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Site officiel des Canadiens de Montréal

L’expérience parle

par Staff Writer / Montréal Canadiens

MONTRÉAL – Lorsqu’Ian Gallagher parle du style de jeu pour lequel son fils Brendan est reconnu, il insiste toujours sur la même chose.

« Son style de jeu n’a rien à voir avec la façon dont nous l’avons élevé. C’est l’identité même de Brendan, c’est une chose qui était évidente même lorsqu’il était jeune. Son habileté à intégrer des équipes dépendait toujours de s’il allait pouvoir jouer à sa manière ou non », a affirmé M. Gallagher, longtemps entraîneur physique pour les Giants de Vancouver dans la WHL, où Brendan a battu des records de franchise durant son passage de quatre ans avec l’équipe entre 2008 et 2012. « C’est quelque chose qui lui a permis de connaitre du succès. C’est quelque chose de naturel. Ce n’est pas trompeur. Il est comme ça. Je ne crois pas que ça changera. Ça ne vient pas de ses parents, ça, je peux vous le dire. »

Ian a accompagné Brendan lors du voyage père-fils des Canadiens à Pittsburgh en novembre dernier, le voyant marquer lors d'une défaite de 4 à 3 en tirs de barrage face aux Penguins.

Cela étant dit, Ian a beaucoup aidé le numéro 11 des Canadiens à développer un état d’esprit qui a joué un rôle important lorsqu’il grimpait les rangs du hockey avant d’atteindre la LNH il y a quatre ans lors de la saison écourtée de 2012-2013.

C’est la même approche qu’Ian a prôné plus récemment lorsque Brendan s’est fracturé deux doigts à la main gauche en novembre dernier. Il a subi une opération et a manqué les 17 matchs suivants avant un retour triomphal lors de la Classique Hivernale.

« C’est important d’avoir des buts à court terme. Si tu commences à jouer au hockey et que ton but est d’atteindre la Ligue nationale de hockey, tu auras bien trop d’obstacles à franchir. Nous avons toujours vu le sport jour après jour, semaine après semaine, mois après mois et année après année. Ultimement, il s’agit d’une série de défis auxquels il faut faire face pour avancer », d’affirmer M. Gallagher, dont l’expérience professionnelle inclut 15 ans d’enseignement dans la commission scolaire d’Edmonton, près de 30 ans à entraîner personnellement des athlètes amateurs et professionnels, en plus de diriger l’Académie de hockey Delta en Colombie-Britannique depuis sa création en 2004.

« Garder des objectifs à court terme est le meilleur conseil que je puisse donner. Aime l’équipe pour laquelle tu joues, relèves les défis devant toi et ne t’en fais pas pour l’avenir. C’est en grande partie hors de ton contrôle », a ajouté M. Gallagher qui, tout comme la mère physiothérapeute de Brendan, Della, a joué un rôle important dans la guérison de l’attaquant avant l’affrontement du Nouvel An face aux Bruins de Boston.

Il s’agit d’un des nombreux conseils qu’Ian a donnés à son fils, récemment médaillé d’or avec le Canada lors du Championnat mondial de hockey en Russie, alors qu’il débutait sa carrière. Alors que Brendan était inquiet à propos de sa taille dans un sport dominé par des hommes plus grands, Ian a mis l’accent sur les avantages d’être plus petit dans le hockey.

« Il y a des avantages à mesurer 6-pieds-5, mais il y a aussi des désavantages. J’ai convaincu Brendan que sa grandeur était un avantage pour lui. Il allait toujours être un petit joueur. Cette grandeur lui donnerait des forces, un pouvoir, une rapidité et plusieurs éléments différents qui, s’ils sont bien travaillés, l’aideraient à atteindre un niveau supérieur. Nous n’avons jamais vu sa taille comme un désavantage, mais plutôt comme un avantage », a souligné M. Gallagher, qui croit qu’un joueur en particulier a influencé Brendan lorsqu’il était jeune. « Ayant grandi en Alberta, nous avons observé les Theoren Fleury de ce monde jouer malgré leur plus petite stature et contribuer de façon importante à leur équipe. C’est un seul exemple d’un joueur plus petit qui a fait une différence. S’il croyait en lui et s’il s’occupait de ses responsabilités à ce niveau, nous croyions que Brendan pouvait atteindre un niveau plus élevé lui aussi. »

Brendan a été nommé l'un des quatre capitaines-adjoints des Canadiens en septembre dernier. Il s'agit d'un rôle dans lequel Brendan continuera de grandir avec le temps, selon Ian.

Par chance, tout a été pour le mieux. Avec les leçons apprises de son père et la présence de certains vétérans dans le vestiaire des Canadiens, Brendan s’est épanoui à Montréal et continue de gagner le respect de ses semblables à travers la ligue et sur la scène internationale. Pour Ian et les Gallagher, il s’agit d’une expérience plus que gratifiante que d’observer un des leurs connaitre ce succès.

« Brendan adore jouer. C’est vraiment beau de voir quelqu’un qui aime autant le sport et tout ce qui s’y rattache. J’ai toujours aimé le voir faire des choses qu’il apprécie. C’est très spécial de le voir aller », d’ajouter M. Gallagher, qui affirme être plutôt calme et réservé en présence d’autres personnes lorsqu’il regarde son fils jouer à la télé, sauf lorsqu’il regarde les matchs en famille. « Pour nous, de le voir prendre de la maturité en tant que joueur et obtenir plus de responsabilités – et même d’aider le développement d'autres joueurs en même temps –, c’est tout ce que j’aurais pu demander. »

Lorsqu’on parle de Brendan, le joueur de hockey, c’est ce qui a le plus capté l’attention d’Ian. Ses meilleurs faits saillants sont une chose, mais de le voir continuer à maitriser les différents aspects du jeu et d’assumer un rôle plus important avec les Canadiens en général est une tout autre chose.

« Il n’y a pas nécessairement un moment qui se démarque dans la carrière de Brendan dans la LNH jusqu’ici, c’est plutôt le cheminement. Lorsqu’il a rejoint les rangs de l’AHL [en 2012-2013], j’ai compris que son gros défi serait d’obtenir une chance de démontrer son savoir-faire au niveau de la LNH. Et puis, après le lock-out, les Canadiens l’ont gardé pour une période d’essai lors de laquelle [l’entraîneur-chef] Michel Therrien a géré son temps de jeu de sorte à lui permettre du succès et à limiter les erreurs. Il utilisait Brendan lors de situations qui lui permettaient d’apprendre, de se développer et de comprendre la LNH », se souvient M. Gallagher, qui a beaucoup d’appréciation pour tout le processus permettant de développer un jeune joueur de hockey en un joueur de la LNH à temps plein.

« Avec le temps, je crois qu’il a réussi à obtenir la confiance de ses entraîneurs dans de plus en plus de scénarios. Une chose qui sera intéressante, c’est de voir à quel point son rôle et ses responsabilités augmenteront et ce que ça voudra dire pour l’équipe. C’est un cheminement très plaisant à suivre jusqu’ici », a ajouté M. Gallagher, faisant référence à la nomination de Brendan comme l’un des quatre adjoints au capitaine en septembre dernier, en compagnie de Tomas Plekanec, Andrei Markov et P.K. Subban, quelques mois seulement après avoir signé une prolongation de contrat de six ans en novembre 2014.

Brendan ne porte pas le « A » depuis très longtemps au niveau de la LNH, mais Ian croit qu’il connait de très bons débuts. Il va sans dire qu’il lui reste encore beaucoup à apprendre en ce qui a trait à son rôle au sein du groupe de leadership dans l’équipe de hockey la plus titrée de l’histoire, ce qui viendra au fil des années.

« En ce qui a trait au leadership, c’est une chose qui est entre lui, ses entraîneurs et ses coéquipiers. C’est une responsabilité continuelle pour n’importe quel joueur qui se voit offrir ce privilège. Bien que Brendan soit très vocal, je crois qu’il est plus un gars d’action qu’un parleur. Les mots, c’est bien et ça peut être très inspirant, mais les actions veulent tout dire », a affirmé M. Gallagher, qui croit que Brendan est mieux placé pour mener par son jeu, une chose qu’il a faite de façon constante bien avant que la lettre A soit brodée sur son chandail. « Je crois qu’il préfère inspirer par sa façon de faire, et s’il peut aider l’équipe de cette façon, la valeur de la lettre sur son chandail sera justifiée. Il se sent responsable pour les résultats de son équipe et veut prendre plaisir à travailler avec ses coéquipiers pour les sensibiliser à cette responsabilité. »

Les deux ont une relation d'amitié aussi forte que leur relation de père et fils ce qui, selon Ian, rend les moments qu'ils passent ensemble encore plus spéciaux.

Bien que Brendan continue à cocher des choses sa liste de réalisations après chaque saison, Ian maintient que son fils ne s’assoira jamais sur ses lauriers. Ce n’est tout simplement pas le style de Brendan. À 24 ans seulement, il a une longue carrière devant lui et la plus grande récompense du hockey à aller chercher. Ian adorerait le voir réussir – tout comme le reste de la Ville de Montréal, bien évidemment.

« Je crois qu’il est encore tôt pour regarder toutes ses réalisations. Lorsque ta carrière prend fin, c’est là que tu peux regarder en arrière et réfléchir à ce que tu as accompli. Dans le cas de Brendan, je crois qu’il doit conserver la même stratégie – continuer à garder des objectifs à court terme, essayer de gagner le prochain match et tout faire pour placer l’équipe en bonne position pour les séries. Quand tu te bats et que l’ennemi est devant toi, tu dois être prêt à tout ce jour-là », conclut M. Gallagher. « Si le plus haut sommet est d’être le meilleur dans ton domaine, soulever la coupe Stanley serait le sommet auquel Brendan aspire – de contribuer à son équipe et de remporter un titre à Montréal. Ce serait une réalisation incroyable. »

Matt Cudzinowski écrit pour canadiens.com. Traduit par Élise Robillard.

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