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Bouchard : Jordie Benn tente sa chance

Notre chroniqueur explique que le défenseur des Canadiens a graduellement fait sa place dans le top-4

par Olivier Bouchard @oli_bou / Chroniqueur LNH.com

Après des années à vivre dans l'ombre de son frère, Jordie Benn est en train de se faire un nom. L'administration des Canadiens de Montréal a décidé, en début de saison, de remplacer Andrei Markov par un « comité » et, jusqu'à présent, Benn est celui qui a su profiter de l'ouverture.

On le constate d'emblée lorsqu'on regarde quel genre de responsabilités on lui a confiées. Le graphique ci-dessous exprime en pourcentage le coefficient d'adversité du temps de jeu confié à un joueur donné. Un joueur qui a joué plus souvent qu'à son tour contre les meilleurs éléments adverses affichera un taux d'adversité supérieur à 100 pour cent et inversement pour un joueur protégé. Benn est clairement protégé en début de saison, mais voit ensuite son degré d'adversité rapidement.

Ce graphique illustre bien, au passage, comment on a cherché à s'adapter à cette blessure qui a fini par avoir raison de Shea Weber. Subie, semble-t-il, au premier match de la saison, elle n'a pas empêché le numéro 6 d'accaparer au départ une charge de travail colossale. Mais alors que les séquelles s'accumulaient, on a de plus en plus séparé les tâches équitablement au sein du top-4, auquel Benn s'est graduellement intégré.

Video: STL@MTL : Benn bat Allen d'un retentissant tir frappé

Parce que Weber a été blessé et parce que Victor Mete a, surtout au mois d'octobre, occupé une place de choix dans le top-4, Benn, qui peut jouer à gauche comme à droite, a dû se tailler un poste graduellement. Son arrivée dans les minutes dures s'est faite principalement en compagnie de trois coéquipiers, d'abord Karl Alzner et Joe Morrow, Weber ensuite. Lorsqu'il joue avec un de ces trois défenseurs, Benn est clairement appelé à travailler plus souvent contre les meilleurs éléments adverses.

 

Les résultats ont fortement varié selon les circonstances. Je signale tout d'abord que, selon ma propre collecte d'information, les Canadiens ont jusqu'à présent, à 5-contre-5, obtenu et cédé un nombre quasi égal de chances de marquer : 428 chances obtenues contre 435, un taux de 49,2 pour cent.

Lorsqu'on l'envoie dans des minutes plus protégées, Benn a fort bien fait. Dans les minutes « dures », c'était pas mal moins évident sitôt qu'on le séparait de Weber.

 

Dans le cas de Morrow comme dans celui d'Alzner, ces résultats ont ceci de particulier que la part des tirs obtenus par ces duos défensifs est, somme toute, raisonnable : 48 pour cent avec Alzner, 50 pour cent avec Morrow.

Mais 33 pour cent des tirs accordés par Benn avec Morrow ou Alzner étaient des chances de marquer, taux qui passe à 26 pour cent avec Weber, alors qu'à l'échelle de l'équipe, ce sont 28 pour cent des tirs accordés qui sont des chances de marquer.

Ce constat est en partie flatteur pour Benn : il nous indique que le gros numéro 8, jumelé à Weber, est particulièrement efficace pour repousser les meilleurs éléments adverses à l'extérieur de l'enclave.

Mais ces données nous révèlent aussi pourquoi Benn n'a pas jusqu'ici été considéré comme un défenseur top-4 de plein droit : sans un coéquipier de premier plan comme Weber, sa contribution défensive s'effondre. Il va donc être particulièrement important de surveiller ce que Benn sera capable de faire avec celui qui remplacera Weber à ses côtés pour les deux prochaines semaines, David Schlemko. Ce dernier est lui aussi un joueur qu'on a traditionnellement étiqueté « troisième paire ». Sachant que ce n'est pas Jakub Jerabek, Joe Morrow ou encore Brett Lernout qui vont prendre la relève en l'absence de Weber, Benn et Schlemko ont maintenant à démontrer qu'on les a jusqu'ici sous-estimés. Vaste programme.

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