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NEWARK, New Jersey -- Sidney Crosby a fait exactement ce que Phil Bourque avait dit qu'il ferait. Bien honnêtement, ce n'était pas difficile de faire cette prédiction si vous avez moindrement suivi la carrière de Crosby au cours des dernières années.
« Il ne mordra pas à ça », avait prédit Bourque, l'ancien défenseur des Penguins de Pittsburgh devenu commentateur à la radio.
Mais ça valait le coup. Ça impliquait Mario Lemieux. Nous avons donc donné la chance au capitaine actuel des Penguins de se pencher sur la possibilité de devancer l'ancienne vedette des Penguins lors d'une entrevue à la suite d'une victoire de 7-4 face aux Devils du New Jersey, vendredi.

Qu'est-ce que ça signifierait de gagner une troisième Coupe Stanley en tant que capitaine alors que Lemieux a terminé sa carrière avec deux conquêtes? Qu'est-ce que ça signifierait pour ton héritage d'avoir un titre de plus que la légende qui a sa statue à l'extérieur de l'aréna dans lequel tu joues?
« Je ne pense pas à ça de cette manière », a répondu Crosby.
Il a au moins souri en répondant. Il a même ri un peu. Mais il n'a pas mordu.
Crosby comprend la question et la raison pour laquelle elle est posée. Il ne se ferme pas les yeux face aux comparaisons entre Lemieux et lui. Il a passé toute sa carrière à les entendre. Il ne se laissera toutefois pas berner.
« Ce que Mario a fait et tout ce qu'il a gagné est assez incroyable donc je n'essaie pas de me comparer à lui, a dit Crosby en poursuivant sa réponse. C'est ma 12e saison et je ne jouerai probablement pas 12 autres années donc je veux la gagner. »

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Crosby a remporté la Coupe Stanley l'an dernier ainsi que le trophée Conn-Smythe à sa deuxième conquête, la quatrième de l'histoire des Penguins. La formation est pratiquement aussi bonne qu'elle l'était l'an dernier, il pourrait donc ne pas avoir de meilleures occasions de surpasser Lemieux que cette saison.
Les Penguins amorceront les séries éliminatoires de la Coupe Stanley avec une série de premier tour contre les Blue Jackets de Columbus. Le premier match aura lieu mercredi au PPG Paints Arena (19h30 HE; TVA Sports, SN360, USA).
Crosby sera au premier rang des buteurs lorsque les séries commenceront. Il a terminé la saison avec un total de 44 pour remporter à lui seul le trophée Maurice-Richard pour la première fois de sa carrière. Il avait inscrit 51 buts au cours de la saison 2009-10, un sommet personnel, mais il avait dû partager l'honneur avec le capitaine du Lightning de Tampa Bay Steven Stamkos.
Il a totalisé 89 points, terminant à 11 points du capitaine des Oilers d'Edmonton Connor McDavid, probablement le seul joueur ayant de meilleures chances de remporter le trophée Hart que le no 87 des Penguins.
« Il est le meilleur joueur de hockey. Il l'a été pendant 10 ans », a déclaré le défenseur des Devils Ben Lovejoy, qui a remporté la Coupe Stanley avec les Penguins la saison dernière. « À l'ère des médias sociaux, les gens aiment dénigrer les vedettes. On le voit avec LeBron James. On le voit avec Tom Brady. Les plus grands sont les cibles des gens. LeBron ne sera jamais Michael Jordan. Sid ne sera jamais Gretzky ou Mario. Je ne pense pas que c'est juste.
« Les matchs sont analysés de A à Z maintenant et il est bon à toutes les présences. Gagner la Coupe Stanley, c'est très dur à faire et il l'a fait deux fois. Il a aussi été le leader incontesté à deux occasions. Ses équipes sont constamment les meilleures dans la LNH. Il est meilleur que n'importe qui à ce stade de sa carrière et je crois qu'il continuera à se battre pour la Coupe Stanley et qu'il en gagnera une ou deux autres, peut-être plus. Il est le meilleur joueur de son époque. »
C'est probablement de cette façon qu'on se souviendra de lui quand il prendra sa retraite. Mais soyons honnêtes, il est bien plus intéressant de se pencher sur les comparaisons entre Sidney et Mario.
« Ce n'est pas juste, a dit Bourque. Mais c'est bon pour les conversations, pour les articles. »

Crosby

Crosby, bien sûr, n'alimentera pas ces discussions. Il aura 30 ans cette année, un âge suffisant pour laisser un héritage s'il se retirait aujourd'hui, mais trop jeune pour se pencher sur ce qu'il a déjà accompli. Pour le moment, tout ce qui importe pour lui, c'est d'être un bon coéquipier, un bon professionnel.
« J'essaie juste de m'assurer qu'en tant que groupe, nous sommes tous dans le même bateau et je mène par l'exemple », a dit Crosby.
Et si se concentrer sur cet aspect lui permettait d'accomplir quelque chose que Lemieux n'a jamais fait, même si le cancer, les problèmes de dos et la composition de l'équipe ont limité ses occasions?
« Je veux m'assurer de profiter de chacune des occasions qui se présente », a déclaré Crosby.
C'est bien. Nous abandonnons. Bourque avait raison. La mission a échoué.
Mais nous n'avons pas encore terminé donc nous demandons à Crosby si l'expérience de gagner un deuxième titre avait changé sa perception des séries éliminatoires alors que les Penguins et lui s'embarquent dans une autre aventure.
Il a mordu.
Crosby a expliqué que le chemin parcouru l'an dernier lui avait fait apprécier le style de jeu des séries, le fait de surmonter les blessures et l'adversité davantage que dans les six années précédentes. Il n'avait pas pris part à des séries complètes depuis 2009, alors que les Penguins ont gagné leur première Coupe Stanley avec lui comme capitaine.
« Quand vous avez le temps de réfléchir à ça, vous réalisez que tout n'a pas été parfait dans ce parcours », a indiqué Crosby.

Les Penguins ont amorcé les séries l'an dernier contre les Rangers de New York, l'équipe qui avait mis un terme à leurs espoirs lors des deux printemps précédents. Le troisième gardien Jeff Zatkoff avait amorcé le premier match. Evgeni Malkin l'avait raté. Les Penguins ont gagné et ont éliminé les Rangers en cinq matchs.
Ils ont dû affronter Alex Ovechkin et les Capitals de Washington au deuxième tour. Le défenseur Kris Letang a été suspendu pour le quatrième match. Les Penguins ont gagné cette rencontre et la série en six rencontres.
Le défenseur Trevor Daley a subi une fracture de la cheville lors du quatrième match de la finale de l'Association de l'Est contre le Lightning de Tampa Bay. Les Penguins ont fait face à l'élimination lors du sixième match à Tampa. Ils ont gagné en sept, comme Malkin l'avait prédit avant la sixième rencontre.

Les Penguins ont ensuite maîtrisé les Sharks de San Jose en six matchs en Finale.

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Les souvenirs que Crosby a de ce parcours, ceux qui sont survenus avant qu'il se voit remettre la Coupe pour la deuxième fois, lui servent de rappel de ce qui se pointe à l'horizon.
« Ça n'a pas été le parcours facile où tout s'est bien déroulé, a indiqué Crosby. Donc je crois qu'il faut comprendre ça, comprendre qu'une fois que la saison régulière est terminée, tout le monde recommence à zéro et il faut être prêt à surmonter les épreuves si vous voulez allez loin. »
Crosby a le sentiment que les Penguins sont prêts à faire un autre bout de chemin. Il a dit lors du dernier mois que l'équipe était en mode séries.
« Nous avons accordé plus d'importance aux détails comme bloquer des tirs et jouer avec l'énergie du désespoir, a expliqué Crosby. C'est le genre de hockey que nous devons jouer en séries. »
Crosby s'est lui-même concentré sur la tâche de connaître ses compagnons de trio du mieux qu'il peut. Le premier trio des Penguins de Crosby, Jake Guentzel et Conor Sheary a été leur meilleur au cours du dernier mois. Le tout ne s'est pas fait aussi facilement, cependant.
Crosby parle. Beaucoup.
« Je suis probablement fatigant dans leurs oreilles, a-t-il lancé. Mais c'est important pour moi d'être capable de comprendre ce qu'ils pensent et ce qu'ils voient pour que je me positionne aux bons endroits. »
Sheary et Guentzel écoutent et réagissent.
« S'il voit quelque chose, il va vous le dire, a raconté Guentzel. Parfois, on se demande comment il fait pour voir tout ça. »
C'est ce qui fait toute la grandeur de Crosby. Il voit ce que vous ne voyez pas.
Lemieux faisait ça, lui aussi.