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Touchette : Devant l'improbable, les Penguins grandissent

Une tâche paraît impossible? Ne le dites pas aux Penguins, qui sont toujours en quête d'un défi toujours plus gros

par Serge Touchette / Chroniqueur LNH.com

J'avais choisi les Penguins de Pittsburgh pour gagner, mais je ne m'en cache pas : je me suis surpris à souhaiter un septième match. 

Rendu là, pourquoi pas?

Qui ne raffole pas d'un match ultime? 

Mais il n'y aura pas de septième match. No sir. 

Eh oui, l'arbitre Kevin Pollock a sifflé trop vite. 

Mais bon. Si la perfection existe, elle se trouve ailleurs que dans le sport. 

Et si jamais vous la trouvez, faites-moi signe. 

J'aimerais bien lui serrer la main à la perfection. 

Eh oui, les Predators de Nashville, qui ont notamment touché trois poteaux, ont joué de malchance. 

Et il ne fait aucun doute que la perte de Ryan Johansen a fait mal, très mal même. 

Ainsi va la vie. 

Les Penguins sont encore champions et vous savez quoi? Ils le méritent. Pleinement. 

Une grande équipe, les Penguins? 

Pas vraiment, mais une équipe, qui trouve toujours des façons de gagner, d'encaisser les coups durs sans jamais s'écrouler. 

Leur lot de malchances

Ils ont également eu leur lot de malchances au fil de leur parcours printanier, les Penguins. 

Ils ont perdu Kris Letang, leur meilleur défenseur, pour le reste de l'année, ils ont perdu leur gardien numéro un Matt Murray, blessé quelques minutes seulement avant leur premier affrontement des séries, et ils ont failli perdre le joueur numéro un de la planète Sidney Crosby, victime d'une commotion cérébrale lors du troisième match de la deuxième ronde de l'Association de l'Est contre les Capitals de Washington. 

Voilà autant de malchances, qui auraient pu envoyer les Penguins en vacances beaucoup plus tôt que prévu. 

Mais une défense anonyme a excellé au point de faire oublier Letang. Marc-André Fleury a signé les neuf premières victoires de son équipe avant de remettre le flambeau à Murray et Crosby. Ce dernier après avoir semé de vives inquiétudes dans les rangs de l'équipe, est remonté en selle dans un temps record; en prime, il a gagné le Conn Smythe pour la deuxième année de suite. À 29 ans, le capitaine des Penguins a déjà sa place parmi les légendes. 

La malchance? Certaines équipes ont le mérite de la conjurer mieux que d'autres. 

Les Penguins, vraisemblablement, sont l'une d'elles. 

La première

Cela dit, les Predators ont bien peu à se reprocher. Ils ont été excellents, à commencer par P.K. Subban. 

Ils se sont simplement butés à une équipe, qui leur a été légèrement supérieure. 

Et à un gardien de but Murray qui, tout comme son vis-à-vis Pekka Rinne, a fait des merveilles, dimanche. 

Mauvais dans le match numéro cinq, Murray, le premier gardien de l'histoire à gagner non pas une, mais deux fois la Coupe Stanley à titre de recrue, est revenu en force. 

Il a fallu, j'en conviens, un drôle de but de Patric Hornqvist avec moins de deux minutes à écouler dans la rencontre pour trancher un combat épique. 

La rondelle a bondi dans le dos de Rinne avant d'aboutir dans le filet. Des façons de gagner, les Penguins, c'est bien connu, continuent d'en inventer. Hornqvist, à sa manière, nous l'a simplement rappelé. 

Les Penguins sont donc devenus la première équipe à gagner la Coupe Stanley une deuxième année de suite depuis les Red Wings de Détroit, cuvées 1997 et 1998. 

Aucune équipe n'avait encore réalisé pareil exploit depuis l'adoption du plafond salarial qui, bien souvent, condamne les équipes championnes à prendre des décisions douloureuses, à couper là où ça fait mal ce qui a évidemment pour effet d'augmenter le degré de difficultés. 

Impensable 

Dans les circonstances, les Penguins ont réalisé l'improbable. Surtout qu'ils n'étaient pas les grands favoris pour remporter la Coupe Stanley, cette année. Avant le début des séries, les Capitals de Washington, souvenez-vous, devaient tout balayer selon plusieurs. 

L'an prochain, les Penguins tenteront de devenir la première équipe à réaliser un triplé depuis les Islanders de New York, qui ont remporté quatre championnats de suite entre 1980 et 1983

Un tour de force impensable dans le hockey d'aujourd'hui? 

Probablement. 

Mais les Penguins nous auront convaincus d'une chose au cours des deux dernières années: 

Plus grand est le défi, meilleurs ils sont. 

Bref, un conseil : ne leur dites surtout pas que pareil triplé est désormais impossible à réaliser. 

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