Skip to main content
The Official Site of the Canadiens de Montréal

Vers la LNH: Lars Eller

par Staff Writer / Montréal Canadiens

MONTRÉAL – Six années d’apprentissage sous la tutelle du légendaire entraîneur finlandais Heikki Karvinen ont certainement aidé Lars Eller à long terme.

Karvinen, un instructeur de hockey reconnu mondialement établi au Danemark, a entraîné de nombreux jeunes patineurs au Rodovre Skating and Ice Hockey Club depuis 1980. Parmi eux : Eller, Mikkel Boedker et Jannik Hensen, qui ont atteint les plus hauts niveaux du monde du hockey.

« C’est lui qui m’a montré comment patiner et manier un bâton. Tout ce que je sais provient de ses instructions. Nous avions des entraînements de 50 minutes et notre temps sur la patinoire était compté puisque tellement d’équipes devaientt partager une seule glace. Trente minutes de ce temps étaient consacrées aux techniques de patinage. Dans d’autres séances nous pratiquions uniquement le maniement de la rondelle, comment ramener la rondelle vers nos pieds et comment exploiter notre créativité. C’est ce qui a probablement eu le plus gros impact sur le type de joueur que je suis aujourd’hui », indique Eller, qui a été le protégé de Karvinen de neuf à 15 ans, juste avant de quitter la formation de sa ville natale pour se joindre au programme de l’équipe de Frolunda, en Suède, en 2005-2006.

« Il nous enseignait et nous dirigeait, mais tout en gardant une approche amusante. J’ai appris de lui des leçons inestimables que j’utiliserai durant toute ma carrière. La façon qu’il enseignait était comme un mélange de ‘power skating’ et de patinage artistique. C’était très, très technique et l’emphase était mise sur l’équilibre, comment glisser sur la glace et comment jouer sur le bout de nos patins. C’était des habiletés pures », ajoute Eller, qui prenait part habituellement à trois ou quatre séances d’habiletés chaque semaine. « C’était probablement différent de ce qu’apprenaient les jeunes en Amérique du Nord, mais ça l’a eu un énorme impact sur ma carrière. Ces outils sont toujours restés avec moi depuis cette époque. »

Selon Karvinen, Eller était un élève modèle, qui démontrait un talent naturel et une passion remarquable pour le hockey très tôt dans leur relation de travail.

« Dès le début, Lars voulait pratiquer [ses habiletés]. Il adorait être à l’aréna. Il ratait même des cours à l’école durant six mois pour être aux entraînements, sans que ses parents ne le sachent. Il se démarquait du restant du groupe sur la glace. Il était un des meilleurs parce qu’il voulait non seulement devenir un meilleur joueur d’équipe, mais également sur l’aspect individuel. Il aimait toujours travailler sur les petits détails », indique Karvinen, de qui les enfants ont également bâti de solides carrières dans le monde du hockey, Jannik avec les Mighty Bulls de Rodovre et Michelle à l’Université du Dakota du Nord avec l’équipe nationale féminine de Finlande. « En gros, Lars n’a jamais eu un mauvais entraînement. Pour être honnête, il n’a jamais connu un mauvais match. En plus d’être un bon patineur, il avait de bonnes mains, une bonne vision du jeu et il savait comment se placer pour effectuer une bonne passe. Tous les signes pour qu’il connaisse du succès étaient là. »

Le fait qu’il y avait d’autres joueurs très talentueux dans la catégorie d’âge d’Eller ne l’a pas nui non plus. Cela n’a fait que créer des opportunités pour d’agrandir son arsenal durant les séances d’entrainement de même que durant les matchs.

« Lars a été chanceux dans sa catégorie. Il était un de nos meilleurs. Il était dans une équipe en compagnie de Michelle et de Boedker et ils jouaient tous ensemble sur notre premier trio. Lorsqu’ils étaient sur la glace, vous voyiez que Lars possédait le potentiel d’aller loin », mentionne Karvinen, qui fait toujours un effort pour voir Eller à l’œuvre, allumant sa télévision au milieu de la nuit pour regarder des matchs. « Il a su profiter au maximum de ses gênes. Son père [Olaf] jouait au hockey tout comme son frère [Mads] de nos jours. Son demi-frère [Michael Smidt] évoluait à Rodovre aussi. Tout le monde dans sa famille a pratiqué un sport à un très haut niveau. C’est dans son sang. »

Au cours des dernières années, Karvinen a particulièrement été impressionné par le jeu d’Eller sans la rondelle. Surtout que le jeu défensif n’était pas vraiment quelque chose qu’on lui avait appris dans sa jeunesse.

« C’était un des problèmes principaux à Rodovre. L’emphase était mise sur l’offensive et marquer des buts. Nous étions tellement bons comparativement aux autres équipes que notre jeu défensif n’était pas une priorité. C’est pour cela que c’est tout un accomplissement pour Lars. Il a commencé à le faire avec les Canadiens et il est devenu un excellent joueur dans les deux sens de la glace », louange Karvinen, qui croit que les succès qu’ont connus Eller et ses compatriotes en Amérique du Nord ont inspiré les jeunes de leur pays d’origine. « Lars n’était peut-être pas un enfant très expressif et il n’était pas le plus vocal dans le vestiaire, mais il aimait toujours apprendre. Il l’a plutôt démontré sur la patinoire. Tout le crédit lui revient puisqu’il a appris à être responsable défensivement en jouant au centre dans la LNH. »

Il va sans dire, le professeur de carrière soutire encore beaucoup de fierté en voyant que les efforts d’Eller sont récompensés au Québec.

« S’il y a une chose que je tente de faire comprendre à mes joueurs est que la seule raison qui leur permettrait de manquer un entraînement serait qu’il devrait aller à leur propre funérailles. Si vous souhaitez être le meilleur, vous devez travailler sans relâche à tous les jours. Lars l’a bien compris à un très jeune âge », conclut Karvinen, qui de nos jours continue de partager son savoir aux jeunes de Rodovre. « Il a peut-être raté des cours à l’école, mais il ne sortait pas tard le soir et ne perdait pas son temps ailleurs. Il allait aux entraînements et tentait d’atteindre son rêve. Je suis très fier de voir que ce que je lui ai appris l’a aidé à se rendre où il est. »

Matt Cudzinowski écrit pour canadiens.com. Texte traduit par Hugo Fontaine.

VOIR AUSSI
Succès sur toute la ligne 
Bob Fillion s'éteint à l'âge de 95 ans 
De plus en plus près 
De retour en ville 

En voir plus