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Le dernier mot : Tim Raines

par Staff Writer / Montréal Canadiens

Tim Raines est indéniablement l’un des enfants adoptifs chéris des Montréalais. Après avoir percé l’alignement des Expos en 1979 à l’âge de 19 ans, « Rock » a choyé les partisans du Stade olympique pendant une décennie avec son œil à la plaque et sa vitesse sur les sentiers. Bien qu’il ait quitté pour remporter la Série mondiale avec les Yankees en tant que joueur puis avec les White Sox en tant qu’entraîneur, le marchand de vitesse a toujours conservé un lien avec la ville où il a fait ses débuts. En prélude à l’hommage qu’il recevra ce soir au Stade olympique, relisez l’entrevue qu’avait accordé Tim Raines à notre magazine, en mars 2007.

Tu as assisté à un match au Centre Bell en novembre 2006 et les partisans t’ont réservé une superbe ovation. Est-ce spécial de revenir à Montréal et de recevoir ce type de reconnaissance?

TIM RAINES: Oh, j’adore aller à Montréal. C’est toujours spécial pour moi, car les amateurs m’ont toujours tant supporté, et ils continuent de me démontrer leur appréciation pour ce que j’ai accompli avec les Expos. J’essaie toujours d’être en ville au moins une fois par année, sinon plus.

Tu étais occupé à remporter une Série mondiale avec les White Sox lorsque les Canadiens ont honoré les Expos en 2005. Qu’as-tu ressenti en voyant la bannière des Expos ornée de ton numéro 30 suspendue au plafond?

TR: J’en ai eu la chair de poule. Je n’ai pu être présent le soir où [Gary] Carter et [Andre] Dawson étaient sur place et où la bannière a été élevée, mais j’ai eu la chance de lire à ce sujet. C’est un honneur incroyable, car le Centre Bell est l’endroit où tous les amateurs se rassemblent maintenant. C’est aujourd’hui le seul édifice qui abrite du sport majeur à Montréal et d’être honoré dans un amphithéâtre de hockey est très spécial. Je sais que Gary et Andre partagent mes sentiments – de voir son nom suspendu au plafond dans un édifice où on n’a jamais évolué rend très humble.

Était-ce plaisant ou étrange de voir Youppi! dans un uniforme des Canadiens?

TR: C’était plaisant pour moi parce que je me suis toujours beaucoup amusé avec Youppi!. Il était une partie importante des Expos et maintenant il est une partie importante des Canadiens et du sport professionnel à Montréal. Les amateurs l’aiment toujours. Vous comprenez, il a probablement été plus populaire que n’importe quel joueur des Expos, mais je ne sais pas si ce sera le cas avec les Canadiens.

Avant ton arrivée à Montréal à la fin des années 1970, avais-tu déjà assisté à un match de hockey professionnel?

TR : Jamais. Ce n’est pas avant ma troisième ou quatrième saison à Montréal que j’ai été voir un match des Canadiens. C’était au Forum. J’étais impressionné par la vitesse des gars sur patins, mais je n’avais aucune idée de ce qui se passait. Un gars partait en échappée ou l’arbitre sifflait et je n’avais aucune idée pourquoi. On m’a expliqué les hors-jeu et les autres règlements et j’ai commencé à comprendre. Ça m’a pris du temps tout assimiler, mais après ça j’ai commencé à apprécier le hockey et les bagarres. C’était la première fois que je voyais que les combats étaient permis dans le sport.

Tu as essayé de jouer au hockey en une occasion, n’est-ce pas?

TR: Ouais, j’ai essayé une fois. On m’avait invité à un camp ou une ligue pour jeunes. Ils devaient être âgés d’environ neuf ans, et avant le match on m’a demandé d’essayer de marquer contre un gardien de sept ou huit ans. Je n’avais jamais chaussé les patins auparavant. Je me suis donc élancé sur la glace en essayant de garder mon équilibre, en essayant de ne pas tomber avec ce bâton entre mes mains. On m’a donné une rondelle, mais – j’aurais dû y penser avant d’essayer – dès que j’ai levé mon bâton pour la frapper, mes patins sont partis des deux côtés, je suis tombé par derrière sur la tête et j’ai perdu connaissance pendant environ cinq minutes.

Sérieusement? Qu’est-ce qui est pire – tomber sur la glace ou plonger sur l’ancienne surface synthétique au Stade olympique?

TR: Tomber sur la glace fut la pire expérience de ma vie. Lorsque j’ai repris mes esprits après cinq minutes, je leur ai demandé d’enlever mes patins et ce fut la fin de ma carrière de hockeyeur. (rires)

Est-ce que les joueurs des Expos ont déjà été exaspérés par toute l’attention que recevaient les Canadiens? On dirait que la couverture du baseball à Montréal commençait véritablement à partir de la mi-juin.

TR : Je crois que parfois nous l’étions, mais après un bout de temps – après avoir vécu dans cette ville pendant quelques années – vous compreniez la situation. Au début, je ne comprenais pas. Mais dès que j’ai appris à quel point les Canadiens avaient été bons au fil des années et ce qu’ils représentaient à cette ville et la place qu’occupait le hockey dans ce pays, j’ai compris que nous ne serions jamais les têtes d’affiches. Je me rappelle qu’une année nous affrontions les Pirates de Pittsburgh et que nous n’étions qu’à un demi-match d’eux au classement. Nous les avions battus ce soir-là et avons pris la tête du classement pour la première fois. Mais lorsque je me suis réveillé le lendemain matin, la grosse nouvelle était que Chris Chelios avait été échangé à Chicago. Cela résume bien ce que c’était de jouer pour les Expos.

Crois-tu que le baseball majeur pourrait fonctionner de nouveau à Montréal?

TR : Je crois que oui, mais il faudra naturellement avoir des personnes fortunées en charge de l’équipe en plus d’un stade au centre-ville. Ça pourrait fonctionner avec les bonnes personnes et le bon montant d’argent. Ils devront mettre cet argent dans l’équipe et non dans leurs poches. Lorsque Charles Bronfman était le propriétaire, les Expos ont offert le baseball le plus excitant jamais vu à Montréal. Lorsqu’il a quitté, tout a commencé à dégringoler. Peut-être devrions-nous l’impliquer d’une façon quelconque dans une nouvelle équipe. (rires)

Qui étaient les plus difficiles à contrôler : les jeunes d’aujourd’hui ou toi en 1982?

TR : Hmm.. je crois que les jeunes sont plus fous de nos jours. (rires) En 1982, je n’étais qu’un jeune qui aimait faire la fête en ville et ça m’a rattrapé. Aujourd’hui, ça ne dérange pas où vous êtes, les jeunes se font avoir dans tout ça. J’ai appris ma leçon : j’ai réalisé que Montréal est probablement la plus grande ville de party dans le sport professionnel, et ça inclut New York. Il y a tellement de tentations et il existe tellement de pièges dans lesquels vous pouvez tomber… Vous sortez mais vous ne réalisez pas dans quoi vous vous mettez les pieds avant d’être pris.

Cet article, écrit par J.S. Trzcienski, est publié dans le numéro 21.5 du magazine CANADIENS.

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