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Le Tricolore honore ses plus grands directeurs généraux

par Staff Writer / Montréal Canadiens
COMMUNIQUÉ DE PRESSE


MONTRÉAL – Dans le cadre des activités menant au Centenaire de l’équipe, qui sera célébré le 4 décembre 2009, les Canadiens de Montréal rendent hommage à trois des plus grands directeurs généraux de l’histoire de l’équipe en intronisant Tommy Gorman, Frank Selke Sr. et Sam Pollock qui feront désormais partie de « l’Allée des Bâtisseurs » des Canadiens au Centre Bell.

Cette initiative, qui a été inaugurée l’an dernier alors qu’on y a intronisé les sept premiers bâtisseurs, vise à honorer les personnalités qui, par leur contribution et leurs efforts à l’extérieur de la patinoire, ont su faire des Canadiens de Montréal l’organisation la plus victorieuse dans l’histoire de la Ligue nationale de hockey. Aménagée derrière les gradins des sections 104 à 107 du Centre Bell, l’Allée des Bâtisseurs accueillera d’autres figures légendaires de l’histoire de l’équipe d’ici le 100e anniversaire de l’équipe.

Tommy P. Gorman
Directeur général des Canadiens de Montréal de 1940 à 1946

Tommy Gorman
Tommy Gorman était destiné à se démarquer de ses contemporains et c’est à plus d’un égard qu’il y est parvenu. On aurait dit qu’il avait un sens peu commun des affaires, mais c’était surtout un homme intuitif et perspicace. En fait, Gorman était d’abord et avant tout un visionnaire. Bien qu’il n’ait jamais fait carrière comme joueur de hockey, il gravera son nom sur la coupe Stanley sept fois comme entraîneur ou directeur général. Rien ne laissait présager un dénouement de la sorte pour celui avait laissé l’école à l’âge de neuf ans afin d’être page à la Chambre des communes sous l’ère du Premier Ministre Wilfrid Laurier

Adepte de lacrosse, il fait partie de l’équipe canadienne qui remporte la médaille d’or aux Jeux Olympiques de Londres en 1908. Après avoir été journaliste au Ottawa Citizen, il fait ses premiers pas dans le monde du hockey lorsque sa famille se porte acquéreur des Senators d’Ottawa. Entre 1920 et 1923 il dirigera cette franchise vers trois coupes Stanley avant de s’en départir pour diriger la formation des Americans de New York. Mais Gorman nourrit aussi une passion pour les chevaux qui l’amènera au Mexique où il fera fortune à l’hippodrome Agua Caliente.

En 1932, il renoue avec le hockey, cette fois à Chicago, où il remporte la coupe Stanley avant de prendre les rennes des Maroons qu’il mène aux grands honneurs la saison suivante, devenant le seul entraîneur de l’histoire à gagner la coupe Stanley deux années de suite avec deux équipes.

Les Maroons cessent leurs activités en 1938 et Gorman devient directeur commercial du Forum. On lui confie le double mandat de relancer les Canadiens et de remplir un Forum déserté par les spectateurs. Bien servi par son instinct, il nomme Dick Irvin comme entraîneur et mise sur deux hommes qui se révéleront avec les années des légendes de leur sport respectif ; Maurice Richard sur la patinoire et Yvon Robert dans le ring. Gorman avait gagné le pari. Le Forum était plein à craquer et les Canadiens étaient au sommet de la LNH, remportant la coupe Stanley en 1944 et en 1946. Gorman, qui se retire après ce dernier triomphe, est le seul dirigeant de l’histoire à avoir fait partie de quatre équipes gagnantes de la coupe Stanley. Tommy Gorman fut intronisé au Temple de la renommée du hockey à titre posthume en 1963.


Frank J. Selke Sr.
Directeur général des Canadiens de Montréal de 1946 à 1964

Frank Selke
Au cours d’une période s’échelonnant sur trois décennies, Frank Selke fut l’architecte des Canadiens et l’ingénieur du réseau de développement des joueurs qui s’étendait d’un océan à l’autre du pays.

Né le 7 mai 1893 de parents polonais immigrés à Berlin, en Ontario, Selke est encore adolescent quand il fait ses débuts comme gérant avec les Iroquois, une équipe de hockey mineur de la ville, avant de diriger les Union Jacks. Selke, qui travaille comme électricien à l’Université de Toronto, quittera son emploi en 1924 pour se consacrer définitivement à la réorganisation des Marlboros de Toronto qu’il mènera à la coupe Memorial en 1929. Au cours de son association avec les Maple Leafs qui durera plus de 20 ans, il gravera son nom sur la coupe Stanley à trois occasions à titre d’adjoint à Conn Smythe.

Après avoir remis sa démission aux Leafs en mai 1946, il sera engagé par les Canadiens le 26 juillet de la même année. Selke, qui reconnaît l’importance du recrutement, se met résolument à la tâche et embauche un jeune homme du nom de Sam Pollock pour voir au développement des joueurs. Dix ans plus tard, il aura autant de flair en nommant Toe Blake à la succession de Dick Irvin. De plus, Selke entreprend de rénover le Forum pour le rendre plus accueillant et accroître sa rentabilité en haussant la capacité à 13 000 places. Ces revenus supplémentaires sont à la base même du succès du réseau de développement dont il fut le pionnier. À son pinacle, la pépinière de talent mise sur pied par Selke subventionnait 10 000 joueurs répartis parmi 750 équipes de Régina à Halifax. Selke développait plus de joueurs que son équipe n’en avait besoin et vendait les contrats des joueurs aux autres équipes afin de financer son système amateur qui était déjà plus imposant que celui des cinq autres équipes de la LNH réunies. La vision du directeur général des Canadiens s’est traduite par la conquête de la coupe Memorial par des équipes commanditées par les Canadiens, dont les Royals et les Canadiens Juniors.

Travailleur infatigable, Selke avait une grande voracité pour la lecture. C’est sa passion pour la poésie qui donna naissance au célèbre slogan qui orne le vestiaire des Canadiens depuis plus de 50 ans ; « Nos bras meurtris vous tendent le flambeau, À vous de le tenir bien haut » tiré du poème Au Champ d’honneur (In Flanders Field) écrit par le lieutenant-colonel John McCrae en 1915.

Possiblement le plus haut fait d’armes de la carrière de Frank Selke à Montréal fut l’acquisition de Jean Béliveau après avoir réussi à faire modifier le statut de la ligue où Béliveau évoluait avec les As de Québec. Sous Selke, les Canadiens ont pris part à la finale de la coupe Stanley dix années de suite entre 1951 et 1960, sortant vainqueur à six occasions. Il joua un rôle prépondérant dans la fondation du temple de la renommée du hockey où, à juste titre, il fut intronisé en 1960, quatre ans avant sa retraite. Honoré par la LNH qui instaura un trophée à son nom, Frank Selke est décédé le 3 juillet 1985 à l’âge de 92 ans.

Sam Pollock
Directeur général des Canadiens de Montréal de 1964 à 1978

Sam Pollock
Originaire du quartier Notre-Dame-de-Grâce à Montréal, Sam Pollock a vu le jour le 15 décembre 1925 et dès son jeune âge il manifeste un grand intérêt pour les sports dont le baseball, le football et, bien sûr, le hockey. Issu d’une famille modeste, il quitte l’école en 10e année pour travailler au magasin de vêtements que possédait son père puis à la société des chemins de fer et dans ses temps libres il prend plaisir à organiser des équipes de hockey, de même que d’excellentes équipes de balle molle dont font partie les vedettes des Canadiens Bill Durnan et Toe Blake.

Sam Pollock fait ses débuts avec l’organisation des Canadiens au cours de la saison 1945-1946 dans un rôle d’adjoint à Wilf Cude, alors entraîneur et directeur général des Canadiens Juniors, tout en dirigeant une équipe midget qui fournit des jeunes joueurs à l’équipe de Cude. Pollock n’a que 21 ans quand, en 1947, Frank Selke lui confie le poste d’entraîneur et de gérant de son club junior. Bourreau de travail, Pollock compte plusieurs cordes à son arc ; il est astucieux, habile avec les chiffres et il possède un sens inné pour reconnaître et évaluer le talent.

De 1947 à 1964, Pollock est l’homme à tout faire des Canadiens. Il occupera de nombreux postes au sein de l’organisation, de responsable du dépistage à celui d’entraîneur remportant la coupe Memorial en 1950. Il récidive huit ans plus tard, cette fois dans le rôle de directeur général des Canadiens de Ottawa-Hull. Peu de temps après avoir conduit les Knights de Omaha au championnat de la Ligue centrale, il succède à Frank Selke le 15 mai 1964 et, à 38 ans, devient le plus jeune directeur général dans la Ligue nationale.

L’arrivée de Pollock marquera l’une des périodes les plus prospères dans l’histoire des Canadiens. Entre 1964 et 1978, il mènera le club à neuf conquêtes de la coupe Stanley et à des sommets insoupçonnés en façonnant son équipe comme lui seul savait le faire. Celui que l’on surnommera le Parrain dans les milieux de hockey a réalisé de magistrales transactions, dont celle qui a permis d’obtenir Ken Dryden et une autre qui donnait aux Canadiens le premier choix qui a rendu possible la sélection de Guy Lafleur.

En dépit de son horaire chargé et de ses nombreuses responsabilités, Sam Pollock demeurait un homme avec de solides convictions religieuses. Il trouvait le temps de lire la bible pendant une heure à tous les jours et de fréquenter l’église à chaque dimanche. 

Homme d’affaire expérimenté et homme de hockey chevronné, Sam Pollock avait une devise à laquelle il ne dérogeait jamais, soit celle de ne faire confiance qu’à lui-même. Au cours de son règne, les Canadiens ont conservé une fiche incroyable de 644 victoires, seulement 248 revers et 176 verdicts nuls. Durant ses trois dernières saisons, les Canadiens n’ont encaissé que 29 échecs en 240 rencontres.

Le travail et les succès de Sam Pollock ont été reconnus à plusieurs niveaux. Intronisé au Temple de la renommée du hockey en 1978, le plus jeune à être admis dans la catégorie des bâtisseurs, Pollock a également été nommé Grand Montréalais en 1978, décoré de l’Ordre du Canada en 1985 et fait Chevalier de l’Ordre national du Québec en 2002. Sam Pollock est décédé le 15 août 2007.
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