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De l’autre côté du micro avec… Mathieu Darche

par Staff Writer / Montréal Canadiens

Lorsque les joueurs de hockey décident d’accrocher leurs patins, ils ont généralement le désir de rester connectés au sport qu’ils ont pratiqué et eu comme passion depuis un tout jeune âge. Certains s’impliquent directement au sein des équipes tandis que d’autres décident d’aller de l’autre côté du micro en devenant analystes à la télévision ou à la radio. Alors que plusieurs d’Anciens Canadiens s’ont afféré à la couverture du Tricolore, nous avons rencontré certains d’entre eux pour savoir comment s’est effectué leur transition vers le monde des médias. Cette semaine, Mathieu Darche qui est analyste pour RDS.

Comment l’approche s’est-elle faite pour faire le saut dans le monde des médias?

MATHIEU DARCHE: À ma dernière année à Montréal nous n’avions pas fait les séries. Généralement à RDS ils approchent un ou deux joueurs actifs pour analyser et faire les commentaires entre les périodes durant les séries. Je ne savais pas encore que c’était ma dernière année à Montréal. Donc je l’ai fait au cours de ce printemps-là pour le plaisir en me disant que ça allait m’occuper. Durant l’été, je quittais pour l’Italie avec ma femme pour notre dixième anniversaire de mariage alors je me disais que ça allait payer notre voyage (rires). Finalement pendant le conflit de travail, je faisais beaucoup partie des négociations alors j’ai souvent eu à commenter devant les médias. Quand j’ai pris ma retraite, ils m’ont demandé si je voulais embarquer pour le début de saison. Puis ils m’ont demandé de continuer. Je faisais les commentaires entre les périodes des matchs qui n’impliquaient pas les Canadiens puis ensuite les avants et après-matchs.

Quelle était ta perception des journalistes alors que tu étais joueur?

MD : J’ai toujours été élevé dans la mentalité que tu dois traiter les gens comme tu aimerais être traité. J’ai toujours traité les journalistes avec respect. Par contre il y a une chose que j’ai dite à RDS en arrivant. Je ne suis pas journaliste, je suis analyste. Je ne suis pas là pour sortir des scoops. J’ai encore des amis dans l’équipe. J’aime ça analyser les matchs. Je fais des analyses de ce que je vois et c’est tout. Je dois admettre que chez RDS ils ont été corrects avec moi. Jamais on ne m’a demandé de commenter et de parler d’éléments que j’aurais pu obtenir par des relations personnelles. J’ai des amis avec les Canadiens et dans d’autres équipes. À mon âge, j’ai même des amis dans l’administration un peu partout. J’ai toujours dit que je n’étais pas confortable avec ça et ils respectent ça. Je veux garder mes amis Carey [Price], David [Desharnais], ces gars-là je leur parle encore.

Le fait d’analyser les performances de ton ancienne équipe est-il bizarre?

MD : Au début, oui. Ma position est que j’essaie de ne jamais critiquer les gars. Si l’équipe joue mal, je vais dire qu’elle a mal joué. Des critiques, les joueurs en reçoivent en masse et ils n’ont pas besoin de moi pour les critiquer. J’analyse ce qui se passe sans nécessairement viser les joueurs. Je peux me mettre dans leurs patins. Je me souviens de ma première année lorsqu’il y avait eu une polémique autour de Carey Price en séries qui se comparait à un ermite. J’avais pris sa défense sur les réseaux sociaux. Certains me disaient que je ne devrais pas le défendre. Mais c’est le meilleur gardien au monde. C’est pour ça que je demande des fois sur Twitter aujourd’hui : «Where are the Carey haters now? » [Où sont les gens qui détestent Carey aujourd’hui?]. J’ai peut-être une connaissance que d’autres n’ont pas. Je connais les caractères des gars. Je peux parler de choses que d’autres croient savoir, mais qui ne sont pas à l’intérieur.

Alors que tu jouais, est-ce que tu aurais pu t’imaginer un seul instant de te retrouver de l’autre côté du micro?

MD : Non. En même temps je ne suis jamais dans la chambre pour côtoyer les gars. La situation est un peu différente. Je ne suis pas autour de l’équipe. Je commente ce que je vois à la télé ou au Centre Bell. Je ne suis pas un Insider. J’adore ce que je fais. J’ai toujours aimé le monde du hockey. Ça me garde connecté et j’aime vraiment ça. J’ai toujours aimé analyser les matchs et j’ai joué dans la LNH alors ça aide à faire le travail. Je ne veux pas manquer de respect envers les journalistes, mais c’est difficile d’analyser quelque chose que tu n’as pas vécu. Ils peuvent faire de bonnes analyses, mais en tant qu’ancien joueur, tu peux aller encore plus en profondeur.

À quel point trouves-tu que le monde des médias a changé depuis tes débuts comme joueur?

MD : Aujourd’hui, tout le monde est un média. Avec les blogues et les médias sociaux, n’importe qui peut sortir des rumeurs, vraies ou non. La donne a changé. Maintenant avec les caméras sur les téléphones, tout le monde a accès à l’information. Pour les joueurs, tu dois faire encore plus attention.

Durant ta carrière, les journalistes de quelle ville aimais-tu le plus / aimais-tu le moins?

MD : Dans les villes canadiennes, les gens connaissent un peu plus leur hockey. Les journalistes à Tampa étaient toujours respectueux. Même quand j’y allais avec Montréal, ils prenaient le temps de venir me voir. Quand je jouais pour d’autres équipes, c’était toujours spécial de voir les médias montréalais débarquer. Tu avais trois ou quatre journalistes toute l’année et puis soudainement un match contre Montréal au mois de janvier qui ne veut pas dire grand-chose, le vestiaire est plein.

C’est quoi la question la plus embarrassante qu’on t’a posée quand tu étais joueur?

MD : J’ai de la difficulté avec les questions évidentes. Je me souviens à un moment en série, j’étais habillé, mais je n’avais pas joué dans le match. Des journalistes sont venus me voir pour me demander comme j’avais trouvé ça. Que voulez-vous que je réponde à ça? Je ne vais certainement pas dire que j’ai aimé ça être sur le banc pendant tout le match. Il y a des questions niaiseuses parfois.

Est-ce que ça t’arrive parfois de ramener tes collègues à l’ordre?

MD : Parfois quand ça dérape et que les gens font des suppositions, j’aime bien les ramener à l’ordre. Je me souviens d’un collègue qui mentionnait qu’un joueur jouait moins bien parce qu’il n’était pas heureux de son sort et ce genre de choses. Ce n’est pas comme ça que ça fonctionne. Il faut le vivre pour le comprendre.

Hugo Fontaine écrit pour canadiens.com.

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