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Derrière le masque : La coupe Stanley sert de motivation à Carey Price

par Staff Writer / Montréal Canadiens

KELOWNA, Colombie-Britannique (LNH.com) – Le gardien des Canadiens de Montréal Carey Price ne s’inquiète pas vraiment de l’éventualité de subir un relâchement ou de perdre sa concentration après avoir tout raflé à la Cérémonie de remise de trophées de la LNH plus tôt cet été.

Price possède peut-être déjà le trophée Vézina, remis au meilleur gardien de la LNH la saison dernière, le trophée Hart (joueur le plus utile) et le trophée Ted Lindsay (joueur le plus utile voté par les joueurs), mais il reste toujours un grand espace vide dans son armoire à trophées, ce qui le pousse à demeurer concentré.

« Remporter la Coupe Stanley est ma priorité, et je n’y suis pas arrivé encore, alors c’est ce qui me pousse à continuer », a confié Price à LNH.com au cours d’une récente activité caritative près de sa résidence d’été en Colombie-Britannique.

Price a aussi effectué un retour aux sources au cours de cet événement, durant duquel il a passé la journée avec dix jeunes gardiens afin d’amasser des fonds pour aider les enfants moins privilégiés à évoluer à la position qu’il aime tant.

Organisée par l’école de gardiens Eli Wilson, la journée s’est amorcée par un petit déjeuner en compagnie de Price, alors que ce dernier a partagé des histoires avec les jeunes gardiens. Price a ensuite accompagné les jeunes pour deux périodes d’échauffement et d’entraînement, entrecoupées par un autre repas avec le gardien des Canadiens.

« Cela me ramène à l’époque où je fréquentais les écoles de hockey, a souligné Price. Ça me rappelle où j’ai commencé, et ça remet les choses en perspective par rapport à où je me trouve maintenant. »

Lorsque l’on est considéré comme étant possiblement le meilleur gardien au monde, que l’on a déjà mené le Canada à la médaille d’or aux Jeux olympiques 2014 de Sotchi, et que l’on est la pierre angulaire de l’une des équipes les plus titrées de l’histoire du sport dans un marché fou de hockey comme Montréal, il n’est pas toujours facile de remettre les choses en perspective. Il n’est pas non plus facile de prendre une pause avec toutes les exigences qui accompagnent cet emploi, et c’est pourquoi, à une époque où les gardiens s’entraînent de plus en plus sur la glace à longueur d’année, Price s’éloigne complètement des patinoires jusqu’au début du mois d’août.

« Au cours de la majeure partie des deux premiers mois de l’été, je range mon équipement. Je ne le regarde même pas pendant deux mois », a révélé Price, qui a conservé une fiche de 44-16-6 avec une moyenne de buts alloués de 1,96 et un pourcentage d’arrêts de ,933 la saison dernière. « Je ne réfléchis même pas à mon jeu. J’ai finalement enfilé mon équipement il y a deux semaines, et j’étais excité de recommencer à jouer. Il est important d’être affamé à nouveau. Si l’on passe toute l’année sur la patinoire, j’ai l’impression que l’on perd cette faim. »

Il s’agit de l’un des conseils les plus importants que Price a donnés au cours de la journée.

En plus de tous les conseils qu’il a partagés avec les enfants par rapport à la manière de se déplacer dans leur demi-cercle, de positionner leur bâton ou de mieux attraper les rondelles (il a indiqué au cours de cette leçon qu’il jouait toujours à se lancer la balle avec son épouse, Angela, dans sa cour avant), Price a parlé de l’importance de prendre une pause du hockey au cours de l’été, surtout pour les gardiens en Amérique du Nord.

La récente tendance chez les gardiens en Amérique pointe vers l’entraînement pendant tout l’été, souvent en participant à plusieurs camps. Cela implique que les pauses sont rares avec la saison de hockey qui se déroule pendant l’hiver et le printemps, ce qui empêche souvent les enfants de pratiquer d’autres sports. Alors que même les professionnels comme Price aiment prendre des pauses et jouer à d’autres sports, il devient de plus en plus courant pour des enfants de huit ou neuf ans de se consacrer à temps plein à la position de gardien.

Il s’agit d’un dilemme créé par le fait qu’il y a un manque d’entraînement spécialisé pour les gardiens au cours de la saison de hockey mineur au Canada et aux États-Unis, ce qui est ironique puisque c’est à ce moment que ce serait le plus utile. Les gardiens doivent plutôt rechercher cette instruction au cours de l’été, passant parfois d’un camp d’une semaine à un autre.

Pendant ce temps, en Finlande et en Suède, où les plans de perfectionnement des gardiens à l’échelle nationale assurent un accès à un entraîneur spécialisé au cours de la saison, l’accent est mis sur la pratique d’autres sports au cours de l’été afin d’augmenter la polyvalence physique, et l’entraînement hors glace spécialisé pour les gardiens ne s’amorce que lorsqu’un joueur a atteint un certain âge, ou s’il fait partie de l’élite.

Il s’agit de l’une des nombreuses différences entre le développement des gardiens entre l’Europe et l’Amérique du Nord, alors il est intéressant d’entendre l’un des meilleurs gardiens au Canada parler de l’importance du temps passé loin de la patinoire.

En ce concerne qui son jeu, Price affirme qu’il lui reste amplement de temps pour se préparer pour la prochaine campagne, bien qu’il ait légèrement modifié son approche.

Price a pendant longtemps participé à des matchs simulés à Kelowna qui ressemblent souvent au Match des étoiles de la LNH, avec plusieurs gros noms sur la glace et très peu de structure dans le jeu. Cet été, il a cependant fait les choses un peu différemment.

« Nous avons commencé à mener nos entraînements comme s’il s’agissait d’un camp d’entraînement, alors nous ne faisons pas que tenir un match simulé pendant une heure et demie, a expliqué Price. C’est bien de pouvoir effectuer quelques exercices et de bien exécuter certaines choses. Lorsque le camp d’entraînement se mettra en branle, je passerai trois semaines sous la supervision de [l’entraîneur des gardiens des Canadiens Stéphane Waite], alors cela me permettra assurément d’être prêt pour le début de la saison. En ce moment, je veux juste retrouver de bonnes sensations, commencer à bien suivre la rondelle, remettre la mécanique en marche.

« Je patine depuis seulement deux semaines, et je sens assurément que je n’ai pas encore retrouvé mon état normal, mais nous avons encore un mois et demi avant le début de la saison, alors nous avons amplement de temps. »

Malgré les contraintes qu’a eues sur son emploi du temps sa saison spectaculaire, Price a néanmoins trouvé le temps de réserver une journée pour soutenir le Fonds de parrainage pour les gardiens Eli Wilson – IHG, amassant ainsi plus de 76 000 $, ce qui va aider plus de 100 gardiens à essayer ou continuer d’évoluer à cette position, ce qui ne serait pas possible sans ce soutien. En plus de toutes les distinctions qu’il a reçues en tant que gardien, le fait de passer une journée avec 10 enfants qu’il ne connaissait pas et de soutenir un projet mis sur pied par Wilson, qui l’a entraîné pour la première fois en 2005, en dit long sur la personne qu’est Price.

Price semble aussi fier d’avoir reçu le trophée Jean Béliveau pour l’excellence de son implication dans la communauté que d’avoir reçu les trophées Hart, Vézina ou Lindsay, lui qui a profité de cet événement pour rendre hommage à épouse et à ses parents, notamment à son père Jerry, un ancien choix au repêchage des Flyers de Philadelphie qui l’a rejoint à Montréal, pour leur soutien, ainsi qu’à Wilson, pour ses enseignements sur la glace.

Ces paroles ont ému l’ancien gardien de la LNH Kelly Hrudey alors qu’il a livré un court discours aux enfants et à leurs parents après le dîner.

« Cela me touche beaucoup, car je n’aurais pu évoluer comme gardien dans ma jeunesse dans le soutien de la communauté, mes parents ne pouvant se permettre de m’acheter l’équipement », a expliqué Hrudey, qui fait partie du conseil d’administration de ce fonds de parrainage. « Ça me rend émotif, parce que les gens viennent nous voir – et il n’y a pas un parent qui veut faire savoir qu’il ne peut acheter de l’équipement à son fils ou sa fille – pour nous remercier, pour nous dire qu’ils n’auraient pu y arriver seuls. Et l’idée qu’un athlète professionnel aussi populaire et talentueux que Carey puisse considérer participer à un événement comme celui-là en dit beaucoup, non seulement sur lui, mais aussi sur ses parents, car tout commence habituellement par eux. »

Il semble que remettre les choses en perspective ne soit pas un problème pour Price. Et avec ce championnat qui lui échappe toujours, la motivation ne devrait pas être un problème non plus.

Auteur: Kevin Woodley | Correspondant LNH.com

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