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Une première pour les Penguins jeudi

La Coupe Stanley reposera dans son boitier au Consol Energy Center, au cas où…

par Robert Laflamme @bobthefire / Journaliste principal LNH.com

PITTSBURGH - Un vieux sage a déjà dit que vous ne jouez pas pour la Coupe Stanley tant que vous n'avez pas trois victoires en Finale.

Jeudi, devant leurs partisans au Consol Energy Center (20h HE; TVA Sports, CBC, NBCSN), les Penguins de Pittsburgh vont jouer pour la Coupe Stanley.

Qui l'eut cru il y a six mois à peine, quand l'équipe a procédé à un changement d'entraîneur le 12 décembre, au moment où elle occupait la neuvième position de l'Association de l'Est avec une fiche de 15-10-3.

« C'est surréaliste parce que nous n'étions pas dans le portrait des séries éliminatoires à ce moment et que beaucoup d'observateurs nous comptaient déjà comme exclus », a évoqué le défenseur Kristopher Letang, lundi soir.

« Maintenant nous retournons chez nous où nous pourrons recharger les batteries pendant deux journées avec une formidable occasion devant nous. »

Letang a pris soin de ne pas préciser la nature de l'occasion encore moins de prononcer le mot Coupe. N'empêche il y aura de la grande visite au Consol Energy Center, jeudi.

Pour la première fois de l'histoire de la concession, le trophée tant convoité reposera dans son boitier dans l'amphithéâtre des Penguins, dans l'attente. Au cas où…

Les Penguins font les frais de la Finale pour la cinquième fois. Ils ont signé leurs trois conquêtes à l'étranger (1991 Minnesota, 1992 Chicago, 2009 Detroit), sans avoir eu au préalable la chance de soulever le trophée tant convoité devant leur public. L'année qu'ils ont perdue, en 2008, ils avaient plié l'échine en six matchs face aux Red Wings.

La ville de Pittsburgh patiente pour célébrer la conquête d'un grand championnat acquis dans ses terres depuis 56 ans, soit depuis le triomphe des Pirates en Série mondiale au baseball en 1960.

Depuis ce temps-là, les Pirates, les Steelers (NFL) et les Penguins n'ont jamais savouré une conquête en ville.

Les Pipers, une équipe de basketball professionnel de l'American Basketball Association (une ligue de calibre inférieur à la NBA), ont été l'exception en 1968.

Longue attente

Avec une trève de deux journées avant le match no 5, le défi pour les champions de l'Est n'est-il pas d'éviter de trop s'emporter, en sachant que la Coupe est à la portée?

« Non je ne crois pas, a argué Letang. Rendu là, il n'y a pas d'excuse. On doit tout le temps être prêt à donner son meilleur. »

L'entraîneur Mike Sullivan a répété mardi avoir pleinement confiance aux leaders de l'équipe parce qu'ils possèdent l'expérience de situations semblables.

« Nous devrons faire abstraction des distractions qu'il pourrait y avoir, a reconnu Sullivan. Nos joueurs le savent. Ils ont fait du bon travail à ce chapitre pendant toutes les séries. En me basant sur les propos qu'ils ont tenus lundi, ils sont emballés de se retrouver dans cette position. Ça ne veut pas dire que nous sommes rassasiés. Tous savent qu'il reste encore beaucoup de travail à faire. »

Pour revenir à Letang, il a livré un de ses forts matchs en séries lundi, tout en passant 28 minutes 59 secondes sur la patinoire. Il a amassé une passe sur le but en supériorité numérique d'Evgeni Malkin,tôt en deuxième période, qui allait s'avérer celui de la victoire.

« Ç'a bien été, à part le revirement que j'ai commis en deuxième période. La rondelle a roulé sur ma palette au moment où je tentais de rejoindre Bryan Rust qui aurait pu filer en échappée », a-t-il expliqué.

Logan Couture a récupéré le disque et il a pu s'amener devant Matt Murray qui a tout juste effleuré de l'épaule droite le tir haut qu'il a décoché.

« Matt a réussi un bel arrêt. Pour le reste, j'ai été actif et je me suis avant tout concentré à bien défendre, tout en soutenant l'attaque dans les bons moments. »

Il a assuré qu'il lui reste beaucoup d'essence dans le réservoir.

« Oui toujours », a-t-il répondu à la question sans aucune hésitation.

Murray incassable

Matt Murray a une fois de plus démontré qu'il peut plier, mais qu'il ne rompt pas. Pour la cinquième fois ce printemps, il a enchaîné avec une victoire à la suite d'une défaite.

« Le gars possède un niveau de concentration incroyable à son âge, l'a louangé Letang. Il savait qu'il n'avait pas connu son meilleur match samedi. Il est revenu fort lundi. »

Pour le défenseur Ian Cole, ça ne s'enseigne pas.

« On l'a ou on l'a pas. Dans son cas, c'est un trait de personnalité. Il a confiance en ses aptitudes, une confiance tranquille. Il affiche beaucoup de sang-froid. Il est mature pour son âge. Il gère bien les situations de grandes tensions. Il est un rouage important de nos succès. »

Dimanche, au lendemain de la défaite de 3-2 des Penguins en prolongation, Murray était souriant et détendu, peaufinant son français - qu'il a appris en classe d'immersion chez lui à Thunder Bay en Ontario - avec quelques journalistes. Lundi après la victoire de 3-1 des siens, il a répété qu'il ne se pose pas trop de questions en conjuguant sa vie au présent.

« Et j'ai un plaisir fou », a-t-il lancé, à un gain d'égaler la marque de la LNH de 15 victoires en séries pour un gardien recrue.

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