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Les Scrivens se tiennent occupés sur la glace

Les époux gardiens de but passent peu de temps ensemble à l'extérieur de la patinoire

par Michael Lore @michaellore / Journaliste LNH.com

La saison rocambolesque du gardien Ben Scrivens a pris une autre tournure inattendue mercredi, alors que les Canadiens de Montréal l'ont soumis au ballottage après avoir embauché le joueur autonome issu des rangs universitaires américains, Charlie Lindberg. Scrivens, n'ayant pas été réclamé, va maintenant se rapporter aux IceCaps de St. John's dans la Ligue américaine de hockey.

Une fois la saison terminée, il rentrera chez lui à Denver pour réfléchir à son avenir. Il sera joueur autonome sans compensation à compter du 1er juillet. Les possibilités qui s'offrent à lui sont nombreuses, mais elles sont aussi incertaines.

Or, il ne sera pas le seul membre de la famille Scrivens qui aura une décision importante à prendre.

 

 

« On aura enfin l'occasion de s'asseoir et de réfléchir à l'année folle qu'on vient de connaître avant de penser à la prochaine étape, a déclaré Jenny. On est satisfaits de la dernière année, mais c'est maintenant le temps d'évaluer la situation, de passer du temps ensemble et de décider ce qu'on fera par la suite. »

Les moments passés ensemble ont été rares cette saison. Ben a entrepris l'année à Bakersfield, le club-école des Oilers d'Edmonton dans la Ligue américaine de hockey (LAH). Jenny, qui était la directrice des communications du Manoir Ronald McDonald d'Edmonton, ne pouvait voir son mari que lorsque leurs horaires le permettaient.

Elle a décidé d'enfiler à nouveau son équipement de gardienne quand elle a signé son premier contrat professionnel avec les Riveters de New York de la Ligue nationale de hockey féminin (LNHF). Les quatre formations du nouveau circuit ne pouvaient offrir que des ententes d'un an la saison dernière.

« Elle a eu la chance de jouer dans les rangs professionnels et de renouer avec l'action après sa carrière universitaire, a expliqué Ben. J'étais très heureux pour elle, c'était une occasion unique. Je l'ai appuyée dès le début. Je trouvais ça vraiment génial pour elle. »

Jenny a défendu la cage de l'Université Cornell pendant trois ans. C'est d'ailleurs là qu'elle a rencontré Ben. Elle a fait l'impasse sur sa dernière année pour se concentrer sur ses études, ce qui lui a enfin permis d'assister aux matchs de Ben. La plupart du temps, quand l'équipe masculine jouait à domicile, l'équipe féminine était sur la route et vice versa.

Après ses études universitaires, Jenny a accroché ses jambières alors que Ben a entrepris sa carrière professionnelle.

Les époux, qui se sont mariés en juin 2012, ont tous deux participé au match hors-concours Racker Rivals Big Red à l'Université Cornell en juillet 2015. Jenny l'ignorait alors, mais cette partie allait lui permettre d'effectuer son retour au jeu.

Après avoir signé son contrat avec les Riveters, Jenny a eu deux mois pour retrouver la forme. Elle devait retourner sur la patinoire, mais elle avait surtout besoin d'un nouvel équipement.

En raison des récentes modifications apportées aux règlements sur l'équipement de gardien de but dans la LNH, les vieilles jambières de Ben (qui mesure 6 pieds 2 pouces) étaient parfaites pour sa femme de 5 pieds 9 pouces. Ben a aussi mis Jenny en contact avec l'entraîneur des gardiens Timm Lorenz au Colorado, où les Scrivens passent leurs étés, et Blair Faulkner à Edmonton.

« Je ne croyais pas que ce serait une bonne idée d'être son entraîneur et de la guider pendant sa préparation pour son retour, a révélé Ben. J'ai eu la chance de travailler avec plusieurs excellents entraîneurs et de faire partie de la confrérie des gardiens dans la ligue. Quand cette occasion s'est présentée pour Jen, on a convenu qu'elle devait vite rechausser les patins. »

Jenny a porté les vieilles jambières de Ben, celles qu'il portait quand il évoluait avec les Oilers, lors des matchs préparatoires de la LNHF. Ces jambières sont ainsi devenues les seules à être utilisées dans la LNH et la LNHF. Ces objets uniques ont été mis aux enchères sur eBay le 25 mars et les recettes de l'offre gagnante de 1550 dollars ont été remises à la Fondation de la LNHF, qui fait la promotion du hockey féminin.

La promotion du sport est une autre facette du travail de Jenny, car en plus de défendre le filet des Riveters, elle s'occupe des relations publiques et des communications pour la ligue. C'est pour cette raison qu'elle était présente au Gillette Stadium à Foxborough, au Massachusetts, lors de la Classique hivernale Bridgestone 2016 de la LNH. Le Pride de Boston de la LNHF a affronté les Canadiennes de Montréal de la LCHF dans le cadre de la première édition de la Classique féminine extérieure le 31 décembre.

Ben était également présent. Le 28 décembre, les Oilers l'ont échangé aux Canadiens, qui avaient besoin de plus de profondeur au poste de gardien en raison de l'absence prolongée de leur partant Carey Price pour cause de blessure. Ben a rejoint sa nouvelle équipe à temps pour son match extérieur contre les Bruins de Boston le Premier de l'an.

« Le matin de Noël, on a dû se quitter, a raconté Jenny. Il est retourné à Bakersfield et je suis allée à Brooklyn. On pensait pouvoir se revoir à la fin de janvier lors de la pause du Match des étoiles de la LAH. […] Le destin en a voulu autrement. C'était parfait et c'était très amusant. J'ai pu voir la fin de sa séance d'entraînement pendant que je me préparais pour notre partie. Puis, il a regardé le match des femmes avec moi. Il a pu rencontrer certaines de mes amies et de mes collègues et il a encouragé le Pride.

« On a passé la veille du jour de l'An ensemble, ce qui n'était jamais arrivé. »

Ben et Jenny ont vécu un autre moment spécial le 17 janvier.

Ben était devant la cage des Canadiens contre les champions en titre de la Coupe Stanley, les Blackhawks de Chicago, au United Center. Pendant ce temps, à plus de 1200 kilomètres de là, Jenny défendait les couleurs des Riveters à Brooklyn.

« On se connaît comme gardiens de but depuis toujours, donc pour nous, ce n'était rien de nouveau, a affirmé Jenny. On a quand même pris conscience du fait qu'on faisait tous les deux ce qu'on aimait et que chacun était là pour aider l'autre à réaliser ses rêves. »

Tweet from @JenScrivs: When you're playing goal the same time as your man �� ���� pic.twitter.com/RfrBnV6xxd

Ce soutien n'a jamais faibli, et ce, peu importe la distance qui sépare les deux amoureux.

Pendant la pause du Match des étoiles de la LNH, Ben s'est rendu à New York pour participer à un entraînement de Jenny et ses coéquipières. Il a pris l'autobus avec elles pour assister à la rencontre entre les Riveters et les Beauts de Buffalo le 31 janvier.

« J'ai seulement poussé quelques rondelles et je me suis assuré de ne nuire à personne, a expliqué Ben. J'étais là pour m'amuser et pour apprendre à connaître leur équipe. »

Ben n'est pas resté à l'écart très longtemps; Jenny a fait travailler son mari pendant le match.

« C'était mon idée, a admis Jenny. Je m'occupe des médias sociaux pendant la semaine. Je cherchais quelqu'un pour s'en occuper pendant la partie et je n'ai pas hésité à lui confier cette tâche. Il a été incroyable. Il a échangé avec les partisans, il a répondu à leurs questions et il a fait de bons commentaires. »

Ce couple est réellement passionné de hockey, mais ce sport, aussi important soit-il, n'occupe pas toute la place dans sa vie. En fait, Ben et Jenny parlent rarement du travail à la maison.

« Quand on est à la maison, on veut relaxer, alors on essaye de ne pas parler de hockey, sauf si on a une décision à prendre ou quelque chose du genre, a admis Ben. On parle de tout, sauf du hockey. »

Pourtant, les Scrivens seront contraints de parler de hockey cet été, alors que Ben et Jenny devront décider de leur avenir professionnel et déterminer s'ils sont prêts à vivre une autre saison où ils devront conjuguer leurs horaires et les rondelles.

 

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