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Le choc

par Staff Writer / Montréal Canadiens

MONTRÉAL – Sven Andrighetto aime tellement le Québec qu’il l’a tatoué sur le cœur. Littéralement.

Le passage de l’attaquant au Québec, avec les Huskies de Rouyn-Noranda, a eu une influence majeure sur le genre de joueur, mais aussi le genre d’homme qu’il est devenu. De son propre aveu, ce n’est pas en Suisse qu’il a vraiment pensé au fait qu’il pouvait un jour jouer professionnellement, mais plutôt lorsqu’il est venu en Amérique, à l’âge de 18 ans.

Au moment d’être repêché par les Huskies au 11e rang lors de l’encan des joueurs étrangers de la LCH en 2011, Andrighetto ne savait pas grand-chose du Québec, encore moins de l’Abitibi.

«La première fois que j’ai mis le pied à Rouyn-Noranda, c’était un choc. Mon père était venu avec moi lors de ma première visite. Il voulait s’assurer que j’étais en sécurité (rires). Nous avions huit heures pour un transfert à Montréal alors nous avons pris le temps d’explorer un peu et de nous promener », explique Andrighetto, qui a grandi et joué au hockey dans les environs de Zurich. «C’était notre premier contact avec Montréal pour les deux. En nous promenant un peu j’étais vraiment excité en pensant que Rouyn allait être comme Montréal. Comme c’est un vol de moins de deux heures en avion, je ne sais pas pourquoi, mais je pensais que ça allait être à trois heures d’auto de Montréal.»

Sven Andrighetto s'est fait tatouer la devise du Québec "Je me souviens" sur la cage thoracique.

Disons qu’Andrighetto a un peu déchanté en passant de la métropole de 1,6 million d’habitants à cette ville minière d’un peu plus de 40 000 personnes. Lorsque son entraîneur de l’époque, André Tourigny est venu le chercher à l’aéroport de Rouyn, l’expérience était bien différente de celle à laquelle il avait pensé quelques heures auparavant.

«C’était la nuit et nous sommes passés par une rue assez normale. Quelques maisons, quelques lumières allumées, personne dans la rue, pas de voitures. C’est là qu’il m’a dit que c’était le centre-ville. Disons que j’ai eu un petit choc à ce moment-là (rires)», explique Andrighetto qui s’est rapidement adapté à son nouvel environnement.

S’il s’est aussi bien adapté, c’est notamment grâce à l’appui de celui qui l’hébergeait, Randy Charchuk. Vitrier de profession, il est également actionnaire des Huskies de Rouyn-Noranda depuis une vingtaine d’années et c’est vers lui qu’André Tourigny s’est tourné lorsqu’il recherchait une famille pour accueillir sa nouvelle sensation européenne.

«C’est certain que la première fois qu’il est venu en Abitibi, la première journée, tu voyais qu’il avait l’air un peu perdu. Par contre deux ou trois jours après son arrivée, il se sentait comme à la maison », assure Charchuk. «Il faisait vraiment partie de la famille. Quand il est parti, on s’ennuyait vraiment beaucoup. Il nous respectait et nous on respectait ce qu’il voulait faire dans la vie. »

Pour Charchuk, le dévouement d’Andrighetto par rapport ses perspectives de carrière chez les professionnels était inégalé.

«C’est un jeune très sérieux. Tu voyais qu’il voulait jouer dans la LNH. Il ne voulait pas aller en Suisse ou autre chose du genre. C’était vraiment la Ligue nationale ou rien. Ce n’était pas un gars qui sortait le soir ou qui faisait des folies. Il était très facile à vivre, autant au point de vue de la nourriture que du reste. S’il n’était pas à l’aréna, il était à la maison», explique celui qui était présent, au New Jersey, lorsqu’Andrighetto a enfilé le chandail bleu-blanc-rouge pour la première fois, lors de l’encan amateur de 2013.

D’ailleurs Charchuk n’y était pas allé seul. Il était alors accompagné de ses enfants, ainsi que de la famille d’Andrighetto, qu’il a appris à connaître au fil du temps.

«Sa famille est venue quelques fois le voir. Sa mère, son père, son frère et sa sœur. Quand ils venaient, j’essayais de leur faire de la place. C’est du bon monde, la famille Andrighetto. Des gens avec beaucoup de classe», explique celui qui s’empressait d’organiser des sorties de pêche sur la glace et des virées en motoneige quand Remo et Jacqueline, ses parents, étaient de passage à Rouyn-Noranda.

Dès sa première campagne avec les Huskies, il a dominé avec une récolte de 74 points, dont 36 buts. Il est rapidement devenu un favori de la foule, autant celle réunie à l’aréna Iamgold les soirs de matchs que de celle qu’il croisait chaque jour dans les rues de la capitale culturelle de l’Abitibi.

«Dans une petite ville comme ça, c’est vraiment excellent pour l’esprit d’équipe. Tu passes beaucoup de temps ensemble. Tu fais des activités en groupe, tu restes connecté avec du nouveau monde. Je m’y suis vraiment senti comme à la maison», explique Andrighetto qui a lui-même fait l’intégration d’un autre joueur européen à sa deuxième saison, alors que Nikita Kucherov a fait un court passage dans le nord du Québec après avoir été échangé par les Remparts.

«Pendant un an et demi, j’étais seul dans ma famille, puis quand nous avons fait l’acquisition de [Nikita] Kucherov, j’ai demandé à ma famille et à André s’il pouvait venir demeurer chez nous », se souvient Andrighetto. «Nous avions une grosse maison alors ce n’était pas problématique. C’était très gentil de la part de ma famille de l’accueillir.»

Chez les Charchuk, d’avoir autant de talent sous le même toit était loin d’être inintéressant, surtout lorsqu’il était question d’être impressionné par les mains des deux jeunes.

«Ils se suivaient tout le temps, allaient à l’aréna ensemble. Ils jouaient sur le même trio et ça paraissait. Ils faisaient des tours dans le garage avec des balles de tennis et un bâton de hockey que je ne serais même pas en mesure de faire avec mes mains », admet Charchuk. «Je pensais que j’étais habile un peu, mais à les voir aller, c’était incroyable. Je m’assoyais et je regardais ça. C’était comme le Cirque du Soleil. »

Non seulement l’adaptation à une nouvelle langue et à un nouvel environnement s’est bien passée pour l’attaquant qui a terminé sa carrière junior avec 172 points en 115 matchs, mais il a également pu goûter aux plaisirs hivernaux et estivaux qu’offre la vie en Abitibi.

«L’été il avait des motomarines et l’hiver, c’était des motoneiges. J’ai eu bien du plaisir avec ça. L’hiver nous allions sur le lac gelé. Il y avait toujours des choses à faire en nature», se souvient le jeune homme de 22 ans qui était bien content de demeurer au Québec.

D’ailleurs il s’est même fait tatouer la devise du Québec, «Je me souviens », sur la poitrine. Avec le genre de performance qu’il a avec les Canadiens, il s’assure aussi que les partisans se souviennent de lui.

Vincent Cauchy écrit pour canadiens.com.

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