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Guy Boucher alimente la guerre psychologique avec Alain Vigneault

Le pilote des Sénateurs renvoie la pression chez les Rangers avant le début de la série à Ottawa, jeudi

par Robert Laflamme @bobthefire / Journaliste principal LNH.com

OTTAWA - Il ne serait pas surprenant que les deux entraîneurs québécois impliqués dans la confrontation de deuxième tour de l'Association de l'Est entre les Rangers de New York et les Sénateurs d'Ottawa en viennent à se crêper le chignon au cours de la prochaine quinzaine. L'expérimenté Alain Vigneault est un communicateur rusé tandis que Guy Boucher a le sang chaud.

Vigneault a déjà mis quelque peu le feu aux poudres en y allant d'un concert d'éloges à l'endroit des Sénateurs, mardi.

Boucher lui a fourni la réplique mercredi, à environ 24 heures du début de la série de deuxième tour de l'Association de l'Est entre les deux équipes au Centre Canadian Tire, jeudi (19 h (HE); TVA Sports, CBC, CNBC).

« Quand toute la pression repose sur toi et tu es censé gagner la Coupe Stanley, tu envoies de la pression ailleurs, a réagi Boucher. Je ne m'attends pas à rien d'autre que ça », a-t-il ajouté en s'esclaffant.

Boucher a pris soin d'alimenter la joute verbale, en ajoutant quelques couches de pression sur les Rangers.

« De ce que j'entends de tout le monde, c'est que nos chances de gagner sont minces. La cote des parieurs à Las Vegas est de 10 contre 1 favorisant les Rangers. Tout le monde semble dire qu'ils vont nous passer sur le corps.

« J'imagine qu'on a affaire à une sacrée bonne équipe », a-t-il déclaré.

Les Rangers (48-28-6), qui ont terminé quatrièmes de la très compétitive section Métropolitaine, ont amassé seulement quatre points de plus que les Sénateurs (44-28-10), deuxièmes de la section Atlantique, en saison régulière (104-98).

Le pilote verbomoteur des Sénateurs en a tout de même beurré épais.

« Ils sont animés du sentiment d'urgence de gagner la Coupe Stanley. Ils en parlent depuis longtemps. Nous les considérons comme des aspirants à chacune des années.

« Nos joueurs savent qu'ils sont confrontés à un énorme défi, a-t-il repris. Tout le monde leur dit à quel point leurs adversaires sont plus forts, à quel point ils sont bons. Nous devrons être à notre mieux, sinon nous n'aurons aucune chance. »

On a fait remarquer à Boucher que ça semblait faire l'affaire des Sénateurs de camper le rôle des négligés.

« Négligés ou pas, je m'en fous pas mal. Nous devons faire notre chemin. Même au premier tour, peu de gens nous favorisaient contre les Bruins de Boston. Nous commençons à être habitués. »

L'entraîneur a assuré que ses troupiers et lui n'utiliseront pas la situation comme source de motivation additionnelle.

« Nous ne l'avons pas fait pendant toute la saison, a-t-il indiqué. Pour nous, l'accent est toujours mis sur ce que nous devons faire afin d'être meilleurs. Nous ne regardons jamais trop loin devant. Notre approche a toujours été les 10 premières minutes du match suivant. 

« Nous nous concentrons sur ce que nous pouvons contrôler, et c'est notre identité comme équipe. Nous devons être nous-mêmes. Sans ça, nous n'avons pas de chance. »

Boucher a dit avoir décortiqué les matchs de la série de premier tour des Rangers contre les Canadiens de Montréal. 

« Ce que j'ai constaté, c'est que les Rangers possèdent quatre trios équilibrés et très rapides. Leurs défenseurs utilisent efficacement leur bâton et ils sont excellents dans la relance de l'attaque. Leur gardien a été brillant. Ç'a été une guerre de tranchées que les Canadiens auraient pu remporter.

« Ils ont Michael Grabner sur leur quatrième trio, un gars de 40 points en saison régulière. Ça montre qu'il n'existe que peu d'écart de performances dans leurs quatre trios. Ils sont après vous à chacune des présences. Vous ne devez pas commettre de revirements à leur ligne bleue parce que vous êtes mort. » 

Les retrouvailles pour Brassard

Boucher est un fin renard. En s'exprimant comme il l'a fait, il savait qu'il détournerait les réflecteurs du duel entre les attaquants Derick Brassard et Mika Zibanejad, qui ont été échangés l'un contre l'autre l'été dernier.

Brassard a dû répondre à de nombreuses questions en lien avec son ancienne équipe, mercredi. Il s'est prêté à l'exercice pendant plus d'une vingtaine de minutes à l'issue de l'entraînement des Sénateurs au Centre Canadian Tire. 

« Je ne peux pas faire abstraction de ça, a-t-il avancé. Ce n'est pas une affaire entre Mika (Zibanejad) et moi. C'est un duel entre les quelque 23 gars de chacune des équipes. Il y a toujours de la pression. J'estime que je peux bien la gérer. Je ne m'en imposerai pas davantage. J'essaierai simplement de préconiser mon style et de fournir la même intensité qu'au cours de la série de premier tour face aux Bruins de Boston. J'aurai un peu plus d'énergie c'est sûr. »

Brassard, qui est natif de Gatineau, en Outaouais, a mis en veilleuse la grande amitié le liant à l'attaquant Mats Zuccarello des Rangers.

« Je lui ai envoyé un message de félicitations après la victoire des Rangers contre les Canadiens, en lui précisant qu'on se reparlerait dans quelques semaines », a-t-il confié.

Brassard n'a pas caché qu'on a été content chez les Sénateurs de voir les Rangers sortir les Canadiens de Montréal au premier tour.

« Il existe une rivalité avec les Canadiens, qui ont plusieurs partisans dans la région. Ce n'est pas que nous avions une préférence pour les Rangers, mais nous étions confiants qu'ils les éliminent. Les Canadiens ont dominé notre section en saison régulière et ils misent sur un excellent gardien. Peu importe, nous allions affronter une excellente équipe. »

Boucher a argué que les retrouvailles avec l'équipe pour laquelle il a évolué pendant quatre saisons et plus ne déstabiliseront pas Brassard.

« Les joueurs sont maintenant habitués d'affronter leur ancienne équipe parce qu'ils changent souvent d'adresses, a-t-il élaboré. Peu d'entre eux demeurent pendant longtemps dans la même organisation. Derick ne jouera pas contre ses "chums". Pour les deux prochaines semaines, ce seront ses adversaires. Quand la série sera terminée, il pourra retrouver ses "chums". » 

Pyatt, peut-être

Les Sénateurs pourraient réaccueillir dans la formation pour le match no 1 l'attaquant de soutien Tom Pyatt, qui a subi une blessure au haut du corps dans le match no 4 face aux Bruins.

Pyatt ne s'est pas entraîné au sein d'un des quatre trios, mercredi.

« Nous verrons jeudi, a dit Boucher. S'il est prêt, je devrai faire un choix. Je serai heureux d'avoir pour la première fois cette saison une décision difficile à prendre », a-t-il renchéri, en évoquant les nombreuses malchances qui ont mis à rude épreuve la force de caractère de l'équipe.

Il est acquis que le défenseur Mark Borowiecki, blessé à une jambe depuis le match no 2, n'effectuera pas un retour au jeu.

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