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Analyse: Pour son bien, Jonathan Drouin doit jouer au hockey

par Robert Laflamme @bobthefire / Journaliste principal LNH.com

La place d'un jeune joueur de hockey bourré de talent est sur une patinoire, pas chez lui à ronger son frein dans l'attente que son équipe l'envoie sous d'autres cieux.
C'est ce que le conseiller d'athlètes Allan Walsh devrait dire à Jonathan Drouin.

C'est d'ailleurs ce que Walsh lui avait recommandé de faire au moment où le Lightning de Tampa Bay a décidé de retourner Drouin dans la Ligue américaine de hockey (LAH), le 2 janvier.
Drouin s'est rapporté au Crunch de Syracuse animé d'une attitude irréprochable, dit-on. C'est ce que l'entraîneur du Crunch Rob Zettler confirmait au collègue de NHL.com Joe Yerdon pas plus tard que lundi dernier. Drouin avait lui-même affirmé avoir du plaisir à côtoyer ses coéquipiers.
Mais deux jours plus tard, coup de théâtre : il quittait l'équipe et le Lightning le suspendait indéfiniment sans salaire!
Toute cette affaire a pris des allures de bras de fer opposant un jeune espoir mécontent à une organisation qui ne veut pas qu'on lui dicte de façon de faire. Au final, personne n'en sortira gagnant, surtout pas le jeune attaquant québécois dont la réputation s'en trouve ternie.
Allan Walsh a expliqué que son client ne désirait pas courir le risque de subir une blessure puisque, soutenait-il, une transaction était imminente. Il précisait que Drouin était prêt à continuer de s'entraîner avec le Crunch. Le directeur général du Lightning Steve Yzerman a nié avoir fait savoir à Walsh qu'un échange impliquant Drouin était presque conclu.
Le retrait du joueur par crainte qu'il ne subisse une blessure n'est ni plus ni moins une grève déguisée, ou une mauvaise stratégie. Même Eric Lindros, à l'époque où il a boudé les Nordiques de Québec pendant une saison en 1991-92, a continué de jouer en portant les couleurs de l'équipe canadienne qui a pris part aux Jeux olympiques.
Walsh sait-il qu'un athlète court également un certain risque de se blesser en s'entraînant? Suivant sa logique, le conseiller montréalais aurait dû suggérer à Drouin de cesser de jouer pour le Lightning à partir du moment où on a exigé une transaction, en novembre. À ce moment, Drouin portait les couleurs du Lightning. Walsh a levé le voile sur la demande de transaction de son client au lendemain de sa récente rétrogradation.
Le pied levé
Drouin a marqué deux buts à la première période de son premier match chez le Crunch, mais il n'a amassé qu'une passe dans ses six suivants. À ce qu'on chuchote, on ne doit pas apporter une grande importance à sa fiche ordinaire parce qu'il jouait déjà pour ne pas subir de blessure, au lieu d'essayer de brûler la ligue. En agissant de la sorte, il ne faisait rien pour augmenter sa valeur aux yeux des nombreux recruteurs de la LNH qui se rendaient assister aux rencontres du Crunch. Tant qu'à ça, aussi bien ne pas jouer du tout.
Depuis mercredi, c'est le silence radio de part et d'autre. Le clan Drouin est en mode attente tandis que le Lightning tente toujours de conclure un échange même si les équipes se bousculent sans doute moins aux portes.
Yzerman a dit qu'il n'abaissera pas pour autant ses exigences parce qu'on connaît le potentiel réel du troisième espoir réclamé au repêchage 2013 de la LNH. Il tient le gros bout du bâton.
Dans ce contexte, Drouin pourrait poireauter pendant un bout de temps. Ce qui serait une mauvaise chose pour sa progression qui a d'ailleurs été ralentie par quelques blessures au cours des dernières saisons.
Une mauvaise chose également pour sa réputation. Des dirigeants d'équipes émettent déjà des réserves à voix haute.

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