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Le hockey en chiffres : l'avantage de la glace

Les Penguins sont contraints d'apporter des ajustements en défense en jouant à San Jose

par Olivier Bouchard @oli_bou / Chroniqueur LNH.com

La victoire des Sharks de San Jose, samedi soir, illustre à quel point la série finale de la Coupe Stanley s'est resserrée. Après un premier match où les Penguins de Pittsburgh ont dicté le rythme, on se dispute maintenant chaque centimètre de glace. Si les Sharks ont profité de l'avantage de la patinoire pour cibler les faiblesses des Penguins, ils n'ont pas pour autant su aller chercher l'avantage aux chances de marquer à 5 contre 5, terminant le match avec 15 occasions à forces égales contre 14 pour les Penguins.

La défensive des Penguins vacille

Sans l'avantage de la glace, les Penguins ont cherché à éviter autant que possible que les Sharks exploitent leur duo défensif le plus faible, constitué de Justin Schultz et Ian Cole. Ces deux joueurs ont rendu de fiers services au club lors des deux premiers matchs, mais on ne semble pas pour autant enclin à leur donner un surplus de responsabilités. On a plutôt envoyé Kristopher Letang faire du temps supplémentaire en compagnie d'Olli Maatta et Ian Cole. Ainsi, la moitié du temps de glace des mentions « Autres » dans le graphique ci-dessous inclut du temps de jeu de Letang.


 
La tactique est simple. Sans l'avantage du dernier changement, il est plus difficile de suivre à la trace les meilleurs éléments adverses, ce qui rend plus fréquentes les rencontres entre ceux-ci et le fond de l'alignement. Pas une bonne chose.

Ainsi, Letang et Brian Dumoulin ont été sur la glace pour 37 des 44 mises en jeu disputées par le premier trio des Sharks à 5 contre 5 lors des deux matchs à Pittsburgh. Au cours du troisième affrontement, on a réussi à les opposer à Thornton sur 12 des 25 mises en jeu disputées par son trio. C'est pour éviter d'échapper complètement le meilleur trio des Sharks qu'on a donc multiplié les passages de Letang hors séquence.

Les résultats ont été plus ou moins heureux. Letang et Dumoulin ont aidé les Penguins à obtenir un solde positif aux chances lors du troisième match, et le tandem constitué de Justin Schultz et Ian Cole n'a pas donné trop de chances de marquer non plus (le but de Donskoi, croyez-le ou non, n'était pas une chance selon mes critères… Il n'est pas si rare qu'un buteur habile fasse ainsi mentir les pourcentages). Mais pour ce qui est du reste…

Des cinq chances concédées par les duos « autres », quatre l'ont été en présence de Letang et toutes face aux trios de Thornton ou Joonas Donskoi. Sans le dernier changement, on peine donc à protéger les éléments plus faibles de la défensive.

L'autre ennui qui se profile tout doucement, c'est l'incapacité manifeste d'Olli Maatta et Ben Lovejoy à garder la tête hors de l'eau. Ces deux défenseurs n'ont jusqu'ici accordé qu'un but à l'adversaire, lors du premier match, et ont été sur la glace pour deux buts des leurs lors du troisième match. Mais tout ça me semble bien éphémère. Ils accordent six chances par match et, surtout, bloquent beaucoup plus de tirs que leurs coéquipiers.

Cette dernière propension est inquiétante parce qu'elle cache un problème qui pourrait devenir rapidement plus aigu. Lorsque je compte les chances de marquer, je ne considère que celles obtenues à partir de tirs au but ou de tirs manqués. Les tirs bloqués sont d'emblée exclus. Mais lorsqu'un duo de défenseurs bloque un nombre particulièrement important de tirs, c'est à mes yeux un signal : on va finir par ne pas réussir à mettre le patin ou une jambière au bon endroit au bon moment et alors c'est le gardien qui va devoir ramasser la facture.

Sachant que Maatta et Lovejoy jouent essentiellement contre les deuxièmes et troisièmes trios des Sharks, il me semble clair que ces deux défenseurs vivent ces jours-ci sur du temps emprunté. Le manque d'efficacité du troisième trio des Sharks depuis le début de la série les sauve un peu. Je me demande si l'entraîneur des Penguins Mike Sullivan ne va pas devoir leur donner un appui plus systématique avec le trio de Nick Bonino. Après avoir pratiqué ces jumelages attaquants-défenseurs lors du premier match, les Penguins semblent s'en être graduellement éloignés. Je suis curieux de voir ce qu'on apportera comme ajustements ce soir, mais il me semble que ce qu'on fera (ou pas) avec Maatta et Lovejoy pourrait peser très lourd dans la balance. Ils sont à risques.

Au sujet de l'attaque des Sharks

Le jeu de puissance de San Jose semble avoir enfin trouvé le moyen de donner un peu de fil à retordre aux Penguins; après n'avoir obtenu que trois chances lors des deux premiers matchs, on en a collé six samedi soir, en plus de quelques élans manqués par Joe Pavelski de l'enclave. Les Penguins ont intérêt à rester disciplinés.

Reste que les hommes de Peter DeBoer n'ont pas su prendre un réel avantage sur les Penguins. Le retour de Tomas Hertl sera sur ce point une aide précieuse. Hertl n'a pas jusqu'ici eu l'impact qu'on attendait de lui dans cette série, mais il s'est néanmoins imposé sur le jeu de transition, notamment en sortie de zone défensive. Ses sept sorties de zone en contrôle du disque en deux matchs le plaçaient au deuxième rang de son club à 5 contre 5, à quoi doivent s'ajouter quatre autres sorties de zone au cours desquelles il a apporté un appui décisif.

Depuis le début de la série, Hertl est, derrière Pavelski et Donskoi (encore lui!) l'attaquant le plus dynamique dans cette phase du jeu. Une question se pose. Chris Tierney n'a pas semblé trop dépaysé entre Donskoi et Patrick Marleau (ils ont bien eu le but gagnant, après tout), et Logan Couture a clairement donné un coup de piston salutaire à Thornton et Pavelski. Ne gagnerait-on pas à joindre Hertl à Ward et Melker Karlsson sur la troisième ligne? Ses dons avérés en transition me semblent susceptibles d'apporter à cette unité une dimension qui lui manque cruellement.

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