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Un premier duel entre Nasreddine et Hynes

L'entraîneur montréalais et le nouveau pilote des Predators sont devenus amis lors de leurs 10 saisons passées ensemble

par Tom Gulitti @TomGulittiNHL / Journaliste NHL.com

WASHINGTON - Pour la première fois depuis qu'il a été congédié par les Devils du New Jersey le 3 décembre, John Hynes effectuera son retour au Prudential Center, jeudi, lors de la visite des Predators de Nashville (19h30 H.E.; TVAS, NBCSN, NHL.TV). Un affrontement qui voudra dire beaucoup pour lui.

Pour la première fois, il dirigera face à Alain Nasreddine, celui qui a été son adjoint pendant une décennie, qui est devenu son ami et qui l'a remplacé à la barre des Devils.

« Ça va être bizarre, a dit Nasreddine. Mais je sais que son équipe va être prête et il faudra l'être nous aussi. »

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Hynes, qui a été embauché par les Predators pour remplacer Peter Laviolette le 7 janvier, et Nasreddine ont été casser la croute ensemble la semaine dernière. Hynes a profité de la pause du Match des étoiles pour revenir dans le New Jersey en compagnie de son épouse, Sarah, et leurs trois filles. 

« On s'est chacun dit qu'on voulait que l'autre connaisse du succès lors de ce match », a révélé Hynes.

Bien que Nasreddine espérait un jour devenir entraîneur-chef dans la LNH, il n'avait jamais pensé qu'il obtiendrait ce rôle aux dépens de son ami. Le Montréalais de 44 ans était sous l'impression qu'il perdrait lui aussi son boulot quand le directeur général Ray Shero (qui a depuis été congédié, le 12 janvier) lui a demandé de le rencontrer, le 3 décembre.

Nasreddine a appris que Hynes avait aussi rendez-vous avec Hynes, avant lui, et il s'attendait au pire, puisque les Devils avaient une fiche de 9-13-4 et venaient de subir une défaite de 7-1 contre les Sabres de Buffalo la veille. Hynes a téléphoné à Nasreddine après sa rencontre avec Shero pour lui dire qu'il n'avait qu'à moitié raison.

« C'est John qui m'a appris la nouvelle. Dès que sa rencontre a été terminée, on s'est parlé et c'est comme cela que j'ai appris qu'il était relevé de ses fonctions, et qu'ils allaient me nommer entraîneur. »

Les émotions se mélangeaient pour Nasreddine, mais Hynes a été clair sur ce qu'il devait faire.

« Tu dois accepter. »

Jusqu'ici, le Québécois n'avait eu qu'un rôle d'adjoint. Après une carrière professionnelle qui lui a permis de disputer 74 matchs dans la LNH avec les Blackhawks de Chicago, les Canadiens de Montréal, les Islanders de New York et les Penguins de Pittsburgh, il a accepté son premier emploi derrière un banc à titre d'adjoint à Hynes chez les Penguins de Wilkes-Barre/Scranton de la Ligue américaine en 2010. Depuis, les deux n'ont plus jamais été séparés, et ils ont fait le saut ensemble chez les Devils en 2015.

Quelques heures après avoir accepté le poste, Nasreddine, pour la première fois de sa carrière, se retrouvait sans Hynes derrière le banc d'une équipe. Les Devils ont subi une défaite de 4-3 contre les Golden Knights de Vegas. Leur fiche lors de quatre rencontres suivantes a été de 0-3-1, mais depuis, l'équipe semble progresser, avec un dossier de 9-7-2. Tout de même, avec un retard de 18 points sur les Hurricanes de la Caroline, la dernière place donnant accès aux séries éliminatoires est loin.

« Il a vraiment fait un bon travail, a dit Hynes. Il était prêt. Nous avons été ensemble pendant 10 ans et il a joué un rôle très important. Il s'est occupé de plusieurs rencontres d'avant-match, il dirigeait le désavantage numérique et plusieurs autres aspects défensifs du jeu. Il communique bien et il a le respect des joueurs. Ça ne me surprend pas. »

Les deux entraîneurs ont été surpris lorsque Shero a été congédié et remplacé par celui qui était son adjoint, Tom Fitzgerald. C'est Shero qui les avait embauchés, autant à Wilkes-Barre/Scranton qu'avec les Devils. 

Hynes a précisé qu'il n'avait aucune rancune envers Shero, malgré sa décision de le congédier.

« Un propriétaire, un directeur général, un entraîneur, ça doit prendre des décisions, mais il s'est comporté avec classe, a expliqué Hynes. Notre relation demeure solide. »

Nasreddine dit être passé par la même gamme d'émotions la journée où Hynes a été congédié.

« J'ai perdu mon mentor (Hynes) et j'ai perdu la personne qui m'a donné ma première chance (Shero). »

Tout de même Nasreddine comprend qu'une porte s'ouvre à lui chez les Devils et il compte en profiter au maximum.

« Quand j'ai débuté comme entraîneur il y a 10 ans, le but ultime c'était d'un jour diriger dans la LNH. Je suis rendu. Il n'y a que 31 postes du genre, et je suis heureux d'en avoir un et que (Hynes) aussi. »

Nasreddine a été l'une des premières personnes qui ont téléphoné à Hynes après qu'il ait accepté de diriger les Predators. Hynes croyait alors qu'il allait être à la barre de l'équipe des États-Unis lors du Championnat du monde de hockey en mai en Suisse. C'était jusqu'à ce que le directeur général David Poile lui fasse signe.

Depuis, les Predators ont un dossier de 4-4-0.

Hynes demeure optimiste que son équipe pourra revenir en force dans la course pour les séries éliminatoires. Grâce à leur victoire contre la meilleure équipe de la LNH, les Capitals de Washington, mercredi, les Predators sont actuellement à quatre points des Golden Knights de Vegas pour la deuxième place de quatrième as dans l'Association de l'Ouest, mais ils ont disputé trois matchs de moins. Hynes voit de l'amélioration dans leur jeu. 

Les Predators doivent s'habituer à Hynes, mais c'est la même chose pour lui. Lors de sa première partie, ils ont subi une défaite de 6-2 contre les Bruins de Boston, quelques heures après avoir été nommé entraîneur. C'était son premier match sans Nassreddine à ses côtés.

« C'était un sentiment bizarre, même dans une situation où je rencontrais une toute nouvelle équipe d'entraîneurs et de joueurs, a souligné Hynes. Normalement, quand tu obtiens un poste, tu amènes avec toi quelqu'un que tu connais où tu fais des entrevues avec plusieurs personnes pour trouver des adjoints. Ici, j'ai dû faire le saut et on commence à peine à travailler ensemble. C'est fantastique! »

Hynes ne sait pas encore comment il réagira lorsqu'il fera son entrée dans le Prudential Center, jeudi. Il s'est souvenu de son plus beau moment avec l'équipe, la saison 2017-18, lorsque les Devils se sont qualifiés pour les séries éliminatoires et que Taylor Hall a remporté le trophée Hart à titre de joueur le plus utile à son équipe.

Depuis, beaucoup de choses ont changé à Newark. Hynes et Shero n'y sont plus, alors que Hall a été échangé aux Coyotes de l'Arizona.

Les Predators ont besoin d'un maximum de points d'ici à la fin de la saison, et c'est ce sur quoi Hynes se concentrera, jeudi. Mais il y aura assurément quelques souvenirs qui lui traverseront l'esprit.

« Je n'ai jamais vécu une telle situation, et je ne suis jamais revenu (à l'aréna) depuis que tout cela s'est passé. C'est sûr que ça va être un peu différent. Je ne sais pas à quoi m'attendre. »

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