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Toujours en forme

par Staff Writer / Montréal Canadiens

MONTRÉAL – La vie après la LNH se déroule à merveille pour Cristobal Huet.

Près de six années se sont écoulées depuis que le gardien, aujourd’hui âgé de 40 ans, a été prêté au HC Fribourg-Gottéron de la Ligue élite de Suisse par les Blackhawks de Chicago en septembre en 2010, et Huet et sa famille ont élu domicile au pays d’Europe centrale depuis.

Cristobal Huet a fait une petite visite du Centre Bell lors d'un récent passage à Montréal, accompagné de ses garçons Ewan (à gauche) et Ayden (à droite).

Depuis quatre saisons, Huet porte les couleurs de Lausanne HC, l’une des franchises les plus anciennes de la Suisse. Il habite le village Villars-sur-Ollon avec sa femme, Corine, et ses fils Ewan et Ayden, âgés de 11 et 7 ans. Les deux jeunes ont suivi les traces de leur père, vétéran de huit saisons dans la LNH et champion de la coupe Stanley à une reprise, qui, encore aujourd’hui, continue de jouer à un niveau très élevé.

« On vit très bien en Suisse. Depuis que j’ai quitté l’Amérique du Nord, je fais partie d’une très bonne ligue et je peux continuer à jouer de façon compétitive. Ma famille a la chance de pouvoir venir me voir jouer. C’est parfait. C’est vraiment super de pouvoir passer autant de temps avec eux », a laissé savoir Huet lors d’une récente visite à Montréal, sa première depuis qu’il a affronté les Canadiens dans l’uniforme des Blackhawks, le 31 mars 2009. « C’était tout un changement d’être à la maison à tous les soirs – voyager n’est pas un problème ici. Le plus gros voyage est environ quatre heures. Pour Ewan et Ayden, je suis certain que c’est un luxe que leur père puisse les amener à l’école à tous les matins et qu’il les voit jouer au hockey. C’est vraiment bien. »

Alors qu’Ewan tient à rester devant le filet, Ayden n’est pas encore convaincu qu’il s’agit du rôle qui lui convient. Les deux portent les couleurs du club de hockey Villars. La saison dernière, Ewan a été gardien pour plusieurs équipes du club, dont les Minis A, les Mosquitos B et les Piccolos, et a aussi travaillé avec les Juniors de Lausanne. Pour sa part, Ayden a joué pour les Bambinis.

« C’est plaisant, mais stressant aussi, d’être père d’un joueur de hockey. Je dois dire que j’ai gagné beaucoup de respect pour ma mère et mon père depuis. Je me suis rendu compte assez rapidement de ce que ça représentait. Tant et aussi longtemps qu’ils voudront jouer, je les soutiendrai dans leurs choix. C’est beau de les voir s’amuser sur la glace », a affirmé Huet, qui embarque sur la glace avec le Villars HC lorsque son horaire lui permet d’aider ses fils à s’entraîner avec quelques autres gardiens du système.

« Honnêtement, je ne croyais pas que je serais aussi émotif la première fois que j’allais les voir porter un équipement de gardien. C’était un moment très émotif. Il a fallu un peu de temps avant que je m’y habitue. Maintenant, j’essaie de leur apprendre l’importance de bien patiner et de battre la passe. À cet âge, ils doivent s’amuser lorsqu’ils jouent. Ils me voient jouer et regardent beaucoup de jeux de la LNH pour apprendre », a ajouté Huet, un ancien choix de septième ronde des Kings de Los Angeles au repêchage amateur de la LNH en 2001.

En fait, c’est le hockey qui a ramené Huet au Canada cette fois. Ewan était gardien pour une équipe de Nice, en France, qui participait à un échange avec des équipes Atôme et Pee-Wee de Chateauguay et Gatineau. Vingt-quatre jeunes Français ont eu la chance de participer à des matchs amicaux dans les deux villes lors du voyage de six jours. Ils ont également visité les coulisses du Centre Bell, ce qui a rappelé plusieurs bons souvenirs à Huet. Un souvenir en particulier se démarquait du lot.

Huet était à Montréal dans le cadre d'un échange culturel entre des équipes de hockey de Nice, en France, de Gatineau et de Chateauguay.

« C’était probablement le match contre les Rangers de New York, alors que nous tirions de l’arrière 5 à 0 et que nous avons réussi à l’emporter par la marque de 6 à 5 en tirs de barrage. Je n’avais pas obtenu le départ à la base, donc c’était encore plus inattendu. Quand nous sommes arrivés aux tirs de barrage, tout ce que je me disais, c’était "n’échappe pas celle-là ". » Je me souviens d’avoir effectué l’arrêt face à [Jaromir] Jagr sur le dernier tir. D’avoir effectué la remontée pour finir par perdre nous aurait laissé un goût amer, donc j’étais très heureux que nous puissions l’emporter », se souvient Huet, qui avait pris le relais de Carey Price, ce dernier ayant alloué trois buts sur 11 tirs lors du fameux match du 19 février 2008.

Cette soirée-là, Huet avait arrêté 20 des 22 tirs des Rangers en temps réglementaire et durant la période de prolongation. Par la suite, il a stoppé Brendan Shanahan, Chris Drury et Jagr en tirs de barrage pour compléter la plus grande remontée de l’histoire de l’équipe, avec l’aide du but gagnant de Saku Koivu en fusillade, inscrit contre Henrik Lundqvist.

« J’ai plusieurs bons souvenirs de mon temps à Montréal, surtout le sentiment de jouer pour le logo. Je me pinçais constamment lorsque j’étais ici, et le fait que ça se soit bien passé pour moi après quelques blessures était vraiment bien. J’adorais la ville. C’était probablement trois de mes meilleures années dans la LNH et en Amérique du Nord. Je jouais sans pression, et j’essayais de disputer chaque rencontre comme s’il s’agissait de ma dernière », affirme Huet, qui a quitté Montréal avec une fiche de 58-39-13, un pourcentage d’arrêts de 0,920, une moyenne de buts alloués de 2,53 et 11 jeux blancs en 117 rencontres.

La passion d’Huet pour le hockey n’a jamais diminué d’une saison à l’autre. Non seulement ses coéquipiers à Lausanne le gardent éveillé, le cerbère a aussi apporté quelques modifications à son style de jeu pour s’assurer de pouvoir faire face aux exigences qui viennent avec un poste de gardien numéro un.

« J’aime encore être dans le vestiaire avec les gars et jouer. Nous avons beaucoup de plaisir ensemble. Tout le monde a une bonne attitude, et personne n’a peur de m’agacer à propos de mon âge. Je suis plus un leader maintenant, je crois, je suis plus extraverti. Ça me va. Tant et aussi longtemps que je joue bien et que j’aime encore ça, je continuerai à jouer », a admis Huet, qui donne énormément de crédit au gourou des gardiens, Sébastien Beaulieu, qui l’a aidé à apporter plusieurs changements techniques à son jeu, des changements qui ont payé. « Ces jours-ci, je joue plus un style d’économie d’énergie. J’ai 40 ans. À cet âge, il faut penser différemment, simplifier les choses. J’ai assez d’expérience pour jouer de cette manière. J’en ai plein les bras, mais je suis capable d’en prendre. »

Huet revêtit présentement les couleurs de la France au Championnat du monde de hockey pour la sixième année consécutive et la 12e fois de sa carrière, depuis la création du tournoi en 1997. Jouer pour les Bleus a toujours eu une grande importance pour celui qui a participé aux Jeux olympiques à deux reprises.

« Je joue sur la scène internationale depuis longtemps maintenant. Je recharge mes batteries pour le Championnat du monde. On voit bien le progrès de la France avec tous les jeunes qui jouent. Il y a deux ans, nous avions atteint les quarts de finale, ce qui était énorme pour nous. Maintenant, de nous présenter à chaque match avec l’idée que nous pouvons gagner, c’est super. Je suis heureux de faire partie de cette équipe. J’espère que nous continuerons à nous améliorer une fois que je me retirerai », a dit Huet, qui a déjà hâte à l’édition 2017 du Championnat, qui se déroulera à Paris et à Cologne (Allemagne) en mai prochain. « Paris est le meilleur endroit pour faire grandir notre sport en France. Ce sera très spécial d’accueillir certains des meilleurs joueurs au monde en France pour qu’ils jouent devant nos partisans. »

À la fin du mois de juillet, Huet participera à la deuxième édition de l’École de hockey des Canadiens en Suisse pour partager ses connaissances du sport avec des jeunes. Le Complexe sportif de Leysin accueillera 200 participants durant les sessions de deux semaines, qui incluront des instructions sur la glace et hors glace menées par le gagnant de la coupe Stanley Gaston Gingras.

Huet a eu la chance de revoir certains de ses anciens coéquipiers, Carey Price et Andrei Markov, lors d'une visite au Complexe sportif Bell à Brossard.

« J’ai participé à un camp pour gardiens à cet endroit quand j’avais 22 ans. Ma femme vient de Leysin. C’est là que nous nous sommes rencontrés, à l’aréna. Je suis très familier avec l’endroit », a raconté Huet, qui croit dur comme fer aux efforts mis en place par les Canadiens pour faire grandir le sport à travers le monde. « Je crois que ce sera encore une fois un succès cette année. Lorsque tu mélanges le hockey et le chandail des Canadiens, il ne peut qu’y avoir du succès. »

Encore aujourd’hui, impossible de douter de la passion qui habite Huet pour le sport qui lui a tant amené, à lui et à sa famille.

« Ma vie dans le monde du hockey a été tellement plus que tout ce que j’imaginais. J’ai grandi en espérant pouvoir jouer pour mon équipe locale, à Grenoble. Après ça, les choses continuaient à avancer. J’y suis allé étape par étape », affirme Huet, qui a joué 272 matchs dans la LNH entre 2002 et 2010. « Je ne m’attendais pas à autant, mais en fin de compte, c’était génial. Je suis incroyablement reconnaissant pour tout ce qui m’est arrivé. »

Matt Cudzinowski écrit pour canadiens.com. Texte traduit par Élise Robillard.

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