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Pacioretty honoré de porter le «C» à la Classique 100 de la LNH

Le capitaine du club montréalais est fier de représenter ses prédécesseurs lors du match extérieur à Ottawa

par Nicholas J. Cotsonika @cotsonika / Chroniqueur NHL.com

OTTAWA - Max Pacioretty est bien au courant de la symbolique du moment.

Il est le capitaine des Canadiens de Montréal, si bien que c'est à lui que reviendra l'honneur de représenter tous les joueurs de l'équipe - absolument les joueurs, c'est-à-dire chacun d'entre eux depuis la première édition de l'équipe, celle de 1909 - lors de la mise en jeu protocolaire qui précédera la Classique 100 de la LNH Banque Scotia 2017 (19 h HE ; TVA Sports, CBC, SN, NBCSN, NHL.TV).

Ce qui rend ce match extérieur aussi spécial, c'est qu'il est l'aboutissement des célébrations du centenaire de la LNH. Les Canadiens affrontent les Sénateurs d'Ottawa au Parc Lansdowne, samedi, parce qu'ils s'étaient mesurés aux Sénateurs de la première époque à Ottawa à l'occasion de la première journée de compétition dans la LNH, le 19 décembre 1917, il y a presque 100 ans exactement. Ils avaient remporté ce match 7-4.

Ce qui fait des Canadiens une équipe aussi spéciale, c'est son histoire. Le club est plus vieux que la LNH, alors que la ligue a été fondée le 26 novembre 1917 à l'Hôtel Windsor à Montréal, à quelques pas du domicile actuel de la formation montréalaise, le Centre Bell. Le Tricolore a remporté la Coupe Stanley à 24 reprises, dont 23 en tant que membre de la LNH.

Et ce qui rend aussi spécial le fait d'être capitaine des Canadiens, c'est… Eh bien, il suffit de lire les noms des joueurs qui ont porté le «C»: Toe Blake, Maurice Richard, Doug Harvey, Jean Béliveau, Henri Richard, Yvan Cournoyer, Serge Savard, Bob Gainey, Chris Chelios. Et ce ne sont là que quelques-uns des membres du Temple de la renommée du hockey qui ont eu l'honneur de le faire.

« Quand tu es plus jeune et que tu n'as pas autant de responsabilités sur les épaules, tu laisses le temps filer et tu ne savoures pas vraiment le moment », a fait remarquer Pacioretty qui, à 29 ans, en est à sa 10e saison avec les Canadiens. « Je n'irai pas jusqu'à dire que tu tiens les choses pour acquises, mais tu ne réalises pas tout à fait ce que représentent l'histoire du club et toutes les opportunités que nous avons ici.

« Il ne fait aucun doute que j'en retire beaucoup plus de fierté maintenant. Les aspects positifs liés à une carrière à Montréal et au statut de capitaine pèsent tellement plus lourds dans la balance que les aspects négatifs dont les gens parlent. C'est tellement un grand honneur de pouvoir participer à ce match, mais le fait d'être capitaine à l'occasion de ce match, c'est là quelque chose dont je vais me souvenir toute ma vie. »

Pacioretty est originaire de New Canaan, au Connecticut. Quand les Canadiens l'ont réclamé au premier tour (22e au total) lors du repêchage 2007 de la LNH, il s'intéressait davantage à l'avenir qu'au passé, même si son père Ray lui rappelait souvent que sa grand-mère, Thérèse Savoie, était une Montréalaise d'origine.

« Au début, je disais tout simplement, "ouais, ouais" et je n'en faisais pas de cas. Je voulais juste jouer dans la LNH, a raconté Pacioretty. L'endroit où je me retrouvais avait évidemment une certaine importance, mais pas autant que ç'aurait dû. »

Il a disputé une saison à l'Université du Michigan, puis il a passé trois campagnes à faire la navette entre Montréal et Hamilton, où se trouvait alors le club-école de la Ligue américaine de hockey. Puis, il a passé sa première saison complète avec le Tricolore en 2011-12, enfilant l'uniforme dans ce vestiaire inspiré de celui qu'il y avait dans le vieux Forum, avec toutes les plaques et la célèbre devise tirée du poème « In Flanders Fields ».

« Nos bras meurtris vous tendent le flambeau / À vous toujours de le porter bien haut »

Quand Béliveau est décédé, le 2 décembre 2014, Montréal a pleuré l'homme et le joueur. Des légendes du hockey sont venues lui rendre hommage. Et plus que jamais, Pacioretty a vu ce que cela représentait de porter l'uniforme bleu, blanc, rouge.

Quand on l'a nommé capitaine, le 18 septembre 2015, il a lu une déclaration en français et dit en anglais, « Je ne crois pas mériter d'être mentionné dans la même phrase que ces 28 autres capitaines ». Lorsqu'on lui a fait savoir que la veuve de Béliveau, Élise, avait dit qu'il méritait effectivement d'être capitaine, il a retenu des larmes. Il a dit qu'il ne voulait pas baisser les yeux et regarder le "C" sur son chandail parce qu'il ne voulait pas perdre la maîtrise de ses émotions.

L'été dernier, pour la première fois, il est resté à Montréal pendant toute la saison morte, ce qui lui a permis de tisser des liens plus serrés avec la ville et les partisans, et de côtoyer d'anciens joueurs du club à l'occasion de différents événements.

« Ils racontent pas mal tous le même genre d'histoires, et ce n'est pas surprenant qu'ils aient toujours eu des équipes gagnantes, a dit Pacioretty. Quand ils racontent des anecdotes, ça tourne toujours autour du fait qu'il s'agit de 23 joueurs qui se tiennent ensemble. C'est le genre de choses que tout le monde dit, mais quand ce sont eux qui le disent, tu comprends vraiment pourquoi ils ont eu autant de succès et à quel point c'était spécial pour eux d'enfiler ce chandail. Et ça rend le tout encore plus spécial pour moi aussi. »

Jouer pour les Canadiens, surtout quand on est le capitaine de l'équipe, signifie qu'on reçoit beaucoup d'attention et que la pression est forte. La couverture médiatique se fait en deux langues. Les partisans connaissent le hockey. Les Canadiens sont déjà confrontés à un redoutable défi du fait qu'ils cherchent à remporter la Coupe Stanley pour la première fois depuis 1993, mais en plus ils doivent être à la hauteur du passé alors qu'ils se retrouvent dans une ligue à 31 équipes régie par un plafond salarial.

En début de saison, les Canadiens connaissaient une séquence difficile de 0-5-1 au cours de laquelle Pacioretty n'avait pas récolté un seul point. Il avait alors déclaré à l'Athlétique: « Croyez-moi, si vous pensez que je suis indifférent, vous avez tout faux. S'il y a un problème, ce serait plutôt que j'y pense trop et que ça me tient trop à coeur ».

Mais lorsqu'on lui a demandé vendredi si l'honneur de porter le «C» et d'enfiler le chandail tricolore en vaut la peine, il a répondu: « Évidemment que oui. Ça l'est toujours ».

Dans un événement comme celui-ci, dans ce contexte, c'est impossible que ça lui tienne trop à coeur. Pacioretty portera le flambeau aussi haut qu'il le peut.

« Je pense à l'histoire de la ligue et tout ça. Mais vous savez, l'histoire des Canadiens est probablement la plus belle dans le monde du hockey, a déclaré Pacioretty. Alors je pense à tous ces grands joueurs qui sont passés par le club et qui ont porté ce chandail. Tu joues pour eux. Tu joues pour être à la hauteur de l'héritage qu'ils ont laissé. »

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