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Dans les coulisses d'une journée chargée pour les meilleurs espoirs

Sept des joueurs les plus prometteurs en vue du prochain repêchage ont rencontré les deux équipes finalistes

par Guillaume Lepage @GLepageLNH / Journaliste LNH.com

WASHINGTON - Il est encore tôt lundi matin - la ville de Washington commence à peine à fourmiller - mais déjà, les meilleurs espoirs en vue du prochain repêchage de la LNH sont dans le lobby de l'hôtel, tirés à quatre épingles.

Le quatrième match de la Finale de la Coupe Stanley entre les Golden Knights et les Capitals auquel ils assisteront s'amorce peut-être seulement dans 12 heures, mais ils ont une longue journée devant eux.

Noah Dobson s'assoit dans la dernière rangée de l'autobus qui les mènera au complexe d'entraînement des Capitals à Arlington, en Virginie. Devant lui, ses compagnons Quinn Hughes, Filip Zadina, Evan Bouchard, Brady Tkachuk, Andrei Svechnikov et Rasmus Dahlin prennent place.

Le natif de l'Île-du-Prince-Édouard ressent l'accumulation de fatigue; en l'espace d'une semaine, il a remporté la Coupe Memorial, participé aux célébrations à Bathurst et s'est envolé vers Buffalo pour la séance d'évaluation des espoirs.

Le voilà maintenant à Washington.

« J'aurais besoin d'une sieste d'avant-match », lance-t-il à Hughes en riant.

Reste qu'il a les yeux ronds comme des ballons. Il n'a pas l'habitude des grandes villes et il observe chaque monument, impressionné comme un enfant dans un magasin de bonbons. Il sait aussi que d'ici quelques minutes, il rencontrera un autre monument de Washington - bien en vie celui-là.

C'est sa mission de la journée : prendre une photo avec Alex Ovechkin, l'idole de son père. Ce n'est pas le sien, il a toujours encouragé son compatriote des Maritimes Sidney Crosby, reste que Dobson lui voue un grand respect.

« C'est dur de ne pas agir comme un partisan quand tu sais tout ce que ce gars a accompli », explique-t-il juste avant de débarquer au complexe.

Quelques minutes plus tard, après une courte visite des installations, les sept espoirs sont accueillis par Evgeny Kuznetsov - le joueur favori de Svechnikov - dans le vestiaire des Capitals. Ils piquent un brin de jasette avec le gardien Braden Holtby, l'entraîneur Barry Trotz et bien sûr avec Ovechkin.

Ils regardent attentivement l'entraînement en cassant la croûte, puis c'est déjà l'heure de mettre le cap vers le Capital One Arena, où les Golden Knights s'entraînent.

La journée de Dobson est déjà faite : il a sa photo avec le Tsar.

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« Oooooh! »

Le rideau menant à la section 104 du Capital One Arena vient de s'ouvrir, dévoilant les milliers de sièges recouverts d'une serviette rouge. Les sept espoirs remarquent aussi qu'on a disposé des serviettes blanches de manière à y lire « Believe » (Croire), où la lettre I a été remplacée par la forme de la Coupe Stanley.

Ils sortent tour à tour leur téléphone cellulaire pour prendre des photos et des vidéos - il faut bien alimenter les réseaux sociaux - puis ils sont vite rejoints par George McPhee, le directeur général des Golden Knights, qui prend le temps de se présenter et de prendre des nouvelles d'eux.

C'est aussi l'heure de la très légère, mais traditionnelle, entrevue avec le commentateur vedette de la CBC, Don Cherry. Les espoirs montent au balcon et discutent avec l'ancien entraîneur et l'animateur Ron MacLean avant de s'aligner sur une rangée pour décliner leur nom, ainsi que leur équipe et leur joueur favoris.

Disons qu'ils ont probablement tous déjà connu une entrevue plus corsée.

Les sept jeunes sont sur le point de se diriger vers le vestiaire des Golden Knights quand le timide Dahlin - le potentiel premier choix du prochain encan - prend son courage à deux mains et demande à Cherry s'il peut prendre une photo seul en sa compagnie.

Le défenseur suédois se place aux côtés du coloré Cherry, lève le pouce et sourit. Le jeune homme connaît ses classiques.

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Le petit contingent tente de se frayer un chemin dans le minuscule vestiaire occupé par les Golden Knights. Pas de chance, les membres des médias entourent déjà les joueurs de l'équipe visiteuse; les rencontres auront lieu dans le corridor.

Le Tchèque Tomas Nosek s'arrête pour discuter avec Zadina dans sa langue maternelle, William Karlsson fait de même avec Dahlin et David Perron en profite pour renouer avec le plus jeune des Tkachuk - le Québécois a joué avec son père Keith chez les Blues de St. Louis, il y a près de 10 ans.

Tkachuk discute avec Perron avec un sourire en coin et de l'attitude dans le regard, comme lorsqu'il est sur la patinoire.

« Ce gars a tellement trop confiance en lui », lance Dobson aux autres espoirs qui éclatent de rire.

L'entraîneur Gerard Gallant vient saluer les jeunes et s'entretient particulièrement avec Dobson qu'il connaît fort bien. Les deux hommes habitent sur la même rue à Summerside, à l'Île-du-Prince-Édouard.

« Il y a un gros buzz à Summerside », lui dit Dobson. Pas surprenant. À eux deux, ils pourraient ramener la Coupe Stanley, la Coupe Memorial et la Coupe du Président sur l'île aux patates.

Au tour de Pierre-Édouard Bellemare d'ensuite venir les saluer. Le sympathique français souhaite bonne chance à tous en anglais avant de se tourner vers Dahlin pour lui adresser la parole en suédois. L'effet de surprise est réussi.

Reste que la phrase du jour revient à l'attaquant Jonathan Marchesseault.

« Vous êtes chanceux d'être repêchés... Je n'ai jamais eu cette chance! », lance-t-il avec un large sourire.

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Dahlin marche sur une rue adjacente au Capital One Arena, en route vers l'hôtel pour une petite pause. Il vient d'accorder plusieurs entrevues et sa journée est loin d'être terminée. Il doit faire des apparitions sur des plateaux de télévision en après-midi avant d'assister à son tout premier match de la LNH en soirée.

Le grand suédois à la chevelure plus blonde que blonde attire les regards des passants. Certains le reconnaissent, mais se contentent de chuchoter son nom. Rien à voir avec ceux qui l'ont attendu à l'aéroport de Washington en soirée, dimanche, pour obtenir son autographe.

Tout ça, même si le vol des sept espoirs a été retardé de près de cinq heures.

« Ça veut dire qu'ils ont patienté durant tout ce temps, s'exclame-t-il. Les gens sont complètement fous. »

Dahlin ne comprend pas encore tout l'engouement qu'il y a autour de lui. Il ne sait pas encore que les amateurs des 30 autres villes de la LNH risquent d'acheter leur billet pour un match face aux Sabres - ils détiennent le premier choix - juste pour le voir à l'oeuvre.

Pour l'instant tout ce qui occupe ses pensées, c'est le test de conduite qu'il doit passer pour obtenir son permis à son retour en Suède.

« Je pense que je suis aussi nerveux pour cet examen que pour le repêchage, dit-il en riant. Je dois absolument l'avoir. »

Quand ce sera fait, il pourra commencer à penser au grand moment qu'il vivra le 22 juin à Dallas et à sa première saison dans la LNH. Le jeune Suédois est toutefois déjà bien curieux.

« Comment c'est à Montréal?, demande-t-il à l'auteur de ces lignes. J'ai entendu dire que c'était vraiment fou. »

Oh si tu savais, Rasmus...

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