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Henri Richard est décédé

La légende des Canadiens, qui était âgée de 84 ans, a remporté la Coupe Stanley 11 fois

par Robert Laflamme @bobthefire / Journaliste principal LNH.com

Les Canadiens de Montréal sont endeuillés du joueur qui leur a procuré le plus de conquêtes de la Coupe Stanley dans leur histoire. Henri Richard, le frère de l'illustre Maurice Richard, a rendu l'âme vendredi à l'âge de 84 ans, des suites de la maladie d'Alzheimer.

Affublé du sobriquet "Pocket Rocket" parce qu'il était de plus petite taille que son célèbre frère aîné, Henri a su faire sa propre marque même si le "Rocket" a atteint le statut de légende pour le peuple québécois.

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Né à Montréal le 29 février 1936, Henri Richard a laissé une empreinte indélébile au cours du cinquième de siècle qu'il a passé avec les Canadiens, entre 1955 et 1975. Le basketteur Bill Russell, des Celtics de Boston, et lui demeurent à ce jour les athlètes les plus titrés du sport professionnel nord-américain, avec 11 championnats chacun. Henri a déjà raconté que partout où il allait, on lui parlait de ses 11 Coupes Stanley.

« Je serai mort et personne ne va battre ça, c'est impossible, avait-il déjà affirmé en entrevue à La Presse Canadienne dans le cadre du centenaire de l'équipe en 2009. Je dis ça sans prétention. C'est qu'il y a trop d'équipes. Les bons joueurs sont trop éparpillés. »

Il a eu la chance de gagner la coupe à ses cinq premières saisons dans la Ligue nationale. Les cinq sacres d'affilée, entre 1956 et 1960, sont un autre record qui, croit-il, ne sera pas amélioré, ni même égalé, de sitôt.

Richard ne s'attendait pas de connaître un début de carrière en fanfare, encore moins d'avoir l'occasion de jouer en compagnie de son idole de frère, le « Rocket ».

« Je ne croyais pas ça possible, et Maurice non plus, en raison de la différence d'âge de 15 ans, soulignait-il souvent. Maurice songeait à prendre sa retraite, mais il a décidé de continuer parce qu'il voulait jouer avec moi. J'étais bien content. À chacune des conquêtes de la coupe Stanley, il décidait de rester pour une autre saison. Il s'est finalement retiré après la cinquième. »

Henri a continué de voler de ses propres ailes, ajoutant six autres conquêtes jusqu'à ce qu'une blessure à une cheville le contraigne à abandonner après 16 rencontres de la saison 1974-75.

Il a conclu sa carrière de 1259 matchs avec 358 buts et 688 passes pour 1046 points. Il n'était pas imposant physiquement mais il ne s'en laissait pas imposer sur la glace, comme en font foi sa récolte de 928 minutes de pénalités.

En séries éliminatoires, il a disputé 180 matchs, obtenant 49 buts et amassant 80 passes pour 129 points. Il a écopé de 181 minutes de punitions.

Crises mémorables

Les premiers souvenirs de hockey d'Henri remontent vers l'âge de six ans. Ses parents l'emmenaient souvent voir Maurice jouer au Forum. Quand ils s'avisaient de le laisser à la maison, parce qu'il avait de l'école le lendemain, il piquait des saintes colères.

Il a même déjà confié que ses soeurs l'enfermaient dans une garde-robe, tellement il braillait pour aller au hockey.

À l'âge de 18 ans, dans l'uniforme des Canadiens juniors, il commence à penser que le rêve qu'il caresse d'imiter son frère et de jouer pour les Canadiens est réalisable. Mais on le dit trop petit pour s'imposer. Quand il parvient à mériter un poste avec le grand club l'année suivante, on dit que c'est parce qu'il est le frère de Maurice.

« Des commentaires du genre, ça me passait six pieds par-dessus la tête », a-t-il toujours affirmé.

Henri n'a jamais été le plus jasant et l'entraîneur à ses débuts Toe Blake a déjà eu cette répartie savoureuse à son endroit, quand on lui a demandé s'il parlait l'anglais: «Je ne sais même pas s'il parle le français!»

Mais quand il avait quelque chose à dire, il n'y allait pas par quatre chemins. Au printemps de 1971, en pleine finale de la Coupe Stanley, mécontent d'être laissé sur le banc et des querelles qui minent l'équipe, il explose et jette son fiel sur l'entraîneur Al McNeil à l'issue du cinquième match de la série que les Blackhawks de Chicago mènent maintenant 3-2.

« C'est un incompétent », lance-t-il à la presse, médusée.

Au lieu d'ébranler les colonnes du temple, la sortie de Richard a rallié les troupes. Le Tricolore a créé l'égalité dans la série à son retour au Forum, avant de retourner vaincre les Blackhawks au vieux Stadium, dans l'ultime rencontre.

Richard a joué un rôle de premier plan, en marquant les buts égalisateur et vainqueur dans la victoire de 3-2.

« J'étais très fâché et j'ai dit des choses que je n'aurais peut-être pas dû dire, avait-il admis à la PC en 2009. J'ai parlé parce que je croyais que c'était nécessaire. Je ne dis pas que c'était correct parce qu'on doit respecter son entraîneur. Mais moi, je voulais simplement jouer au hockey. »

Richard était particulièrement fier de cette 10e conquête de la coupe parce qu'il a prouvé son point dans le match numéro sept.

« J'ai été chanceux parce que la situation a tourné à mon avantage. Elle aurait pu se retourner contre moi. »

Ce qu'il n'a pas apprécié, c'est qu'on ait personnalisé le conflit pour en faire un à saveur politique entre anglophones et francophones.

Un capitaine indifférent

La première conquête de la coupe en 1956, avec Maurice, revêt un cachet particulier pour lui, d'autant qu'il a évolué dans le même trio que son frère, avec Dickie Moore.

D'avoir agi à titre de capitaine de l'équipe vers la fin de sa carrière n'a pas représenté un grand honneur pour lui.

« Ça me laissait indifférent, comme quand on disait que j'étais le frère de Maurice. »

Marié à Lise Villiard, sa compagne depuis plus de 50 ans, Richard a eu cinq enfants qui lui ont donné 10 petits-enfants.

Ce qui lui faisait dire, à la blague: « Mes enfants n'ont pas été capables d'égaler mon record de coupes! »

Septuagénaire en pleine forme et fort actif jusqu'à ce qu'il souffre de la maladie d'Alzheimer, Richard n'effectuait plus de sorties publiques ces dernières années.

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