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Une course au Norris plutôt compliquée

Notre chroniqueur analyse la course au trophée Norris et les nombreuses candidatures de qualité

par Olivier Bouchard @oli_bou / Chroniqueur LNH.com

C'est une bien drôle de course que celle à laquelle on assiste cette saison pour le trophée Norris, remis au meilleur défenseur de la Ligue.

Selon l'angle d'analyse choisi, il n'y a en effet que bien peu de défenseurs recoupant les diverses catégories permettant d'analyser leurs performances. Bref, la table est mise pour un gagnant qui surprendra.

Je me permets donc de débroussailler aujourd'hui ce paysage. Je ne pense pas que les catégories que je rassemble ici tirent d'emblée au clair qui, exactement, devrait être le favori dans cette course, mais nous aurons quand même une meilleure idée de la diversité des candidatures en lice.

J'ai décidé de mettre de côté les habituels indicateurs de possession de rondelle que sont le Corsi ou encore les parts de buts attendus à forces égales. J'ai gardé l'indice des buts attendus pour distinguer les performances en désavantage numérique, mais à forces égales et en avantage numérique, j'ai plutôt décidé de me concentrer sur les points marqués. Après tout, on sait d'emblée qu'un défenseur qui cumule 13 points dans sa saison ne sera pas nommé pour le prestigieux trophée.

Pour les points obtenus à forces égales, il y a John Klingberg et ensuite il y a les autres. Klingberg domine de la tête et des épaules parce qu'il a à la fois obtenu le plus haut nombre de contributions directes (buts et premières passes) et indirectes (deuxièmes passes) parmi les défenseurs de la LNH cette saison.

Mais l'importance de cette contribution s'explique en partie par le fait qu'aucun autre défenseur n'a été sur la glace pour autant de buts marqués, soit 53 depuis le début de la saison. Mais Klingberg a certainement eu son mot à dire. Lorsqu'on regarde plutôt la part des buts sur lesquels il a obtenu un point, il est un des rares défenseurs à avoir obtenu un point sur au moins la moitié des buts de son équipe.

Parmi les défenseurs ayant été sur la glace pour au moins 20 buts à forces égales depuis le début de la saison, il est au sixième rang avec un point obtenu sur 53 pour cent des buts de son équipe.

Parmi les meilleurs pointeurs depuis le début de la saison, seuls Erik Karlsson et Torey Krug font mieux que lui sur ce plan.

Une autre chose intéressante à souligner au sujet de John Klingberg : il a, encore cette saison, bénéficié de pourcentages particulièrement élevés, son équipe convertissant 10 pour cent de ses tirs en buts lorsqu'il est sur la glace. On pourrait attribuer la chose à la chance, mais le fait est que, depuis le début de sa carrière, Klinberg a vu son équipe afficher ce taux de manière constante. En plus de 5000 minutes jouées, il y a lieu de se demander jusqu'à quel point la chance est ici seule en cause. L'association systématique à des joueurs comme Jamie Benn et Tyler Seguin ne nuit certainement pas.

Un autre défenseur absent de la liste des meilleurs pointeurs à forces égales mérite d'être mentionné. Brent Burns semble cette saison victime de la malchance. 

Historiquement, son équipe convertit un peu plus de huit pour cent de ses tirs en buts à forces égales, un score qui a chuté à moins de six pour cent cette saison. S'il rate de justesse le classement des meilleurs pointeurs à forces égales, Burns a participé à 64 pour cent des buts de son équipe.

Ce n'est pas un détail, parce que lorsque l'on se tourne vers l'avantage numérique, la présence de Burns en tête du classement saute aux yeux. Klingberg est le seul du top 10 à forces égales qui se retrouve aussi sur cette liste.

La participation en proportion des buts de l'équipe nous montre par ailleurs certaines choses plus surprenantes. Mike Green a participé à une tonne de buts (80 pour cent), mais essentiellement par des secondes passes. Au contraire, l'impact de joueurs comme Roman Josi et Tyler Myers se révèle ici plus important que prévu, vu la prépondérance de leurs actions directes dans les succès de leurs équipes en avantage numérique.

En désavantage numérique, les points marqués ne sont guère utiles. C'est pourquoi j'ai plutôt opté pour la part relative de buts attendus comme indicateurs. Cet indice nous révèle jusqu'à quel point les résultats attendus de l'équipe, calculés en fonction de la part et de la qualité des tirs, varient lorsque le joueur est sur la glace.

Deux joueurs présents dans le top-10 à forces égales se retrouvent ici parmi les meneurs de la Ligue. Erik Karlsson et Seth Jones ont en effet un impact majeur sur les succès de leurs équipes respectives en désavantage numérique. Sinon, le reste de ce palmarès est occupé par un groupe essentiellement constitué de spécialistes de la défensive.

Nos deux dynamos offensives, Burns et Klingberg, n'ont pas du tout le même impact.

Klingberg est l'un des pires défenseurs de la Ligue selon cet indice - la part des buts attendus de son équipe baisse de neuf pour cent lorsqu'il est sur la glace en désavantage numérique. C'est énorme et probablement en partie dû au fait qu'il vient après Dan Hamhuis et Greg Pateryn qui, eux, sont parmi les meilleurs de la Ligue dans cette situation.

Burns, lui, est 27e de cette liste avec un score de +7 pour cent et est bon premier de son équipe avec Brenden Dillon. On peut soupçonner que c'est en partie dû au fait qu'il passe après l'excellent Marc-Édouard Vlasic, qui a joué plus de 140 minutes dans cette situation depuis le début de la saison et qui y affronte les premières vagues d'avantage numérique ennemies. Mais le fait demeure que Burns sait mieux que Klingberg tirer son épingle du jeu dans cette situation.

On se retrouve donc avec un portrait plus nuancé. La saison difficile des Sénateurs d'Ottawa et le fait que Jones soit cantonné à la deuxième vague d'avantage numérique masquent l'importance de la contribution de ces deux défenseurs à leurs équipes respectives.

Burns est quant à lui pénalisé par la guigne de son équipe à forces égales, mais il n'en demeure pas moins l'un des meilleurs pointeurs de la Ligue chez les défenseurs grâce à ses performances en avantage numérique.

Klingberg, lui, semble tirer de l'arrière en défensive et bénéficie certainement de la présence d'excellents attaquants, mais le fait est que, depuis quatre ans maintenant, les excellents résultats le suivent à la trace. Sur le plan de la création offensive pure, le Suédois connaît une saison du tonnerre et, même s'il n'y excelle pas, il contribue en jouant en désavantage numérique.

La deuxième moitié de saison va permettre à ces joueurs de se distinguer. Mais le choix ne sera pas facile, les candidatures de qualité sont nombreuses.

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