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Un dynamisme et un entrain contagieux

Alexander Radulov a un effet positif chez les Canadiens

par Arpon Basu @ArponBasu / Directeur du contenu éditorial LNH.com

MONTREAL - L'ailier Alexander Radulov a raté deux matchs la semaine dernière parce qu'il était malade et, tout à coup, on aurait dit que les Canadiens de Montréal n'étaient pas la même équipe.

Son dynamisme contagieux manquait au groupe, à l'instar de son échec-avant soutenu, de ses replis mordants et de son incommensurable joie de jouer au hockey dans la meilleure ligue au monde, après une absence de quatre ans passée dans la Kontinental Hockey League (KHL).

Les Canadiens, qui trônent au sommet de la LNH avec un dossier de 14-3-2, ont perdu les deux matchs que Radulov a été contraints de manquer : 4-3 en prolongation contre les Panthers de la Floride, mardi, et 3-2 face aux Hurricanes de la Caroline à Raleigh, vendredi.

À son retour au jeu samedi, il a fourni deux passes dans le gain de 2-1 acquis contre les Maple Leafs de Toronto.

À l'issue de la soirée, on parlait principalement de « l'effet Radulov » dans l'entourage de l'équipe.

Cet effet qui se traduit avant tout par les 16 points qu'il a amassés en 17 matchs, avant la visite des Sénateurs d'Ottawa au Centre Bell, mardi (19h30 HE; RDS2, SNE, TSN5, NHL.TV). Mais ça ne s'arrête pas là. Loin de là.

« Chacun d'entre nous connaissons des personnes qui regorgent d'entrain. Elle propage autour d'eux leur attitude positive et enjouée, et c'est contagieux », avance le défenseur Shea Weber qui connaît Radulov mieux que quiconque parce qu'ils ont évolué ensemble chez les Predators de Nashville. « J'estime que les gars se nourrissent de ça.

« Ce n'est pas de la comédie. Il est comme ça. »

Au moment où les Canadiens lui ont accordé le 1er juillet un contrat d'un an, se chiffrant à 5,75 millions$, ce n'est pas « l'effet Radulov » auquel pensaient les gens.

Le directeur général Marc Bergevin a insisté pour dire qu'il avait fait ses devoirs avant de tendre une offre contractuelle à Radulov, âgé de 30 ans.

Il devait s'assurer que les frasques que le Russe a faites au cours de son dernier passage dans la LNH étaient de l'histoire ancienne. Radulov s'était attiré les foudres des Predators parce qu'il avait raté un couvre-feu pendant les séries éliminatoires 2012 de la Coupe Stanley. On l'avait suspendu pour deux matchs.

Jusqu'à maintenant, les craintes de tout le monde, incluant celles de Bergevin, ne peuvent pas être davantage non fondées.

« Nous savions au sujet de son niveau d'énergie, évoque Bergevin, mais c'est hors norme. »

L'attitude de Radulov n'a absolument pas été une source de problèmes pour le Tricolore. Au contraire, elle représente possiblement son plus grand atout.

Samedi, l'entraîneur des Canadiens Michel Therrien a relevé combien Radulov adore se présenter au travail, que ce soit pour une séance d'entraînement, un match ou même une réunion d'équipe.

« Il y en a qui apprécie l'école, d'autres non, a dit Therrien, lundi. Lui, il aime tout. Il aime les cours et les examens. Il aime travailler pour se préparer pour les examens. »

Comment Therrien peut-il dire que Radulov est un étudiant modèle? Est-ce qu'il s'assoit à l'avant? Pose-t-il beaucoup de questions?

« Les yeux, a-t-il répondu. Les yeux disent tout. »

Les habitudes de travail en disent également long. On peut le constater après chacune des séances d'entraînement de l'équipe, quand l'adjoint à l'entraîneur Jean-Jacques Daigneault regroupe les défenseurs afin de peaufiner leur tir frappé. Radulov se greffe à eux à toutes les fois, sans exception.

Une fois, les défenseurs étaient positionnés du côté gauche et ils acceptaient les relais de Daigneault avant de dégainer.

Radulov voulait participer à l'exercice. Il le voulait à tout prix.

À toutes les fois que Daigneault faisait une passe vers un défenseur, Radulov se repositionnait afin d'être prêt à recevoir la passe suivante, la palette de son bâton déposée sur la glace.

Après cinq ou six fois sans recevoir la rondelle, Radulov a commencé à taper le bâton sur la glace. Il voulait tirer au but, comme un gamin qui veut prendre part à une pratique de l'équipe de son frère aîné, mais qu'on ignore tout simplement.

Le défenseur Jeff Petry s'est esclaffé quand on lui a relaté la scène plusieurs jours plus tard.

« Ouais, il est pas mal tout le temps avec nous, a-t-il mentionné. Mais c'est un exercice pour nous les défenseurs. Il (Daigneault) ne passe jamais la rondelle aux attaquants. Je ne crois pas qu'il (Radulov) a compris ça encore. »

Ou peut-être qu'il s'en fout. Il se pointerait quand même, peu importe, patientant pour avoir son tour pour décocher un tir au but.

« C'est le moment de s'améliorer », souligne Radulov au sujet de son implication dans les séances d'entraînements. « Dans un match, vous devez tout donner ce que vous avez. Dans les entraînements, vous pouvez travailler sur des aspects que vous voulez améliorer et c'est ce que je tente de faire. »

Radulov aborde les séances d'entraînement comme les matchs et l'intensité qu'il déploie est très remarquable quand ça compte réellement.

Quand il est en possession de la rondelle en zone offensive, surveillez les défenseurs qui tentent de la lui enlever. Ils sont tout simplement incapables.

Il est passé maître dans l'art de protéger la rondelle dans des espaces restreints afin de créer des occasions de marquer pour ses coéquipiers ou encore pour lui-même.

Le jeune joueur de centre Alex Galchenyuk bénéficie grandement des qualités de Radulov. Galchenyuk, qui a amassé 12 de ses 19 points cette saison avec lui à ses côtés.

« Les jeux qu'il exécute à haute vitesse, c'est exceptionnel, note Galchenyuk. Il le fait à tous les matchs. »

 

Le capitaine des Canadiens Max Pacioretty estime que le brio de Radulov en protection de rondelle découle de l'expérience qu'il a acquise sur les plus grandes surfaces de jeu d'Europe, en jouant dans la KHL. Pacioretty ajoute qu'il a appris en le voyant à l'œuvre cette saison.

« Quand vous le voyez se donner du temps et se créer de l'espace comme il réussit à le faire, vous constatez qu'il y a peut-être plus de temps que vous le croyez pour tenter des jeux, analyse-t-il. On ne dirait peut-être pas que c'est le cas, mais si vous parvenez à résister au premier contact physique, vous mettez alors les rivaux dans une position vulnérable en défense et vous augmentez vos chances de faire un jeu.

« Il est le meilleur que j'ai vu à l'œuvre dans cet aspect du jeu. »

Ajoutez à ça de formidables habitudes de travail et vous avez là un élément qui a manqué aux Canadiens au cours des dernières saisons, soit un véritable attaquant de puissance capable de détourner l'attention de la défense adverse de Pacioretty, conférant à Therrien une autre redoutable arme à l'attaque sur les flancs.

Les bonnes habitudes de travail de Radulov, malgré la réputation hors glace qu'il traînait, n'ont jamais été contestées, comme le confirme Weber.

« Il a toujours travaillé fort, il a toujours voulu bien faire les choses, a indiqué Weber. Il veut gagner. Quand il perd la rondelle, il va tenter très fort de la reprendre. Il a toujours été comme ça.

« Peut-être qu'on le remarque davantage maintenant. »

On le remarque parce que Radulov fait en sorte que c'est impossible à ignorer. De cette façon, il se fait un nom dans la meilleure ligue de la planète qui soit.

 

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