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Une dose de joie de vivre pour les Canadiens

Le temps d'une quinzaine de minutes à l'entraînement vendredi, les joueurs ont retrouvé leur cœur de gamin

par Robert Laflamme @bobthefire / Journaliste principal LNH.com

BROSSARD - On a insufflé une dose de joie de vivre chez les Canadiens de Montréal, vendredi. Le temps d'une quinzaine de minutes, on n'aurait pas cru que l'équipe qui s'entraînait sur la patinoire connaissait un passage à vide de huit matchs sans victoire (0-7-1).

Les joueurs ont retrouvé le sourire en s'amusant comme des gamins au cours d'un éducatif de jeu improvisé avec les filets campés entre les lignes bleues.

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« C'est lourd dans l'entourage de l'équipe, a noté l'entraîneur Claude Julien. L'exercice visait deux objectifs : détendre l'atmosphère et faire travailler les joueurs dans une zone restreinte. »

L'initiative a assurément frappé l'objectif numéro 1 dans le mille.

« C'est toujours agréable de venir à l'aréna et d'avoir du plaisir », a commenté le gardien Carey Price.

« C'était une bonne idée », a réagi quant à lui l'attaquant recrue Nick Suzuki. « Les gars étaient contents de participer à ça. Nous sommes compétitifs. Il fallait travailler sur le jeu en espace restreint et sur nos aptitudes. "Kirky" (Kirk Muller) ne nous lâchait pas pour que nous fassions de petits jeux entre nous. Ça va nous aider. »

Tout ce qui peut aider est le bienvenu actuellement dans le giron du Tricolore, qui est emporté dans une autre spirale d'insuccès.

La situation est déjà suffisamment déprimante. Ça n'aiderait en rien le moral des joueurs si on les laissait en plus s'apitoyer sur leur triste sort. 

Le CH, faut-il le rappeler, occupe le 13e rang de l'Association de l'Est, avec une maigre pitance de 43 points après 45 rencontres. Les joueurs ne peuvent pas en faire abstraction.

« Le tableau du classement est encore bien en vue, tout juste de l'autre côté de la porte », a confié Price en jetant un regard vers l'antichambre du vestiaire de l'équipe à Brossard. 

« Nous ne sommes pas dans la position que nous souhaitions être », avait-il auparavant répondu quand on lui a demandé si la déception était plus forte pour lui cette saison dans le contexte où on voyait grand pour l'équipe.

Autant la situation du CH est précaire, on continue de s'accrocher à l'espoir. A-t-on réellement le choix?

« Ç'a déjà été fait, pas plus tard que la saison dernière », a souligné Price, en évoquant sensationnel redressement des Blues de St. Louis, qui relève davantage de l'exception que la règle. « Tout le monde utilise ça comme exemple. »

Price est revenu sur les propos qu'il a tenus à l'issue de la défaite des siens, lundi. Le gardien avait fait part de ses états d'âme en disant que la séquence d'insuccès allait « au-delà de la frustration » pour lui. C'était sa façon de dire qu'il ne devait pas se laisser atteindre par le négativisme et continuer de faire ce qui lui permet de connaître du succès, sans se soucier des résultats.

Le gardien vedette a toutefois précisé que ce qui lui occasionne le plus de frustration, c'est le manque de résultats.

« Je pense que nous jouons du très bon hockey, mais nous n'obtenons pas de résultats », a-t-il laissé tomber.

On peut donc avancer sans se tromper que Price est très frustré dans le moment, même s'il le dissimile très bien.

« Avec l'expérience, on apprend à gérer les situations difficiles, a-t-il expliqué. Plus jeune, vous vous appuyez sur les vétérans pour vous montrer la voie. Je peux vous dire que nous avons un solide groupe de gars ici, qui ont tous une attitude positive. »

Les jeunes du CH ne sont donc pas en voie de perdition dans un environnement peu enclin à l'épanouissement par le temps qui court.

« Les jeunes sont corrects, a avancé Price. Une journée dans la LNH est une bonne journée. Ils ont du "fun". Ils savent comment c'est. Ils ne ménagent pas les efforts et ils essaient d'être meilleurs. »

Suzuki a raconté avoir déjà fait partie d'une équipe qui a perdu quelque chose comme 14 matchs d'affilée dans les rangs juniors en Ontario, avec l'Attack d'Owen Sound.

« C'est la pire affaire que j'ai connue dans le hockey, a-t-il soulevé. Je ne pense pas que nous répéterons ça ici, c'était vraiment merdique. Je me souviens que l'équipe était tellement déprimée. » 

Les Canadiens (18-20-7) ont peut-être le moral plus bas que les talons, mais on ne peut pas les accuser d'avoir cédé au découragement.

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« Vous voyez les matchs comme moi. Nous ne sommes pas dominés par nos adversaires, a déclaré Julien. Les erreurs que nous commettons sont tout simplement coûteuses. Perdre par un écart d'un but, est-ce que ça donne de l'espoir? C'est aussi frustrant parce que vous savez que vous êtes passés proche. C'est normal. C'est frustrant, mais personne n'abandonne. Je sais qu'il y a un nuage noir au-dessus de nous, mais personne n'a abandonné. Les joueurs et les entraîneurs continuent de travailler fort. J'ai été témoin de plusieurs situations dans le passé, où les équipes avaient baissé les bras, mais ce n'est pas notre cas. Les gars sont-ils frustrés? Oui, parce qu'ils ont le succès de l'équipe à coeur, parce qu'ils veulent gagner. »

Pour les mêmes raisons, Julien ne voit pas la nécessité de tout chambarder sur le plan stratégique. 

« Je ferais des changements si nous étions dominés. Prenez le match de jeudi, nous avons eu plus de chances de marquer et plus de tirs que les Oilers d'Edmonton. Nous avons tout bien fait sauf marquer plus de buts. Je ne sais pas comment trouver des manières de marquer plus de buts quand vous obtenez plus de chances. Pendant deux périodes jeudi, nous avons été la meilleure équipe. En troisième, nous avons joué un peu sur les talons, mais on peut dire qu'on a fait jeu égal. C'est difficile de se dire qu'il faut tout changer. Vous pouvez faire des ajustements, modifier les trios, faire attention aux confrontations. À un moment donné, il n'y a pas 100 solutions comme entraîneur. Vous faites avec ce que vous avez sous la main. Nous devons composer avec les blessures. Nous utilisons des jeunes, des gars qui seraient dans l'équipe-école de Laval si tout le monde était en santé. C'est notre réalité, c'est la vie. Il faut faire avec et nous ajuster. »

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