Skip to main content

Connor McDavid est enchanté d'affronter Sidney Crosby

Le capitaine des Oilers et celui des Penguins se feront face pour la première fois mardi

par Nicholas J. Cotsonika @cotsonika / Journaliste NHL.com

En raison de la façon qu'il joue, qu'il se comporte et qu'il rend les Oilers d'Edmonton meilleurs, c'est facile d'oublier que Connor McDavid n'a que 19 ans. Il a pris part à seulement 58 matchs dans la LNH parce qu'il a dû s'absenter pendant une période de trois mois en raison d'une fracture à la clavicule, l'hiver dernier, alors qu'il en était à sa première saison dans la Ligue. Bien qu'il soit à ce point bon et qu'il soit déjà un des meilleurs joueurs dans la LNH, reste qu'il y a encore des choses qu'il apprivoise pour la première fois, qu'il est encore en phase d'apprentissage, qu'il a à peine entamé sa courbe de progression.

McDavid affrontera Sidney Crosby pour la première fois, mardi, quand les Oilers rendront visite aux Penguins de Pittsburgh (19h HE ; SNW, ROOT, NHL.TV). On verra donc le no 97 face au no 87, le « Next One » contre « Sid the Kid », le premier choix du repêchage 2015 de la LNH contre le premier choix du repêchage 2005, et McDavid en parle comme, eh bien… un adolescent. Il ne l'appelle pas Monsieur Crosby, comme il l'a fait quand il l'a rencontré pour la première fois il y a trois ans, selon USA Today, mais il donne l'impression de le considérer comme un vieux de la vieille à 29 ans.

« C'est excitant pour moi, a dit McDavid. C'était mon idole d'enfance et pour moi, ça va être pas mal 'cool'. »

McDavid a fait savoir qu'il continue de suivre ce que Crosby fait quand il joue.

« C'est le meilleur joueur au monde et si tu peux tirer certaines leçons de sa façon de jouer, évidemment ça peut aider, a déclaré McDavid. Je ne cherche pas à l'imiter, mais j'essaie de m'inspirer de certaines choses qui lui permettent d'avoir du succès. »

Il faut faire la part des choses quand vient le temps d'établir des comparaisons : McDavid est de 10 ans le cadet de Crosby et sa carrière ne fait que commencer, tandis que Crosby a réalisé beaucoup de belles choses dans la LNH et il continue d'afficher un niveau de jeu exceptionnel.

Crosby a remporté le trophée Hart, remis au joueur le plus utile à son équipe dans la Ligue, ainsi que le trophée Art Ross, décerné au meilleur marqueur de la LNH, à deux reprises. Il s'est aussi vu attribuer le trophée Maurice Richard, qui va au champion buteur de la LNH. Il aurait fort probablement remporté ces trophées plus souvent, n'eût été des blessures.

Au cours des cinq derniers mois, il a remporté la Coupe Stanley pour la deuxième fois, le trophée Conn Smythe remis au joueur le plus utile à son équipe dans les séries éliminatoires de la Coupe Stanley, la Coupe du monde de hockey 2016 avec Équipe Canada et le titre de joueur par excellence de ce tournoi.

Même s'il a raté les six premiers matchs de la présente saison en raison d'une commotion cérébrale, Crosby se trouve à égalité au premier rang dans la Ligue pour les buts. Il a huit filets et 10 points en six matchs.

« Si tu pouvais réussir la moitié des choses qu'il a réussies, ou même le quart, je trouve que ce serait là une carrière plutôt remarquable, a affirmé McDavid. Nous savons ce qu'il a été en mesure de faire et nous connaissons tous les championnats qu'il a remportés. En gros, il a gagné tout ce qu'il est possible de gagner. Alors c'est assurément une bonne idée d'essayer de suivre ses traces. »

On peut quand même comparer McDavid à Crosby à bien des égards et le jeune joueur des Oilers a un atout qui le distingue du capitaine des Penguins : sa vitesse. Crosby est un des joueurs les plus rapides de la Ligue, en raison de la force de ses jambes et de sa vivacité d'esprit. Mais McDavid est encore plus rapide, tellement que le légendaire entraîneur Scotty Bowman, dans plusieurs entrevues accordées à différents médias, a comparé sa capacité d'accélération à celle de Bobby Orr.

Après 58 matchs dans la LNH, McDavid a 21 buts et 62 points. Après 58 rencontres dans la Ligue, Crosby avait 28 buts et 65 points.

Et il faut tenir compte du fait que McDavid a eu droit à moins de temps de jeu en avantage numérique que Crosby à ses 58 premiers matchs, comme en témoigne le fait qu'il a seulement trois buts en supériorité numérique comparé à 12 pour Crosby, et qu'il a disputé ses matchs en trois temps - au début de la saison dernière avant de subir sa fracture à la clavicule, en fin de saison dernière et au début de la présente campagne. Crosby, lui, a participé à 81 rencontres lorsqu'il était une recrue.

N'eût été de sa blessure, McDavid aurait pu remporter le trophée Calder en tant que recrue de l'année dans la LNH la saison dernière. Il aurait pu remporter la Coupe du monde avec Équipe Canada s'il avait été admissible à faire partie de cette formation. Il a été le capitaine d'Équipe Amérique du Nord, qui regroupait des joueurs de 23 ans et moins provenant du Canada et des États-Unis.

Il a amorcé sa deuxième saison dans la LNH avec près de la moitié moins d'expérience que Crosby, qui a remporté son premier Hart et son premier Art Ross à sa deuxième campagne. Et pourtant, il est au plus fort de la course sur deux tableaux, en vertu de ses cinq buts et 14 points, à trois points du premier rang dans la LNH.

Que doit-il faire pour afficher le même niveau de jeu que Crosby ?

« À ce stade-ci-, il a probablement juste besoin de jouer », a fait remarquer l'attaquant Mark Letestu, qui a joué avec Crosby à Pittsburgh et s'aligne aux côtés de McDavid à Edmonton. « Il a des habiletés qui font de lui un joueur de niveau élite, tout comme son coup de patin. S'il reste en santé et qu'il joue, il va réussir plusieurs des choses que les gens le croient capable de faire. »

La détermination qu'affiche McDavid ressemble beaucoup à celle de Crosby. Il a travaillé sur certains des mêmes aspects du jeu que Crosby l'avait fait à ses premières années comme joueur de centre dans la LNH, comme les mises en jeu, le jeu défensif et comment composer avec les équipes de Ligue qui cherchent à le freiner.

Lisez bien ce que l'entraîneur des Canadiens de Montréal Michel Therrien a à dire sur Crosby, qu'il a dirigé en début de carrière : « Il veut s'améliorer dans tous les aspects du jeu. C'est ce dont je me souviens. Il passait beaucoup de temps sur la patinoire. Ses habitudes de travail étaient extraordinaires. Il ne voulait jamais prendre une journée de congé. Il avait une attitude formidable. »

Maintenant, voyez comment l'entraîneur des Oilers Todd McLellan décrit McDavid: « Il veut améliorer son jeu partout. »

Le comportement de McDavid ressemble beaucoup à celui de Crosby. Il a peut-être même plus de maturité que Crosby au même âge, ou du moins semble-t-il plus stoïque lors des moments émotifs qu'il vit sur la glace. Il est devenu capitaine des Oilers à l'âge de 19 ans et 266 jours, devenant ainsi le plus jeune capitaine dans l'histoire de la LNH. Crosby a obtenu le 'C' chez les Penguins à 19 ans et 297 jours et il était le plus jeune à recevoir ce titre à l'époque.

Lisez ce que Therrien a à dire sur Crosby, le meneur : « Je crois qu'il a appris à être un meneur, même s'il a été capitaine à un jeune âge. Il a travaillé là-dessus. Il ne lui a pas fallu beaucoup de temps pour obtenir le respect de tout le monde à travers la Ligue. Tu finis par obtenir le respect de tes pairs dans la LNH en raison de tes performances et de la façon dont tu joues au hockey. »

Maintenez, prêtez attention à McLellan, qui a dirigé l'équipe canadienne qui alignait Crosby au poste de capitaine au Championnat du monde 2015 de la FIHG : « Quand ils entrent dans un vestiaire, ils ont une présence qui est très positive ; pas une présence intimidante, mais très positive. Et une fois l'uniforme enfilé, ils jouent pour vrai, ils cherchent à rivaliser à chaque présence, à chaque match. Et ce n'est pas seulement dans les matchs ; on le voit aussi à l'entraînement et dans leur préparation. Je vois beaucoup de similitudes. »

McDavid ressemble à Crosby d'une autre façon, soit en affichant un don qu'ont seulement les plus grands joueurs : les Oilers ont commencé à s'améliorer à son arrivée, comme les Penguins l'ont fait quand Crosby s'est amené. Les Oilers ont pris le 29e rang dans la LNH, l'hiver dernier, alors qu'ils sont présentement en tête du classement de la section Pacifique avec une fiche de 9-3-1. Les Penguins ont pris la 29e place dans la Ligue quand Crosby a disputé sa première campagne dans la Ligue ; ils ont participé aux séries éliminatoires à sa deuxième saison.

« Ils ont tous deux la capacité de rendre meilleurs tous les joueurs dans leur équipe, a noté Letestu. Ils cherchent sans cesse à repousser leurs limites, que ce soit à l'entraînement ou dans les matchs. Leurs standards, leurs attentes ne cessent d'augmenter au fur et à mesure qu'ils arrivent à en faire plus. »

Ça va effectivement être pas mal 'cool', mardi. Mais ça va l'être tout autant par la suite.

Arpon Basu a participé à ce reportage.

En voir plus