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Le d.g. des Sénateurs, Bryan Murray, sauve des vies à travers sa bataille contre le cancer

par Staff Writer / Ottawa Senators

BOCA RATON, Floride – L’entraîneur adjoint des Blues de St. Louis Brad Shaw est la preuve vivante que le directeur général des Sénateurs d’Ottawa, Bryan Murray, est en train de sauver des vies grâce à la sensibilisation qu’il fait à travers sa bataille publique contre cancer du côlon de stade 4.

N’eut été de l’honnêteté et de la candeur de Murray depuis qu’il a reçu son diagnostic en juin dernier, particulièrement dans un reportage vidéo fait par Michael Farber – lui-même un survivant du cancer – pour le réseau TSN, les membres du personnel d’entraîneurs et de la direction des Blues n’auraient pas pris rendez-vous pour des colonoscopies pendant la pause du Match des étoiles de la LNH à la fin du mois de janvier. C’est à ce moment que Shaw a découvert qu’il avait un polype de la grosseur d’une balle de golf sur la paroi de son côlon qui, s’il n’avait pas été détecté, aurait pu mettre sa vie en danger.

Les docteurs ont dit à Shaw que le polype devrait être retiré immédiatement. Il a subi une opération le 28 janvier et était de retour derrière le banc des Blues le soir suivant dans leur match contre les Predators de Nashville.

« J’ai envoyé un message texte à Bryan pour lui dire qu’on y était allé en signe de soutien envers lui, en son honneur et en l’honneur de ce qu’il représente pour la grande famille des entraîneurs. Et il se trouve que j’en ai grandement bénéficié puisque j’avais un polype d’une grosseur qui peut rendre les choses assez graves rapidement dont je ne soupçonnais même pas l’existence, a déclaré Shaw. Il n’y avait pas d’antécédents dans ma famille, aucun symptôme, alors je ne serais jamais allé consulter cette semaine-là, je peux vous l’assurer. Je lui ai dit que je voulais le remercier d’en avoir parlé ouvertement et d’avoir été très franc par rapport à ce qui se passait. Ce qui lui arrive est vraiment dommage, mais c’est un battant. »

Murray, âgé de 72 ans, a été honoré lundi par ses homologues directeurs généraux lors d’un souper spécialement organisé pour souligner sa carrière dans le hockey et ses contributions au sport. Il a admis qu’il n’y avait aucun remède possible pour lui à ce stade, mais il continue de travailler comme d.g. pour les Sénateurs et représentant de choix pour le sport dans des rencontres comme celles qui auront lieu cette semaine.

La bataille publique de Murray contre la maladie a également fait de lui un exemple de générosité, de persévérance et de dévouement envers ses collègues directeurs généraux. C’est en partie la raison pour laquelle il sera honoré lundi soir.

« Qu’il soit assez fort pour faire [le reportage] avec Michael, de le faire publiquement pour qu’on le voit tous, ç’a changé nos perspectives et il a sauvé des vies », a évoqué le directeur général des Blues, Doug Armstrong, chez qui on a trouvé quatre petits polypes lorsqu’il est allé passer des tests pendant la pause du Match des étoiles. « Je n’essaie pas de rendre la situation plus dramatique qu’elle ne l’est, mais c’est simplement la réalité. Bryan a pris une très mauvaise situation pour lui et sa famille, l’a rendue publique et a amené des gens à poser des gestes qu’ils n’auraient pas nécessairement faits qui peuvent sauver des vies. Je n’essaie pas d’être trop sentimental ici; c’est la réalité. »

Les directeurs généraux ont rendu hommage à quelqu’un chaque année à leur réunion de mars depuis 1994, mais Murray est le premier d.g. actif à être honoré par ses pairs. Ça le rend un peu inconfortable, mais il comprend le geste.

Les directeurs généraux honorent Murray autant pour l’incertitude entourant le futur de sa santé que pour sa carrière dans le sport. Le deuxième élément pèse plus lourd dans la balance.

« Quand ils ont commencé à le faire, c’était surtout pour les gars à la retraite. Peut-être qu’ils essaient de m’envoyer un message, a dit Murray à la blague. Je devrai attendre pour en avoir le cœur net. Je crois que chaque fois que ton travail est reconnu par tes pairs, c’est un honneur et c’est génial. »

Murray, un ancien professeur d’éducation physique à Shawville, en Ontario, s’est rendu en Finale de la Coupe Stanley à trois reprises; deux fois comme d.g. et une fois comme entraîneur. Il figure au 10e rang de l’histoire des entraîneurs au chapitre des victoires avec 620, au cours d’une carrière qui s’est étalée sur 17 saisons et 1239 matchs.

« Mis à part tout ce qui a trait au hockey, c’est une personne extraordinaire, un grand homme de famille et un homme avec qui il fait bon discuter, un homme très cordial », a indiqué le directeur général des Stars de Dallas, Jim Nill. « Et si on ajoute le côté hockey, avec tout ce qu’il a fait comme entraîneur et comme directeur général, son curriculum vitae est plein; il a tout fait. »

Murray a amorcé sa carrière derrière le banc d’une équipe junior, lui qui a remporté la Coupe Memorial avec les Pats de Régina en 1974. Il est ensuite passé à la Ligue américaine de hockey et a obtenu son premier poste dans la LNH en 1981, quand l’actuel d.g. des Predators de Nashville, David Poile, l’avait embauché pour diriger les Capitals de Washington.

Murray a ramené les Capitals en séries éliminatoires de la Coupe Stanley lors de chacune de ses sept saisons complètes. Il a remporté le trophée Jack Adams en 1984.

« Quand je pense à Bryan, je reviens toujours à ce qu’il est vraiment; un professeur, a dit Poile. J’ai eu l’honneur et le plaisir de travailler avec lui pendant huit ans et j’ai vu quel genre de professeur il était. Tout bon professeur est un bon communicateur, et Bryan pouvait le faire doucement, sévèrement, avec sarcasme et avec humour. La preuve est sa fiche et les joueurs qu’il a développés. Quand on croise certains de ses anciens joueurs, ils ont toujours de bonnes choses et de bonnes histoires à raconter à propos de Bryan, et que ce soit un moment sérieux ou un moment plus drôle, ils disent toujours que c’était une leçon de vie pour eux. Il pourrait diriger l’école en entier, et il l’a fait. »

Murray est devenu entraîneur et d.g. des Red Wings de Detroit en 1990 à la suite de son passage à Washington. Il a repêché le gardien Chris Osgood, en plus d’avoir joué un rôle dans le développement de Nicklas Lidstrom et Sergei Fedorov. Les Red Wings ont soulevé la Coupe Stanley deux années de suite en 1997 et 1998, et à nouveau en 2002 et 2008.

« Il a eu un très gros impact », a évoqué Nill, qui s’est amené comme adjoint au directeur général des Red Wings en 1994. « C’est à ce moment que les Fedorov et les Lidstrom ont commencé à arriver. Il a fait partie de cette ère, une partie intégrante. Il devait gérer tous ces joueurs qui arrivaient de l’Europe, les aider à s’installer et à jouer de la bonne manière. Il a joué un rôle très important. »

Les Panthers de la Floride ont participé à la Finale de la Coupe Stanley en 1996 avec Murray comme d.g. Il occupait aussi le même rôle avec les Ducks d’Anaheim quand ils se sont rendus en Finale de la Coupe Stanley en 2003.

Murray a repêché Ryan Getzlaf et Corey Perry en 2003. Quatre ans plus tard, alors qu’il se trouvait derrière le banc des Sénateurs, Getzlaf et Perry ont été des éléments clés dans la conquête de la Coupe Stanley d’Anaheim contre Ottawa en grande finale.

« Pendant sa carrière d’entraîneur et sa carrière de directeur général, il n’a peut-être pas toujours pu participer à un défilé, mais il a quitté deux organisations en très bonne forme qui ont gagné la Coupe Stanley après son départ, Detroit et Anaheim, a mentionné Armstrong. Je crois que les gens qui mettent la table n’obtiennent pas beaucoup de crédit, mais je suis certain qu’il a ressenti de la fierté lorsqu’il a vu ces équipes gagner en raison du rôle qu’il a joué dans leurs succès. Il n’a peut-être pas encore gagné sa propre Coupe Stanley, mais il a certainement aidé des organisations à remporter la leur. »

Et maintenant, alors que Murray est toujours à la recherche de son premier championnat de la Coupe Stanley, il livre une encore plus grande bataille contre une maladie incurable. Et il le fait en public pour sensibiliser les autres afin qu’ils n’aient pas à vivre la même situation.

« C’est la seule raison pour laquelle je l’ai fait, a dit Murray. Quand un des réseaux de télévision m’a demandé de faire quelque chose, j’ai décidé de le faire avec quelqu’un (Farber) qui avait de l’expérience avec la maladie. J’ai cru que si ça pouvait aider – je vais à l’hôpital tellement souvent maintenant et je vois tellement de gens et de familles affectées, tellement de jeunes qui sont dans la même position que moi –, avec le nom que j’ai à Ottawa, je pouvais sensibiliser les gens. On m’en parle tellement, c’est incroyable, que ce soit les docteurs ou les gens qui sont allés faire un examen de colonoscopie par exemple, et on leur a indiqué qu’ils devaient faire quelque chose rapidement parce qu’ils avaient commencé à être touchés par la maladie. Ce n’est pas plaisant pour moi ni pour ma famille que j’en parle aussi souvent, mais j’ai cru que c’était la bonne chose à faire. »

Murray a mentionné dans le reportage de TSN avec Farber que son cancer du côlon aurait pu être évité s’il avait effectué des tests plus tôt dans sa vie. Il ne peut plus changer le passé maintenant, mais il peut améliorer l’avenir pour plusieurs autres hommes et femmes.

Shaw est une preuve de l’influence de Murray. Shaw fait maintenant partie de l’héritage de Murray.

« C’est une petite chose qu’on peut faire dans nos vies pour aider les autres, a dit Murray. Pour moi c’est très important, et j’espère que ça l’est pour beaucoup de gens et qu’au sein de la communauté du hockey, on partagera cette expérience. Je ne suis pas du tout le seul à être affecté par cette maladie. Je suis plus vieux, je vois des jeunes en souffrir. Je crois que c’est notre devoir de les aider. »

Suivez Dan Rosen sur Twitter : @drosennhl

Author: Dan Rosen | Journaliste Principal NHL.com

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