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Choix de première ronde des Nordiques de Québec au repêchage 1993 de la LNH, Jocelyn Thibault a disputé 586 matchs au cours de sa carrière de 15 saisons dans la LNH. Il a porté l'uniforme des Nordiques, de l'Avalanche du Colorado, des Canadiens de Montréal, des Blackhawks de Chicago, des Penguins de Pittsburgh et des Sabres de Buffalo, signant 238 victoires. Il a été entraîneur des gardiens de l'Avalanche pendant deux saisons. Il occupe en ce moment le poste de directeur général de Hockey Québec, poste qu’il quittera en juin, en plus d’être actionnaire du Phoenix de Sherbrooke dans la LHJMQ. Il a accepté de collaborer avec l'équipe de LNH.com pour traiter des dossiers chauds devant les 32 filets de la Ligue.

Il y a de ces belles histoires presque chaque année. Celles qu’on ne voit pas venir et qui font du hockey un si beau sport.

Charlie Lindgren et les Capitals de Washington sont en train d’écrire celle de cette saison. Contre toute attente, la bande à Alex Ovechkin est en voie de se tailler une place en séries éliminatoires. Imaginez, il y a à peine trois semaines, les Capitals se sont rangés dans le camp des vendeurs et se sont départi des vétérans Evgeny Kuznetsov, Anthony Mantha et Joel Edmundson contre plusieurs choix au repêchage.

Ça demeure un effort collectif remarquable, mais Lindgren a son gros mot à dire dans ce revirement de situation pour le moins surprenant. L’ancien des Canadiens de Montréal s’est non seulement emparé du poste de numéro un devant Darcy Kuemper, mais il s’impose parmi les meilleurs gardiens de la Ligue depuis quelque temps. Depuis le 1er mars, il n’occupe rien de moins que le premier rang de la LNH au chapitre des victoires avec neuf (en 13 matchs).

À 30 ans, Lindgren n’a qu’une centaine de matchs à son actif dans la LNH, mais c’est un gardien qui a du vécu même s’il n’a jamais véritablement occupé un poste de partant. On voit souvent des gardiens connaître du succès un peu sur le tard, et c’est en grande partie grâce à l’expérience acquise en cours de route.

En 2021-22, il avait fait parler de lui pour son court séjour fructueux avec les Blues de St. Louis. Lindgren avait signé cinq victoires en autant de matchs, tout en maintenant des statistiques périphériques impressionnantes (moyenne de 1,22 et taux d’efficacité de ,958). Puis il avait aidé les Thunderbirds de Springfield à atteindre la finale de la Coupe Calder, dans la Ligue américaine, quelques mois plus tard.

En tout respect pour Lindgren, je ne suis pas persuadé qu’il ait l’étoffe d’un no 1 à long terme, mais seul l’avenir nous le dira. Il n’a évidemment pas le talent d’un Andrei Vasilevskiy ou d’un Igor Shesterkin, qui sont des partants incontestés et établis. Lindgren ne fait pas partie de cette catégorie, mais il fait assurément partie de la catégorie des très bons substituts dans la LNH.

Il faut garder en tête que ce n’est pas si facile d’être campé dans un rôle de réserviste. Tu ne joues pas régulièrement, en plus d’être souvent envoyé devant le filet dans des situations plus ou moins favorables où, par exemple, l’équipe dispute le deuxième match d’une série de deux en autant de soirs. Est-ce que je vois du potentiel dans une perspective d’avenir pour Lindgren à Washington? Je n’en suis vraiment pas certain, mais il faut lui donner du crédit. Il a prouvé qu’il est un gardien qui appartient à la Ligue nationale de hockey.

WPG@WSH: Lindgren enregistre son 5e jeu blanc de la saison

Pour le moment, on parle d’un joueur qui est « hot » et qui est au cœur d’une excellente séquence. L’entraîneur Spencer Carbery n’a d’autres choix que de s’en remettre à lui dans ce moment crucial de la saison, surtout que les dernières présences de Kuemper devant le filet ont été toutes sauf rassurantes.

Si les Capitals parviennent à se qualifier pour les séries, le choix de Lindgren s’impose pour le match no 1 de la première ronde selon moi. Il y a un parallèle à dresser avec les Panthers de la Floride de la saison dernière. Souvenez-vous, sans Alex Lyon, les Panthers n’auraient probablement pas réussi à obtenir leur billet pour la danse du printemps.

Et l’entraîneur Paul Maurice s’était tourné vers lui pour le premier match éliminatoire. Sergei Bobrovsky est finalement venu en relève dans le match no 3, et on connaît la suite. Le vétéran portier russe a retrouvé son aplomb, guidant les Panthers jusqu’en finale de la Coupe Stanley.

Je ne dis pas que la même situation va se produire avec les Capitals, mais c’est tout un luxe d’avoir sur le banc un gars expérimenté comme Kuemper, qui est de surcroit un ancien champion de la Coupe Stanley avec l’Avalanche du Colorado. Si Lindgren ne fait plus le travail, Carbery a une belle solution de rechange.

Tortorella, pour le meilleur et pour le pire

Le toujours très coloré John Tortorella a encore fait des siennes cette semaine, refusant de répondre à la question d’un journaliste sur la soirée difficile que venait de connaître son gardien Felix Sandstrom dans une défaite de 4-1 contre les Panthers.

Je n’ai vraiment pas aimé la réaction de Tortorella. Son langage corporel en disait long également. Le rôle d’un entraîneur-chef est de protéger ses joueurs, et c’est très important à mon avis.

Aucun athlète professionnel ne prend à la légère le fait d’offrir une contre-performance, surtout les gardiens de but. Ils vont souvent être les premiers à s’excuser auprès de leurs coéquipiers, car ils ont l’impression d’avoir laissé tomber l’équipe. Sandstrom ne s’était d’ailleurs pas défilé devant les médias, admettant qu’il n’avait pas été à la hauteur. Il n’avait pas besoin de voir son entraîneur réagir de cette façon.

Au moins, Tortorella s’est excusé le lendemain. Et à sa défense, il est le type d’entraîneur dur, mais juste. Il n’hésite pas à prendre des décisions impopulaires, mais il le fait toujours avec la même constance. Le message ne passe pas bien auprès des joueurs quand ils ressentent une forme d’injustice.

*Propos recueillis par Philippe Landry, pupitreur LNH.com