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FIHG : Sean Burke espère faire d'une pierre, deux coups

Le directeur général adjoint d'Équipe Canada est également dépisteur pour les Canadiens, et il garde l'œil ouvert au cours du tournoi

par Emna Achour / Correspondante LNH.com

PARIS, France - Visiter la Ville Lumière est l'occasion parfaite de faire le plein de croissants et de fromages fins, de se promener le long de la Seine et de s'imprégner de la riche histoire française.

Mais Sean Burke, l'adjoint au directeur général d'Équipe Canada pour le Championnat du monde 2017 de la FIHG, n'est pas venu à Paris en touriste. 

Celui qui agit comme dépisteur dans l'Ouest pour les Canadiens de Montréal dans la LNH depuis un an maintenant a bien l'intention de se servir de ce tournoi pour faire d'une pierre, deux coups et enrichir sa base de données d'informations privilégiées sur les joueurs qu'il a la chance de voir à l'œuvre ici.

« Tu gardes toujours l'œil ouvert », a déclaré Burke, samedi, avouant ne jamais laisser son chapeau de dépisteur bien loin. « C'est une très belle occasion d'apprendre à connaître beaucoup de joueurs de la ligue que tu crois connaître, mais ici tu les vois dans le vestiaire, tu les vois à l'entraînement chaque jour. C'est un réel avantage de faire partie de l'entourage de ce genre d'équipe pour prendre des notes mentales sur certains joueurs. Comme ça, si un jour une transaction doit être faite ou un contrat doit être signé, tu connais vraiment les joueurs, tu les connais mieux que simplement sur la glace. Ce genre d'évènement aide beaucoup mon travail. »

Après avoir remporté la médaille d'or lors des deux dernières éditions du Championnat du monde de la FIHG et lors du Championnat mondial junior 2015 de la FIHG en tant que membre de la haute direction de l'équipe canadienne, Burke s'est fait confier le rôle de directeur général en vue des tournois de la Coupe Deutschland en novembre dernier et de la Coupe Spengler en décembre.

Avec la décision de la LNH de ne pas prendre part aux Jeux olympiques de Pyeongchang en 2018, Burke a profité de ces tournois auxquels ne participent déjà pas les joueurs de la ligue pour avoir une idée de ce dont pourrait avoir l'air Équipe Canada en Corée du Sud l'hiver prochain.

« On s'est vraiment dit : "Si la LNH ne va pas aux Olympiques, comment va-t-on connaître nos joueurs?" Donc on s'est servi de ça pour évaluer beaucoup de joueurs, a-t-il expliqué. Ces deux tournois étaient une belle occasion de voir à l'œuvre tellement de Canadiens qui jouent en Europe, dans la KHL, en Suisse. J'ai vraiment aimé mon expérience. »

Après avoir passé six ans à l'emploi des Coyotes de l'Arizona, dont quatre à titre de directeur général adjoint, Burke s'est joint au Tricolore en septembre 2016. Même s'il adore son rôle avec Hockey Canada, il admet ne pouvoir être plus comblé par son titre de dépisteur dans la LNH. 

Lorsque Marc Bergevin lui a offert de rejoindre les Canadiens, Burke s'est dit que c'était l'occasion de tourner la page sur sa carrière avec la direction des Coyotes.

« [Être dépisteur] est une chose que je n'avais pas encore vraiment faite. En Arizona en tant qu'adjoint au directeur général, c'est vrai que je regardais beaucoup de matchs, mais quand tu es dépisteur c'est un tout autre monde, a dit Burke. Tu mets beaucoup de temps à regarder des matchs, à observer des joueurs et tu vois le sport différemment. Tu ne te concentres pas que sur ton équipe, tu ne passes même pas vraiment de temps autour de ton équipe, mais tu observes toutes les autres. C'est une excellente manière d'apprendre à bien connaître la ligue et c'est un très bon atout à ajouter à ton curriculum vitae parce que dans ce métier, tu dois connaître les joueurs. Ça change très vite et il y a beaucoup de jeunes joueurs qui émergent, mais j'adore ça. 

« Marc Bergevin et tout le personnel des Canadiens de Montréal sont des employés de qualité. Je ne pouvais pas dire non à la chance de travailler avec des gens comme ça. Toute la direction, les propriétaires, l'histoire de l'équipe; je pense que quiconque aurait l'occasion de travailler dans un environnement comme celui-là ne la laisserait pas passer. »

Lorsqu'on lui a demandé si Bergevin lui avait demandé de garder son œil de dépisteur ouvert pendant le Championnat mondial 2017 de la FIHG, Burke a mentionné qu'il n'avait pas besoin de le faire; Bergevin est lui aussi à Paris.

« Marc Bergevin travaille très dur. Il va voir beaucoup de matchs lui-même, a indiqué Burke. Je pense qu'il est un des meilleurs jeunes directeurs généraux de la Ligue nationale. »

De retour en France 25 ans après Albertville

À l'époque où il était gardien de but, Burke a entre autres eu l'occasion de représenter le Canada à deux reprises aux Jeux olympiques.

L'équipe canadienne avait terminé au quatrième rang lors des Jeux de 1988 à Calgary, les premiers Jeux auxquels les joueurs professionnels - mais pas ceux de la Ligue nationale - ont pu participer. Puis, Burke a décidé de ne pas disputer la saison 1991-92 dans la LNH en raison d'un conflit contractuel, ce qui l'a rendu libre comme l'air pour les Jeux olympiques d'Albertville, en France, en 1992. Il avait alors aidé le Canada à remporter la médaille d'argent.

« Les Jeux de 1992 étaient particuliers. On avait une bonne chance de remporter l'or, mais on a perdu aux mains des Russes en finale, a évoqué Burke. On avait une très bonne équipe. 

« C'était vraiment unique parce qu'à l'époque il y avait une équipe nationale à temps plein. Le plus amusant dans tout ça, c'est qu'on disputait beaucoup de matchs en préparation pour les Jeux olympiques. C'était une mentalité totalement différente. De nos jours, l'équipe est bâtie et doit trouver une chimie une fois sur place. Mais nous, on passait énormément de temps tous ensemble en tant qu'équipe, on jouait dans plusieurs pays différents, on vivait des expériences incroyables. Et on était vraiment fiers une fois rendus aux Jeux olympiques parce que l'on connaissait très bien notre équipe. »

Avec la réalité d'aujourd'hui, il semble plutôt improbable qu'une situation semblable se reproduise. Malgré tout, Burke a hâte de voir des joueurs moins connus du grand public briller pour le Canada en 2018.

« Je ne pense pas qu'on reverra ça de sitôt. C'est difficile d'avoir une équipe nationale à temps plein maintenant puisque des joueurs qui ont d'autres engagements avec leur équipe professionnelle y participent. Ç'a changé, a-t-il déclaré. Ce sera intéressant cette année avec la LNH qui ne devrait pas aller aux Olympiques. Il y a beaucoup de très bons joueurs qui évoluent en Europe ou ailleurs, beaucoup de Canadiens et d'Américains qui pourraient obtenir une chance qu'ils n'obtiendraient jamais dans d'autres circonstances. Je crois que ça revêtira une importance particulière. Je sais qu'il y a des gens qui aimeraient que la LNH participe aux Jeux olympiques, mais je pense que ce sera tout de même un tournoi extraordinaire. Ce sont les Olympiques après tout! »

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