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CH à coeur: Martin Petit

par Staff Writer / Montréal Canadiens
Les Boys, Alex Kovalev, Maurice Richard… les liens entre Martin Petit, le monde du hockey et les Canadiens de Montréal sont nombreux. Que ce soit en tant qu’humoriste, comédien, scénariste ou tout simplement en tant que partisan, l’homme de 47 ans est un partisan de la première heure du Tricolore. Nous avons pris quelques instants pour lui parler de son passé à Québec, de sa relation avec « l’Artiste » et de parades de la coupe Stanley.


Depuis combien de temps es-tu partisan des Canadiens?
MARTIN PETIT : Je dois avouer que je n’ai pas toujours été partisan des Canadiens. J’ai habité à Québec lors de mes dernières années de l’école primaire. C’était les belles années des frères Stastny et donc des belles années pour être partisan des Nordiques. Ça a été ma première tentative pour être un partisan des Nordiques, mais je dois avouer que malgré tout ce qui m’entourait, je n’ai jamais réussi à être à 100% un partisan de Québec. Il faisait bon être partisan des Nordiques pendant les belles années de Michel Bergeron. La pression sociale était là aussi. Je me promenais quand même avec un manteau des Canadiens que ma mère m’avait acheté, au début des années 1980, en pleine frénésie des Nordiques. J’ai sûrement perdu quelques amis à cause de ça.

Est-ce que ta chambre était remplie d’objets des Canadiens?
MP : Je n’ai jamais vraiment été fétichiste par rapport aux objets des Canadiens et des joueurs. Par contre en cinquième et sixième années, j’étais un avide collectionneur de cartes. J’avais une énorme collection. J’avais un petit côté Paul Houde développé. Je connaissais beaucoup trop de joueurs que je n’avais jamais vu jouer.

As-tu joué au hockey en grandissant?
MP : J’étais très mauvais, alors je n’ai jamais vraiment eu la piqûre étant jeune. J’ai plutôt vécu mes grands moments de hockey plus tard, lorsque j’ai joué dans Les Boys II et qu’on a fait une tournée de hockey dans les arénas du Québec. J’ai vécu de grands moments spectaculaires, mais un peu arrangés avec le gars des vues.

Ça s’est donc développé plus tard…
MP : Oui, mais j’ai réalisé qu’il n’est jamais trop tard pour vivre des émotions d’enfants. En comptant des buts dans les tournois des Boys, même si le gardien adverse avait intérêt à laisser passer la rondelle, je ressentais quand même des frissons d’avoir marqué devant 5 000 personnes. Il y avait une frénésie fantastique qui ne se compare pas à ce que c’est de faire de la scène. Faire de la scène c’est l’fun, mais compter un but est encore mieux… même si tout le monde se tasse devant toi.

Martin Petit et Alex Kovalev dans Les Pêcheurs.
Avais-tu un joueur préféré dans ta jeunesse?
MP : J’ai grandi dans les années 1970. J’ai donc vu Guy Lafleur jouer. Il me fascinait. J’étais aussi partisan de Steve Shutt. Je me prenais pas mal pour ces deux-là quand je jouais dans la rue au hockey-balle. Ce qui était amusant à cette époque c’est que les bons joueurs restaient beaucoup plus longtemps dans les organisations. Tu avais le temps d’aimer et de haïr des joueurs. J’étais fasciné par les trios aussi. À l’époque, les trios restaient plus longtemps pareils. Ils avaient le temps d’avoir des surnoms. Aujourd’hui aussi, mais souvent le temps de trouver le surnom, le trio n’existe plus.

Quel est ton souvenir préféré par rapport au Tricolore?
MP : J’étais au Forum lorsque les anciens Canadiens ont été honorés dans le cadre du 75e anniversaire de l’équipe. Je faisais partie des gens qui ont fait une interminable ovation à Maurice Richard. Je me souviens d’Aurèle Joliat qui était tombé sur la glace après avoir trébuché sur le tapis rouge. Tout le monde était là, c’était très émouvant. Je n’ai pas eu la chance de voir Maurice Richard jouer, mais on sentait que tout le monde voulait l’appuyer. C’était une performance d’applaudissement comme j’en ai rarement vu dans ma vie. C’était un beau moment.

As-tu vécu d’autres moments du genre?
MP : En fait, un peu plus tard j’ai eu la chance de manger à la Binerie Mont-Royal dans la plus grande intimité, assis juste à côté de Maurice Richard. J’avais l’impression d’être retourné dans les années 1950. Il était là, seul, à manger sa soupe aux pois à la Binerie Mont-Royal. Il était à la retraite, il savourait le moment.

Est-ce que tu lui as adressé la parole?
MP : Non! Je me suis dit qu’il était là, tranquille, à manger sa soupe aux pois. C’était pareil pour moi. Je ne voulais pas briser la magie de ce moment. Le moment était tellement beau que je voulais le garder intact. Je ne l’aurais certainement pas embelli en lui parlant et en voyant sa face me demandant qui j’étais. Ça n’aurait rien changé à ma vie. J’ai vraiment savouré ce moment. La soupe aux pois n’a jamais été aussi vintage qu’à ce moment-là.

As-tu des souvenirs de coupe Stanley, de parades?
MP : Lors de la dernière coupe Stanley, j’étais avec Claude Legault et Michel Courtemanche dans un bar sportif de la rue Saint-Laurent pour regarder le match. On est ensuite allé sur Sainte-Catherine pour participer aux festivités. Quand on s’est rendu compte que les vitrines volaient en éclat et que c’était devenu un peu n’importe quoi, on a reviré de bord. Un de nos amis a décidé de continuer jusqu’au Forum. Il connaissait un caméraman de RDS et lorsqu’il est arrivé au stationnement il l’a vu et salué. Le gardien de sécurité s’est alors dit qu’il avait rapport là. Il l’a laissé passer. Il s’est ramassé tout seul sur la glace du Forum où il a ramassé une gourde des Kings. Il a entendu du bruit qui provenait du salon des joueurs. Tous les anciens sont là avec les nouveaux et la coupe Stanley. Il y est allé et a fait signer son chandail par tout le monde. Le lendemain quand il nous a appelés, on ne le croyait pas et on se disait qu’on aurait peut-être dû continuer avec lui! (RIRES)

Avec ton horaire as-tu l’occasion de venir au Centre Bell?
MP : Ça fait quelques années que je viens au moins au match d’ouverture. Mes enfants arrivent à l’âge où on va avoir du plaisir à venir aux matchs. J’ai hâte de les initier à cette expérience.

Ailleurs qu’au Centre Bell, quel serait le meilleur endroit pour regarder du hockey selon toi?
MP : J’aimerais vraiment les voir à l’extérieur, sur la route. J’ai déjà vu un match à Toronto. J’aimerais vraiment ça aller à Boston. Les voir gagner en séries à Boston, ce serait vraiment un fantasme.

Quand tu donnes des spectacles, à quel point est-ce que tu es conscient lorsqu’il y a un match en même temps?
MP : Dans les séries, je suis le premier à vouloir savoir la marque. C’est assez commun quand on fait des spectacles, surtout dans les séries, de donner le pointage à l’entracte ou au retour. Avec les téléphones aujourd’hui, tu n’apprends pas grand-chose à personne, mais il y a des années, c’était vraiment un service public. Pas pendant le spectacle par contre, les gens sont assez respectueux.

Maintenant, parlons un peu de ton aventure des pêcheurs avec Alex Kovalev. De qui l’idée est venue?
MP : C’est le producteur, Louis-Philippe Rochon, qui connaît la personne qui est responsable de la fondation d’Alex pour les enfants. En discutant avec Alex on a appris que c’est le genre de chose qu’il aimerait faire. Mon producteur m’a rencontré et m’a dit ça. J’étais en train de créer Les Pêcheurs et il restait des épisodes à faire. En cinq minutes, je savais exactement ce que j’allais faire, que j’allais intégrer Patrice Robitaille, mettre un partisan de Nordiques et un ancien Canadien en opposition. J’ai pu réaliser deux rêves d’un seul coup. J’ai passé trois jours avec Alex Kovalev et d’un autre côté, j’ai fait renier ses principes à Patrice Robitaille.

À quel point est-ce que c’était drôle de travailler avec un gars comme lui?
MP : C’était énervant. Un acteur tu peux le convaincre en lui donnant un cachet et un rôle intéressant. J’espérais vraiment que le rôle était intéressant parce que de son côté, le cachet n’allait pas faire une grande différence dans sa vie (RIRES). Ce que j’avais peur, c’est que des plateaux de tournage ça peut être parfois long et ennuyeux. Tout le monde parlait français autour de lui en plus. C’est un gars tranquille qui observe. À un certain moment j’avais peur qu’il se lève, qu’il saute dans son avion et qu’il reparte chez lui. On aurait eu un gros problème… Finalement je me suis rendu compte qu’il aimait observer les autres. Il est de nature analytique. Pour avoir parlé avec lui de sa façon d’aborder le hockey, c’est comme ça qu’il jouait aussi. Il observait beaucoup les autres pour voir les tendances et les gestes pour être en mesure de mieux les déjouer. Il est très sensible à ce genre de chose. L’été dernier encore, il voulait encore revenir au jeu et jouer pour les Canadiens.

Lequel de vous deux était le plus intimidé par l’autre?
MP : Je ne suis pas quelqu’un qui est intimidé par ce genre de personne. Dans Les Pêcheurs, ça m’intimidait plus de jouer avec un gars comme Claude Meunier qui est une idole de jeunesse. C’est certain que quand un gars comme Guy Lafleur me voit et me tend la main, c’est spécial. L’enfant de huit ans ressort un peu. Je n’avais pas ce lien-là avec Alex. J’ai un immense respect pour les athlètes, mais mon stress était plus relié au fait que je voulais que le show soit bon et faire en sorte qu’il soit à l’aise. Ça m’impressionne quand même de voir des gars comme ça, qui ont des gabarits qu’on ne retrouve pas ailleurs. Mais c’est lui qui était dans mon monde alors c’était plus à moi de le prendre par la main et de l’amener à patiner à la même vitesse que tout le monde. C’était un drôle de sentiment. Il était tellement simple et tout en humilité. On s’est super bien entendus.

Est-ce qu’il vous a montré son côté boute-en-train?
MP : C’est un pince-sans-rire exceptionnel. Au début, on ne le savait pas trop. C’est un joueur de hockey et il est Russe en plus. Puis on s’est rendu compte qu’il était vraiment très drôle. Il nous a fait bien rire. La beauté de la chose c’est que vu qu’on ne savait pas à quoi s’attendre, on a été agréablement surpris. Il nous avait également surpris au Wrap party. J’avais organisé ça à mon chalet et tout d’un coup, on l’a vu surgir de nulle part. Un mois et demi après le tournage il revenait comme ça, les techniciens capotaient. Et qu’il revienne pour la troisième saison, c’était la cerise sur le sundae.

Si tu pouvais inviter n’importe quel joueur des Canadiens au Chalet des pêcheurs, ce serait qui?
MP : Ce serait définitivement P.K. Subban. Il a un charisme qui passe bien à la caméra, il a beaucoup d’humour. C’est un gars que j’ai tout de suite aimé comme joueur. Dès ses premiers matchs, j’ai capoté sur son jeu. Au-delà de tout ça, il a des qualités indéniables au niveau de l’écran. C’est un grand communicateur et il a de l’attitude. Il cadrerait parfaitement avec Les Pêcheurs.

Propos recueillis par Vincent Cauchy.

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