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Frédérick Gaudreau reste les pieds sur terre

L'attaquant recrue des Predators vit un crescendo d'émotions depuis quelques semaines

par Robert Laflamme @bobthefire / Journaliste principal LNH.com

PITTSBURGH - Les Américains ont Johnny Gaudreau, alias « Johnny Hockey » joueur vedette des Flames de Calgary. Les Québécois ont Frédérick Gaudreau, ou leur « Freddy Hockey ».

L'attaquant des Predators de Nashville âgé de 24 ans a les projecteurs braqués sur lui en Finale de la Coupe Stanley. Il essaie d'en diminuer l'intensité afin d'éviter d'être aveuglé pour la suite des choses.

« Ça va vite. Depuis environ un mois, ça monte de même », a-t-il affirmé, mardi, en faisant comme s'il gravissait une pente d'un geste de la main. « C'est une belle histoire que je vis, mais je dois rester concentré sur la tâche que je dois accomplir et ne pas penser trop loin ni regarder derrière. »

Gaudreau vit un crescendo d'émotions fortes depuis que les Predators ont fait appel à ses services pour les deux derniers matchs de la finale de l'Association de l'Ouest contre les Ducks d'Anaheim.

Lundi, le patineur natif de Bromont, en Estrie, a pris part au match no 1 de la Finale face aux Penguins de Pittsburgh.

C'était la première fois que ses parents le voyaient à l'œuvre dans la LNH et il a salué l'événement en réussissant son premier but dans la LNH.

Pas n'importe quel but! Celui qui a créé l'égalité 3-3 à 6:31 de la fin de la troisième période.

« Ç'a été beaucoup d'émotions à la fin du match, a-t-il raconté. Mes parents m'ont serré dans leurs bras en me disant qu'ils sont très fiers de moi. Ç'a ressassé des souvenirs de jeunesse et tout le parcours que j'ai fait. J'étais content de vivre ce beau moment avec eux. »

Video: NSH@PIT, #1: Gaudreau crée l'égalité avec son 1er

Bien évidemment, Gaudreau aurait échangé son but contre une victoire des Predators. Les Penguins allaient finalement avoir le dernier mot dans une ouverture de série bizarroïde grâce au but de Jake Guentzel, à 3 :17 de la fin, qui mettait fin à une séquence de 37 minutes sans tir des champions en titre.

Personne ne peut toutefois lui tenir rigueur de prendre un peu de temps afin de savourer ce qui lui arrive.

Affirmer qu'il vient de loin serait un euphémisme. Il arrive de nulle part.

Jamais repêché dans la LHJMQ et encore moins dans la LNH, Gaudreau a fait ses débuts dans la LHJMQ à l'âge de 18 ans dans l'uniforme des Cataractes de Shawinigan, l'année que les Cataractes ont été les hôtes du tournoi de la Coupe Memorial en 2012.

Il rappelle qu'il avait été laissé de côté pour les trois premiers matchs du tournoi des Cataractes avant de disputer les trois derniers, soulevant la Coupe à bout de bras en compagnie de ses coéquipiers à l'issue du dernier.

Il a par la suite connu une progression constante au cours des deux saisons suivantes. Une progression au cours de sa saison de 20 ans qui a piqué la curiosité du nouveau recruteur au Québec des Predators, le Trifluvien Jean-Philippe Glaude.

« Son principal atout, c'est son intelligence au jeu. J'ai vendu aux Predators qu'il pourrait toujours s'adapter à la vitesse du jeu grâce à ça.

« Je n'ai pas été seul à essayer de convaincre l'adjoint au directeur général de l'équipe Paul Fenton de lui offrir un contrat. Notre recruteur de la région de Boston est venu le voir jouer. Ç'a été un travail d'équipe. »

Fenton n'a pas été dur à convaincre.

 « J'ai tout de suite vu que c'était un solide joueur, a-t-il évoqué mardi. Sa grande compréhension du jeu m'avait frappé. C'est la principale qualité que nous recherchons chez un jeune. À ce moment, je me disais qu'il devait améliorer son coup de patin et se renforcer physiquement. Nous lui avons offert un contrat de la Ligue américaine en le mettant au défi de nous prouver qu'il méritait un contrat de la Ligue nationale. »

Après deux saisons passées dans l'uniforme de l'équipe-école des Admirals de Milwaukee, incluant un bref passage dans la ECHL au cours de la première, Gaudreau a paraphé un premier contrat de la LNH, l'an dernier.

« C'est un des bons joueurs complets que nous avons eus à Milwaukee depuis longtemps, l'a décrit Fenton. Il est facile à diriger, c'est un jeune très terre-à-terre, très humble. Il apprécie tout ce qu'il a parce qu'il ne l'a pas volé. Nos entraîneurs à Milwaukee l'adorent. Il peut jouer à toutes les positions à l'attaque. C'est un joueur de centre, mais il se tire très bien d'affaire comme ailier. »

Gaudreau n'a jamais douté qu'il finirait par atteindre la LNH, ce qu'il a fait cette saison qui était sa troisième dans les rangs mineurs.

« J'y ai toujours cru. Pour moi, ça tout le temps été mon rêve, a-t-il déclaré. J'ai toujours cru que si la passion y était, je pouvais m'y rendre. L'an dernier, le plus gros déclic s'est fait quand j'ai signé mon premier contrat de la LNH. Mais il y a toujours eu de petits déclics qui m'ont fait aller de l'avant. »

Le fort désir de continuellement vouloir repousser ses limites est une autre grande qualité de Gaudreau.

« Ses habitudes de travail sont impeccables, a dit Glaude. Il fait tout pour s'améliorer. Si on additionne ça à son intelligence au jeu et son côté très compétitif, on a un joueur qui est voué à la réussite. »

L'attaquant Colton Sissons des Predators, qui a évolué avec Gaudreau dans la Ligue américaine, le qualifie d'un des meilleurs coéquipiers qu'il a eus.

« Je l'ai vu arriver de la ECHL. C'est un bon gars, qui fait ses petites affaires. C'est ce qu'il a fait dans tous les calibres de jeu. Je ne suis pas surpris de le voir connaître du succès avec nous ou qu'on lui fasse confiance dans une situation peu commode. Je suis fier de lui. C'est un bon ami, nous sommes contents de l'avoir avec nous. »

Avant Gaudreau, le dernier joueur qui avait obtenu son premier but dans la LNH en Finale de la Coupe Stanley a été Justin Abdelkader des Red Wings de Detroit. Abdelkader a réussi l'exploit au cours du premier match de la Finale 2009 contre les Penguins.

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