Skip to main content
Site officiel des Canadiens de Montréal

CH à cœur : Jonathan Duhamel

par Staff Writer / Montréal Canadiens

Le joueur de poker Jonathan Duhamel a fait connaître son nom partout dans le monde lorsqu’il a remporté les Séries mondiales de poker en 2010 à Las Vegas. Lorsque le Bouchervillois de 27 ans n’est pas occupé à faire payer ses adversaires à une table de poker autour du monde, il porte une attention particulière à tout ce que font ses Canadiens à la maison et sur la route. Nous avons récemment parlé avec le joueur de carte le plus connu du Québec, qui a récemment mis la main sur son deuxième bracelet en or des Séries mondiales de poker, pour lui parler de son amour pour le Tricolore.

Depuis quand es-tu un partisan des Canadiens?
JONATHAN DUHAMEL:
Je suis un partisan depuis que je suis né. Un de mes premiers souvenirs est la coupe Stanley de 1993. Je suis né en 1987, donc je n’ai pas pu vivre la coupe Stanley de 1986. Je me rappelle d’une des premières fois où mon père, Luc, m’a amené au Forum. C’est la seule fois où j’ai vu un match là-bas. J’avais probablement cinq ans. Je me souviens qu’on avait battu les Bruins 4 à 3 en prolongation. Je suis un partisan depuis ce moment-là. Nous avions des bons sièges. C’était vraiment la première fois où j’ai pu voir tout le monde regarder le match et ils étaient tous passionnés par leur équipe et par le jeu.

Est-ce ta chambre était pleine de produits des Canadiens lorsque tu étais petit?
JD:
J’avais plusieurs choses, oui. Je ne me souviens pas vraiment quoi, mais probablement quelques t-shirts et des affiches. Si je me souviens bien, je crois que j’avais une affiche de Patrick Roy et une casquette d’Éric Desjardins. Ce sont les deux choses dont je me souviens.

Est-ce que Patrick Roy et Éric Desjardins étaient tes joueurs préférés?
JD:
J’imagine que oui. J’ai toujours joué défenseur. Patrick Roy était tout simplement incroyable durant les séries de 1993. Avec Patrick Roy dans les buts, ils ne pouvaient juste pas perdre. Il était trop bon.

Qu’est-ce qui t’intriguait le plus à propos des défenseurs?
JD:
Je ne suis pas vraiment sûr. Lorsque je jouais, j’étais simplement meilleur comme défenseur. J’imagine que j’ai grandi en jouant plus souvent en arrière qu’en avant. Je ne sais pas pourquoi. Mon père jouait défenseur aussi, peut-être qu’il y a un lien.

Est-ce que tu aimais jouer au hockey lorsque tu étais plus jeune?
JD:
Ça représentait tout pour moi. Je n’étais pas le meilleur, mais j’avais tellement de plaisir. Je crois que j’ai commencé à jouer quand j’avais quatre ans. Je jouais à Boucherville. Je n’ai pas joué à un haut niveau, par contre. Je jouais double lettre. Nous avions six équipes à Boucherville, donc nous jouions contre les mêmes gars la plupart du temps. J’ai joué à chaque année jusqu’à l’âge de 18 ans.

Tu dois avoir joué souvent au hockey dans la rue, donc?
JD: Évidemment, surtout durant l’été. Je jouais dehors avec tous mes amis. Je n’ai pas joué sur la glace dehors souvent par contre. Je crois que c’est quelque chose que j’ai manqué, jouer avec mes amis à la patinoire. J’essayais de jouer autant que possible quand j’étais plus jeune. Je crois que je joue plus maintenant qu’avant. Je suis aussi beaucoup plus partisan qu’avant. Je ne peux pas manquer de matchs maintenant. J’ai l’application de la LNH qui permet de regarder les matchs de partout dans le monde. Que je sois en Europe ou sur la côte Ouest, je vais trouver un moyen de regarder la partie. C’est difficile parfois à cause du décalage horaire, mais en Europe c’est parfait parce que les parties commencent vers 1h00. Nous jouons au poker jusqu’à minuit environ et la partie commence lorsque nous avons terminé.

Dis-nous l’endroit le plus inusité où tu as regardé les Canadiens à la télévision.
JD:
Lorsque Jaroslav Halak et les Canadiens ont fait un bon bout de chemin en 2010, j’étais en Europe avec un ami. Nous sommes allés à Amsterdam, Paris, Barcelone et d’autres villes. Dans toutes ces villes, nous trouvions un bar qui diffusait la partie. Peu importe où vous allez, vous allez trouver un bar qui présente le match des Canadiens. Ça sera souvent la seule place où vous pourrez regarder du hockey.

Les gens savent que tu es un grand partisan des Canadiens. Est-ce qu’ils te demandent parfois de partager tes opinions sur le club?
JD: Ça arrive souvent, pas juste à Montréal, lorsque je voyage aussi. Les gens savent que je j’aime le hockey. Ils savent qu’un bon moyen de m’approcher est de parler de hockey ou des Canadiens. C’est une bonne façon de briser la glace.

Vas-tu souvent voir des parties au Centre Bell?
JD:
Je n’y vais pas aussi souvent que je le souhaiterais. En 2013-2014, j’étais pas mal bon, j’y suis allé huit ou neuf fois. La saison dernière, j’y suis allé cinq fois je pense. Mais j’ai vu des matchs sur la route à San Jose, Los Angeles, Anaheim et Ottawa. Des fois, si l’horaire le permet et que les Canadiens sont en ville, je vais faire mon possible pour aller les voir.

Est-ce que le hockey est un gros sujet de conversation entre les joueurs de poker?
JD:
Je dirais que oui. Ça dépend d’où viennent les joueurs. Il y a beaucoup de joueurs américains. Ils sont pour la plupart des amateurs de football ou basketball. Le hockey, c’est gros chez les Canadiens. Les Européens apprécient aussi. Il y a quelques joueurs de la Finlande et de la Suède. Mais pour ce qui est des Canadiens, il y a une grosse rivalité avec les gars de Toronto. Ils sont tous des amis, mais on s’amuse souvent à rire d’eux en raison des Maple Leafs. C’est une blague qui dure depuis des années maintenant.

En parlant des Maple Leafs, Daniel Negreanu, une autre des vedettes canadiennes de poker, n’est-il pas un partisan des rivaux du Tricolore?
JD: Évidemment. C’est le plus grand amateur de hockey, surtout des Maple Leafs. C’est pourquoi il veut vraiment qu’il y ait une équipe à Las Vegas. Ainsi, il pourrait prendre pour une autre équipe. C’est drôle quand même. Nous avions un gros pari en 2013-2014. Nous avions misé 10 000 $ sur quelle équipe finirait plus haut au classement, les Maple Leafs ou les Canadiens. J’ai fait d’autres paris du genre avec des amis aussi. Daniel est très passionné. Il me parle souvent de son pool de hockey et je lui parle du mien. Il connait tellement bien son hockey. Il est d’ailleurs un très bon ami à Phil Kessel. Au cours des années, il a réalisé que les Canadiens étaient bien meilleurs que les Maple Leafs, donc il ne fait plus de pari avec moi.

Parles-nous de la finale du World Series of Poker en 2010. Comment c’était de voir tous ces chandails du Tricolore dans les estrades?
JD: Ça a rendu le tout vraiment spécial. Ça m’a aidé à jouer. Le support des partisans là-bas était tellement gros pour moi. À un certain point, tu perds quelques mains et tu regards dans les estrades, il y a 200 personnes qui portent un chandail des Canadiens. C’était incroyable. En y allant, on cherchait un moyen que les gens se ressembleraient tous. Je savais que tout le monde avait un chandail des Canadiens à la maison. C'était aussi simple que ça. C’était la meilleure façon de représenter qui on était. Je n’oublierai jamais mes amis qui chantaient « DU-HA-MEL » au lieu de « GO HABS GO ». C’était comme si j’étais en échappée au Centre Bell et tout le monde scandait mon nom. J’avais le même sentiment à la table.

As-tu déjà joué au poker avec des joueurs des Canadiens?
JD:
J’ai rencontré quelques gars brièvement, mais je n’ai joué avec aucun d’entre eux. J’ai joué avec Michel Therrien par contre. C’était vraiment plaisant. Je crois qu’il est aussi passionné en jouant au poker qu’en entraînant son équipe. Il se met vraiment dedans. Il veut vraiment gagner. Nous jouions à l’Antichambre à RDS. C’était peut-être simplement pour le plaisir, mais il voulait vraiment gagner. Je me souviens qu’il a été éliminé en premier et nous étions plus que quatre. Je crois que Guy Carbonneau était là, avec P.J. Stock et Michel Bergeron. Michel était fâché d’avoir perdu. C’était drôle à voir, car il n’y avait même pas d’argent en jeu.

Crois-tu qu’il y a plus de stratégie au hockey ou au poker?
JD: Wow! C’est très similaire. Il y en a probablement plus au hockey. C’est dur à dire, parce que les deux prennent en compte le facteur chance. Je crois que le facteur chance est plus haut au poker. Au hockey, il est grand aussi, mais au cours d’une saison ou d’une série, c’est surtout le talent qui entre en compte. Au poker, si tu n’as pas les cartes, tu ne peux pas faire grand-chose. Au hockey, il y a toujours quelque chose que tu peux faire pour aider ton équipe.

Quelques questions rapides. Quelle main de poker décrirait le mieux Carey Price?
JD: Je dirais les as parce que c’est la meilleure main. Présentement, ça la décrit parfaitement parce qu’il est le meilleur joueur au monde.

Qui représente le mieux la flush royale?
JD: Ça ne serait pas un joueur. Je dirais Marc Bergevin. Il est l’homme en charge de tout ce qui se passe. Il est comme le maître de tous.

Quel joueur des Canadiens serait le plus difficile à lire à la table de poker?
JD: Ça serait Brendan Gallagher. Il serait tellement frustrant. Tu ne saurais pas quoi faire ou comment réagir à son jeu. Il entre dans ta tête. Tu te fâcherais et te mettrais à faire des erreurs.

Quel joueur serait le meilleur bluffeur?
JD: Sans aucun doute, Andrei Markov. Personne ne sait ce qu’il pense.

Le meilleur croupier?
JD: David Desharnais. Il passe tellement bien la rondelle.

Parles-nous de ton implication avec la Fondation des Canadiens pour l’enfance.
JD:
C’était un choix facile. Lorsque je suis allé à Tout le monde en parle en 2010, j’ai dit que si je gagnais les Séries mondiales de poker, je donnerais 100 000$ à la Fondation des Canadiens pour l’enfance. J’ai beaucoup d’amis qui ont participé aussi. Je savais que je voulais redonner autant que je pouvais. La Fondation fait du bon travail. C’est une très belle initiative. Je savais déjà que j’allais donner de l’argent à une œuvre caritative. Le fait que nous étions tous en finale avec nos chandails des Canadiens a rendu le choix facile. Il y avait une connexion naturelle avec la Fondation. Je sentais que je représentais le Québec là-bas. Je crois que les Canadiens représentent le Québec dans son ensemble. C’était une décision très facile de faire ce don. Je le ferais à nouveau, aussi.

Propos recueillis par Matt Cudzinowski. Traduit par Vincent Régis.

VOIR AUSSI
CH à cœur - David Lemieux 
CH à cœur - Patrick Côté

CH à cœur - William deVry
CH à cœur - Sami Zayn

CH à cœur - Charles Lafortune  
CH à cœur - Jean-Marc Généreux 
CH à coeur - David McMillan
CH à coeur - Denis Coderre  
CH à coeur - Jean-Michel Anctil
CH à coeur - Rachid Badouri  
CH à coeur - Patrice Bernier

En voir plus