire exactement?

KO : Je dirais simplement que peu de personnes me donneraient une chance contre lui. J’ai la « shape » que j’ai et lui a l’air de ce qu’il a l’air. Par contre, je sais par expérience que je suis pas mal plus difficile à battre que le monde pense. Je ne dis pas que je le battrais, mais j’aimerais vraiment voir si j’en suis capable ou j’aimerais voir jusqu’où je peux pousser ses limites.

Si tu avais la possibilité d’affronter n’importe quelle ancienne vedette de l’histoire de la WWE, ce serait qui et pourquoi?

KO : C’est sûr que j’aimerais affronter Shawn Michaels. Il est la raison pour laquelle j’ai voulu devenir lutteur quand j’avais 11 ans, depuis son match à Wrestlemania XI contre Diesel. À l’époque, j’étais vraiment petit pour mon âge, et Michaels affrontait Diesel, qui était un monstre comparativement à lui. Après la performance qu’il a offerte, je me suis dit que s’il était capable, pourquoi pas moi? Évidemment avec les années j’ai pris du poids et j’ai grandi et je ne suis pas le même type de lutteur qu’était Shawn Michaels (rires).

Pour voir à l’oeuvre Kevin et le reste de la WWE au Centre Bell le 18 septembre, visitez evenko.ca. Vous pouvez aussi le suivre sur Twitter (@FightOwensFight).

Cet article, écrit par Hugo Fontaine, est publié dans le numéro 29.6 du magazine CANADIENS.

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