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Bouchard: Les montagnes russes de Pittsburgh

Notre chroniqueur tente d'expliquer pourquoi les doubles champions en titre de la Coupe Stanley offrent un rendement inégal jusqu'ici

par Olivier Bouchard @oli_bou / Chroniqueur LNH.com

Drôle de début de saison pour les Penguins de Pittsburgh. L'équipe est installée dans le groupe des trois clubs qualifiés dans la division Métropolitaine, mais on ne peut regarder cette page du classement sans accrocher sur un aspect pour le moins préoccupant : un différentiel de buts de moins-17.

Il semble que les Penguins se ressentent ces jours-ci de la perte de leur troisième centre attitré, Nick Bonino, et plus généralement de deux conquêtes de la Coupe Stanley qui ont exigé 49 matchs de séries éliminatoires en deux ans. Ces 213 matchs finissent par user les plus résistants et il est donc normal de voir l'équipe connaître un passage à vide en début de saison.

Mais on ne peut pas se limiter à cette seule explication. Phil Kessel, le plus potelé des hommes de fer de la LNH, qui n'a pas manqué un match depuis le début de la saison 2010-11, est ces jours-ci le meilleur pointeur de l'équipe. Ses 24 points en 20 matchs, il faut le dire, sont en partie le fruit d'un travail remarquable comme fabricant de jeux sur la première unité d'avantage numérique, où il a obtenu 10 mentions d'aides.

Mais Kessel tire aussi son épingle du jeu à forces égales grâce à une association plus fréquente que jamais au grand Evgeni Malkin. Ces deux-là ont jusqu'ici été réunis pour un peu plus de 180 minutes de jeu à 5-contre-5 (sur un total de 250 pour chaque joueur).

Cette poussée offensive de Malkin et Kessel est plus que bienvenue, parce qu'elle compense le manque relatif de production de Sidney Crosby. Il est inhabituel de voir ce dernier traîner une fiche de seulement 15 points en 20 matchs, seulement 1,2 point par heure jouée à 5-contre-5. Corsica.Hockey nous rappelle que Crosby, depuis cinq ans, obtient habituellement 2,5 points par heure jouée dans cette situation. Le problème vient en partie du fait que l'équipe ne convertit présentement que 3,5 pour cent de ses tirs en buts en présence du numéro 87, un taux qui se tient à 8,5 pour cent depuis cinq ans.

En théorie, la production offensive du Kid est encore au rendez-vous : trois buts attendus par heure jouée en sa présence à 5-contre-5, un taux similaire à sa moyenne de 2,9 depuis cinq ans. Mais c'est en défensive que Crosby accuse le coup. Alors qu'il accorde en moyenne 2,2 buts attendus à l'adversaire depuis cinq ans, il est cette saison au-delà des trois buts attendus. Que se passe-t-il?

Il semble que Crosby fasse ces jours-ci les frais de l'absence d'un véritable remplaçant à Nick Bonino. D'une part, il est celui qui joue le plus souvent contre les meilleurs adversaires groupés ensemble, 71 pour cent de son temps de jeu étant disputé contre quatre ou cinq membres des six meilleurs attaquants et trois meilleurs défenseurs adverses. C'est significativement plus que pour Malkin (51 pour cent) et Kessel (48 pour cent).

Les troisièmes centres de l'équipe, tour à tour Riley Sheehan et Greg McKegg, n'ont jamais vraiment dépassé la marque de 20 pour cent, et encore ils doivent ces scores à leurs présences épisodiques aux côtés de Malkin pour les situations défensives.

Crosby, donc, a besoin de renfort. Il est plus que probable que, d'ici la date limite des transactions, Pittsburgh cherche à obtenir un troisième centre défensif pour enlever un peu de pression à son capitaine. D'ici là, il faut simplement tenir le coup au classement. Le but est évidemment d'aller chercher une place en série, peu importe la position finale du club à l'intérieur des huit formations qualifiées.

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