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Cédrick le compétiteur

par Staff Writer / Montréal Canadiens
MONTRÉAL – Appelez-le « Cedrick le boute-en-train », « Cedrick le gardien » ou n’importe quoi. Mais ne l’appelez surtout pas « Cedrick le lâcheur. »


Un choix tardif de l’Océanic de Rimouski de la LHJMQ en 2002 (13e ronde, 200e au total) et un joueur que les équipes de la LNH n’ont pas considéré lors du repêchage, Cédrick Desjardins est habitué de marcher contre le vent alors qu’il a bâti sa carrière dans le hockey.

« Lorsque j’étais plus jeune, on m’a toujours dit que je ne jouerais jamais dans le AA, le Midget AAA ou même dans le junior. Mais j’y suis arrivé », explique le jeune gardien. « Des choses comme ça, ça forge le caractère. J’ai pris la situation une année à la fois. Je me suis dit que je voulais jouer au moins un match au niveau junior, après, ça a été un match dans la Ligue américaine et maintenant, mon but est de jouer au moins un match dans la LNH.»

Ce n’est peut-être pas un chemin traditionnel, mais il n’a jamais cessé d’accumuler de l’expérience, avec un certain succès. Desjardins a connu une campagne de rêve en 2004-2005, alors que son équipe a gagné 35 victoires de suite (28 en saison régulière et sept en séries éliminatoires), un record de la LHJMQ. Malheureusement, l’Océanic – qui incluait à ce moment un jeune joueur du nom de Sydney Crosby – a perdu la finale de la coupe Memorial contre les Knights de London.

Échangé aux Remparts de Québec durant la saison morte, Desjardins s’est retrouvé sous la direction de Patrick Roy. Desjardins a eu une deuxième chance et ne l’a pas ratée, alors que les Remparts ont battu les Wildcats de Moncton pour mettre la main sur la plus haute distinction du hockey junior. Le gardien natif de Saint-Pascal a été nommé le meilleur gardien de but du tournoi.

« Ça a été un des plus beaux moments de ma vie », se souvient-il. « Moncton a eu une saison similaire à la nôtre l’année d’avant et ils nous avaient battus en finale de la LHJMQ. Nous voulions avoir le dessus sur eux et nous l’avons fait. »

Les succès ne se sont pas arrêtés là. Ses années dans le junior terminées, Desjardins a franchi la prochaine étape en signant un contrat avec les Bulldogs dans l’AHL. Étant donné la file d’attente pour garder les buts des Canadiens, Desjardins a passé deux saisons avec les Cylones de Cincinnati dans l’ECHL. L’an dernier, il a mené les Cyclones au sommet de la ligue avant de couronner le tout en remportant la coupe Kelly. Desjardins a conservé une moyenne de buts alloués de 1,92 but et un pourcentage d’efficacité de 0,934 en saison régulière et a présenté une aussi bonne fiche en séries éliminatoires (moyenne de 1,84 et un pourcentage d’efficacité de 0,939), faisant de lui le joueur le plus utile à son équipe.

Il a peut-être remporté deux championnats en trois ans, mais ne compte pas s’arrêter là. Ces victoires lui donnent encore plus de motivation pour continuer à réussir.

« On s’habitue à jouer quand on gagne et quand ça arrive, tu en veux encore », admet Desjardins. « Il faut être chanceux, mais il faut aussi savoir créer sa chance. »

Ce désir de vaincre vient probablement de qui se trouvait derrière le banc lorsqu’il a obtenu son premier championnat. Gardien au style papillon, Desjardins, comme la plupart des gardiens de but du Québec, a admiré Roy lorsqu’il était jeune et a appris beaucoup sous sa gouverne.

« Il connaît les rouages du jeu et la passion et le cœur dont il faisait preuve sur la glace, il a gardé tout ça derrière le banc », affirme Desjardins. « La force mentale est importante pour un gardien de but. Il y a des choses qu’on peut commander et d’autres choses qu’on ne peut pas. Il dit que ça peut être dur pour un gardien, mais qu’il faut faire les arrêts importants et les joueurs doivent marquer. Tu veux faire tout ce que tu peux pour gagner. »

Les conseils du membre du Temple de la Renommée lui ont manifestement bien servi.

«Il se bat vraiment et c’est un fier compétiteur », note l’actuel entraîneur-chef des Bulldogs, Ron Wilson. « Voir la façon dont il suit toujours la rondelle et fait tout pour l’arrêter, c’est vraiment quelque chose. Même lors des séances d’entraînement, il est vraiment très concentré sur la rondelle.»

L’entraîneur des gardiens de but des Canadiens Roland Melanson travaille depuis quelques années avec le jeune gardien. Il l’a aidé à perfectionner sa technique et tous les autres aspects physiques du jeu, mais le goût de la compétition vient de Desjardins.

« Il affectionne beaucoup les matchs importants et il y réussit bien » remarque le véritable gourou des gardiens des Canadiens. « Il prend ses responsabilités par rapport à ses coéquipiers vraiment au sérieux, alors qu’ils convergent tous vers le même objectif, la victoire.»

Même s’il a gradué au début de la présente campagne pour se joindre aux Bulldogs, l’acquisition de Marc Denis a forcé Desjardins à prendre un rôle de gardien numéro 2. Habitué aux routes longues et sinueuses au cours de sa jeune carrière, l’athlète de 23 ans a su tirer son épingle du jeu grâce à sa concentration et son travail acharné. D’avoir un vétéran comme Marc Denis pour guider le gardien recrue l’a aidé à se développer encore plus rapidement.

«Nous visons tous les deux le même objectif, garder les buts dans la LNH, mais il est vraiment terre-à-terre et facile d’accès. Je n’ai jamais hésité à lui poser des questions et je prends toujours des notes. Il m’a vraiment aidé dans ma route vers le prochain niveau. »

Peu importe les obstacles qui se dressent sur sa route, il va tenter de les surmonter. Mais il sait aussi qu’il y a un élément primordial à son succès.

« Je bâtis mon rêve », a conclu Desjardins. « Je veux avoir du plaisir et m’amuser en jouant. Si on aime ce sport, les morceaux du casse-tête vont se placer d’eux-mêmes. »

Vincent Cauchy écrit pour canadiens.com

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