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Viktor Arvidsson utilise son petit gabarit dans les endroits importants

Le petit attaquant des Predators excelle quand vient le temps d'obstruer la vue aux gardiens et de créer des chances de marquer

par Nicholas J. Cotsonika @cotsonika / Chroniqueur NHL.com

NASHVILLE - Alors que le défenseur Mattias Ekholm s'élançait pour décocher un lancer frappé au cours de l'entraînement matinal des Predators de Nashville jeudi, l'attaquant Viktor Arvidsson se tenait tout juste devant le demi-cercle du gardien Pekka Rinne. Le tir d'Ekholm a dirigé le disque vers Arvidsson, avec tellement de force qu'Arvidsson n'a pu s'enlever de la trajectoire à temps. La rondelle l'a frappé sur la culotte avec un bruit sourd.

Et plusieurs joueurs des Predators ont applaudi.

« Nous ne l'aimons pas », a expliqué le défenseur Roman Josi.

« Ouais, a confirmé Ekholm. Nous ne l'aimons pas. »

En fait, ils l'aiment, et cette scène est de bon augure pour le match no 4 de la finale de l'Association de l'Ouest contre les Ducks d'Anaheim au Bridgestone Arena (20 h (HE); TVA Sports, NBCSN, CBC). Les Predators mènent cette série quatre de sept 2-1 en partie en raison de ce qui s'est produit mardi.

Les Predators effectuent le même exercice au cours de la majorité de leurs entraînements matinaux.Les défenseurs tirent de la pointe alors qu'Arvidsson se poste devant Rinne pour s'exercer à lui voiler la vue et à faire dévier la rondelle. Le matin du match no 3, Ekholm a atteint Arvidsson à la poitrine. Arvidsson a patiné vers le centre de la glace plié en deux pour laisser la douleur s'en aller, puis il est retourné au travail.

« Il est bien connu pour atteindre des joueurs », a indiqué Arvidsson avec un sourire en parlant d'Ekholm. « Il ne sait pas vraiment où la rondelle va aller. »

Ce soir-là, les Predators ont obtenu un jeu de puissance tard en troisième période alors que la marque était égale 1-1. Ils affichaient un rendement de 0-en-11 avec l'avantage d'un homme depuis le début de la série et devaient provoquer quelque chose. Les Predators ont fait circuler la rondelle en zone offensive jusqu'à ce que le centre Ryan Johansen la remette à la pointe depuis l'aile gauche.

« Je ne décoche habituellement pas de tirs de la ligne bleue puisque [les joueurs des Ducks en infériorité numérique] utilisent une formation en "I", a raconté Ekholm. Ils étaient toutefois un peu fatigués, et j'ai vu une ouverture. Je me suis simplement dit : "Envoie le disque au filet, et tout peut arriver". »

Alors qu'Ekholm s'élançait pour décocher son tir frappé, Arvidsson s'est déplacé de la droite du gardien des Ducks John Gibson vers l'avant du demi-cercle et a tourné le dos à Ekholm. La rondelle est arrivée au même moment et l'a atteint sur le mollet droit. Gibson a regardé à sa droite, mais le disque s'est dirigé à sa gauche, directement vers Josi dans le cercle droit.

« J'ai vu [Johansen] remettre à [Ekholm], alors j'ai simplement tenté de me placer devant le plus rapidement possible, a décrit Arvidsson. J'ai juste tenté d'obstruer la vue de [Gibson] autant que possible. J'ai été chanceux et la rondelle m'a frappé avant d'aller directement sur le bâton de [Josi]. »

Avant que Gibson et deux autres joueurs des Ducks ne puissent réagir, Josi a expédié la rondelle dans une cage béante. Les Predators prenaient les devants 2-1 avec 2:43 à écouler. Ce but s'est avéré être le but gagnant.

Ce qui a semblé être un accident n'en était pas un. Il s'agissait du résultat d'un mélange d'entraînement, de talent et de volonté.
 
« Il ne faut pas avoir peur de se poster là, a noté Arvidsson. Ça va faire mal. Il faut être prêt à être frappé ou à recevoir un double-échec ou un coup de bâton. J'aime cela. Ça ne me dérange pas. Si je suis employé en avantage numérique, je vais me placer à l'endroit où on me dit d'aller. Je tente simplement de faire de mon mieux. »

Arvidsson fait penser à une version suédoise de Dino Ciccarelli. Il est répertorié à 5 pieds 9 pouces et 180 livres, alors que Ciccarelli, un membre du Temple de la renommée du hockey reconnu pour avoir enduré de multiples abus devant le filet, possédait une charpente de 5 pieds 10 pouces et 185 livres. Il n'est pas nécessaire d'être imposant pour se poster devant le filet et accomplir le travail si vous possédez une bonne coordination main-œil, un excellent synchronisme et une indifférence (mal) saine pour votre propre bien-être.

« Même s'il n'est pas le plus gros physiquement, il est très bon pour bloquer la vue aux gardiens », a affirmé Rinne, qui mesure 6 pieds 5 pouces et pèse 217 livres. « Les gardiens doivent être penchés la plupart du temps, alors il n'est pas toujours possible de regarder au-dessus de lui. Il fait du très bon travail et est très efficace. »

Les Predators ont sélectionné Arvidsson en quatrième ronde (112e au total) au repêchage 2014 de la LNH, après que le dépisteur suédois Lucas Bergman eut passé trois ans à louanger le fils tenace d'un cultivateur de pommes de terre de Skelleftea, une minuscule ville du nord de la Suède, selon Sportsnet.

Arvidsson, âgé de 24 ans, a récolté 55 points (22 buts, 33 passes) en 70 parties avec Milwaukee dans la Ligue américaine de hockey en 2014-15. Il a obtenu 16 points (huit buts, huit passes) avec Nashville à sa saison recrue l'an dernier, avant d'éclore avec 61 points (31 buts, 30 passes) en 80 rencontres avec Nashville cette saison.

Il a amassé huit points (deux buts, six passes) en 13 matchs des séries éliminatoires de la Coupe Stanley. Il n'a toutefois pas obtenu de mention d'aide sur un but marqué dans le match no 2 dimanche, alors qu'il avait si bien voilé la vue à Gibson en avantage numérique que Gibson n'avait aucune idée de l'endroit où se trouvait le disque. L'attaquant James Neal a eu le temps de recevoir une passe à l'embouchure du filet et d'aller porter le disque de l'autre côté de la ligne des buts au moment même où la punition des Ducks se terminait.

« C'est un travail difficile, a avoué le défenseur des Predators Ryan Ellis. Mais il y a certains joueurs qui aiment ce rôle, et il est l'un de ces joueurs qui aiment se salir le nez. »

Pas étonnant que ses coéquipiers l'applaudissent.

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