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Nouvelles des Sénateurs

Daniel Alfredsson annonce sa retraite dans la ville qui le considère comme un des leurs

par Staff Writer / Ottawa Senators

OTTAWA – Pendant son passage avec les Sénateurs d’Ottawa, Daniel Alfredsson faisait autant partie du paysage de la ville que la neige en hiver et la Tour de la Paix sur la colline du Parlement.

Alfredsson, une figure centrale de la « bataille de l’Ontario » entre les Sénateurs et les Maple Leafs de Toronto lorsque la rivalité en était à son plus haut, était probablement aussi viscéralement détesté par les partisans des Maple Leafs qu’il était adulé par ceux des Sénateurs.

À travers toutes les péripéties menant au retour d’Ottawa dans la LNH, Alfredsson était la constante des Sénateurs, lui qui est tranquillement devenu le meneur de l’histoire de l’organisation dans à peu près toutes les catégories offensives en plus de détenir le record de longévité comme capitaine.

Il est devenu très impliqué au sein de la communauté, s’ouvrant quant à sa famille et aux problèmes de santé mentale auxquels fait face sa sœur Cecilia, et devenant le porte-parole de la campagne de l’hôpital Royal Ottawa pour éliminer la stigmatisation des maladies mentales.

Alfredsson a toujours été là pour donner un effort constant sur la glace et pour répondre aux questions concernant ses performances et celles des Sénateurs à l’extérieur de la glace.

Entre 1997 et 2007, en commençant par la première présence des Sénateurs en séries éliminatoires de la Coupe Stanley et en terminant par la participation de l’équipe à la Finale de la Coupe Stanley, Alfredsson a été la pièce maîtresse, passant de la recrue discrète au meilleur joueur d’Ottawa.

« Qu’on tire de l’arrière par un but ou qu’on soit en avance par un but, je pouvais l’utiliser dans toutes les situations et compter sur lui pour qu’il fasse la bonne chose », a déclaré l’ancien entraîneur des Sénateurs Jacques Martin. « Il avait tout ce qu’il fallait. »

À travers le développement des Sénateurs en aspirants à la Coupe Stanley, un différend contractuel hautement médiatisé avec l’ancien capitaine Alexei Yashin qui a duré des années, une faillite, un changement de propriétaire, de la tourmente derrière le banc, d’une phase de reconstruction et de toutes ces batailles avec les Maple Leafs, Alfredsson a toujours été celui sur qui l’équipe pouvait compter.

Sa carrière a reflété l’organisation des Sénateurs, d’une collection de laissés-pour-compte de qui on n’attendait presque rien à l’apogée du sport et au rôle d’aspirants à la Coupe Stanley.

Quand les Sénateurs ont tout cassé dans l’Est lors des séries éliminatoires 2007, c’était normal qu’Alfredsson marque un des plus gros buts de l’histoire de l’organisation, le filet victorieux en prolongation du match no 5 de la finale de l’Est contre les Sabres de Buffalo qui a permis aux Sénateurs de participer à leur seule Finale de la Coupe Stanley.

C’était un grand moment dans l’histoire du sport à Ottawa.

Ayant grandi à Gothenburg en Suède, Alfredsson a écrit un texte lorsqu’il avait environ sept ans qui disait à quel point il voulait être un joueur de hockey.

Le père d’Alfredsson, Hasse, avait l’habitude de l’amener à l’aréna de Gothenburg à 7 h AM alors qu’il était en route vers le travail. Le hockey faisait partie du cursus scolaire à l’école d’Alfredsson, mais il ne pouvait attendre aussi longtemps; il avait son propre trousseau de clés pour ouvrir le vestiaire et dormait sur le banc jusqu’à ce que l’entraîneur arrive.

Alfredsson n’avait jamais été le meilleur joueur de son équipe et s’est dit que s’il avait la chance de jouer pour l’équipe nationale suédoise, il réaliserait son rêve.

Il a été sélectionné en sixième ronde (133e au total) au repêchage 1994 de la LNH à titre de joueur de 21 ans qui avait été ignoré l’année précédente.

« Attendez de voir ce jeune », avait déclaré le directeur du personnel des joueurs des Sénateurs à l’époque, le défunt John Ferguson.

Alfredsson n’a pas mis de temps à faire bien paraître Ferguson. Après une autre saison avec les Indians de Frolunda en Suède, Alfredsson a rejoint les rangs des Sénateurs pour la campagne 1995-96. Il a eu un impact immédiat, marquant 26 buts et amassant 61 points pour remporter le trophée Calder remis à la recrue de l’année.

C’était une saison tumultueuse pour les Sénateurs avec leur déménagement du Civic Centre vers ce qui était à l’époque connu sous le nom du Palladium. Le premier entraîneur des Sénateurs, Rick Bowness, a été congédié en novembre et remplacé par Dave Allison.

Peu de temps après, le directeur général d’Ottawa Randy Sexton a été remercié et remplacé par Pierre Gauthier.

Gauthier a mis Allison à la porte, qui a duré 25 matchs (2-22-1) et embauché Martin. C’est sous le règne de Martin et avec le leadership d’Alfredsson que les Sénateurs ont amorcé leur montée vers les sommets de la LNH.

En décembre de cette folle saison, Alfredsson a appelé son père en Suède pour lui parler du fait qu’il songeait à quitter les Sénateurs pour retourner à la maison. Mais il a décidé de rester.

Tant mieux pour les Sénateurs, et pour Ottawa.

Cette première saison était le premier indice que lorsqu’il y avait du tumulte et du chaos autour de lui, Alfredsson était à son mieux. C’est un trait de caractère qui lui a bien servi dans la capitale canadienne.

« Ce qui le différentiait des autres joueurs, c’est qu’il était capable de mettre de côté toute distraction et performer au plus haut niveau, a mentionné Martin. Peu importe ce qui pouvait survenir, il continuait de travailler et de jouer à ce niveau si élevé.

« Ce qui me fascine, c’est l’attitude positive qu’il a démontrée tout au long de ces années. »

Avec une éthique de travail infatigable, un coup de patin solide, un lancer foudroyant et sa capacité de passer de la parole aux actes, Alfredsson est devenu la personnalité clé des Sénateurs.

La réputation d’Alfredsson à Ottawa a surtout été définie par les incidents contre les Maple Leafs dans la « bataille de l’Ontario ». Deux sortent du lot : en mai 2002, alors que leur série demi-finale dans l’Est était égale 2-2, les Sénateurs et les Maple Leafs se trouvaient à égalité 2-2 en fin de match no 5. Alfredsson a frappé l’attaquant de Toronto Darcy Tucker par derrière contre la rampe afin de provoquer un revirement et a ensuite marqué pour donner la victoire à Ottawa.

Les Sénateurs ont finalement perdu cette série, comme ils l’ont toujours fait contre les Maple Leafs, mais ce moment était un des rares au cours desquels les Sénateurs ont eu le meilleur sur leurs rivaux en séries.

L’autre est survenu en 2004, à l’apogée de la rivalité Sénateurs-Maple Leafs, quand le capitaine de Toronto Mats Sundin avait été suspendu un match pour avoir lancé un bâton brisé dans les gradins du Air Canada Centre. Par hasard, il a servi sa suspension quand les Maple Leafs ont affronté les Sénateurs. Dans ce match-là, Alfredsson a brisé son bâton et a fait semblant de le lancer dans les gradins.

« Je comprends que les joueurs n’étaient pas trop heureux de mon geste, mais je connais Mats, avait dit Alfredsson à l’époque. J’essayais de faire une blague, mais le moment était mal choisi. »

Les partisans des Maple Leafs ont hué Alfredsson chaque fois qu’il avait la rondelle par la suite et les huées se sont aussi transportées au Centre Canadian Tire, puisque des partisans de Toronto étaient très nombreux à y faire le voyage pour soutenir leur équipe.

Alfredsson était également reconnu pour son honnêteté parfois tranchante, et on en a aussi été témoin dans le cadre de la « bataille de l’Ontario ». Lors du match no 6 de la deuxième ronde des séries 2002, les Sénateurs semblaient en route vers une victoire contre les Maple Leafs. Ils menaient 2-0 à domicile quand le défenseur des Sénateurs Ricard Persson a frappé l’attaquant de Toronto Tie Domi par derrière. Domi a été coupé lorsqu’il a été projeté dans la bande, Persson a écopé d’une pénalité majeure et les Maple Leafs ont marqué deux buts sur le jeu de puissance qui a suivi avant de gagner la rencontre et le match no 7.

Alfredsson, avec sa candeur habituelle, a par la suite dit : « Si Tie Domi avait eu un meilleur équilibre, on aurait gagné la série. »

Cette honnêteté était parfois difficile à digérer pour certains. Au printemps 2013, alors que les Sénateurs tiraient de l’arrière 3-1 contre les Penguins de Pittsburgh en deuxième ronde des séries, on a demandé à Alfredsson s’il croyait que les Sénateurs pouvaient gagner quatre matchs de suite face aux Penguins.

« Probablement pas, avait-il répondu. Avec leur profondeur et leur jeu de puissance en ce moment, ça ne regarde pas très bien [pour nous]. »

Ce commentaire avait polarisé les partisans des Sénateurs. Certains croyaient que le capitaine ne devait pas être aussi pessimiste. D’autres le louangeaient pour sa franchise et pour avoir évité de lancer des clichés.

Mais ce n’était que l’une des rares fois où Alfredsson a polarisé les partisans des Sénateurs, alors que pendant la grande majorité des 17 saisons qu’il a passées à Ottawa il était objet d’adulation, grandement en raison de la manière dont il avait toujours les succès de l’équipe à cœur tout en étant un de ceux qui travaillaient le plus fort. Martin a dit que la qualité qui a défini Alfredsson au cours des années où ils ont travaillé ensemble était sa recherche constante de façons pour s’améliorer.

« C’était son dévouement et son engagement envers l’équipe, a déclaré Martin. Son dévouement au sport et son engagement à s’améliorer chaque jour. J’ai toujours admiré son éthique de travail. C’était exceptionnel. Il travaillait avant l’entraînement et après l’entraînement et il avait toujours du plaisir quand il venait à l’aréna.

« C’était une énergie qui se transposait à travers ses coéquipiers. »

Ainsi que dans une ville et auprès de ses partisans de hockey.

Author: Chris Stevenson | Correspondant LNH.com

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