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Un luxe dont se serait passé Marc Bergevin

Le directeur général du CH aurait préféré mettre sous contrat Radulov et Markov plutôt que d'avoir 8,4 millions $ à dépenser

par Robert Laflamme @bobthefire / Journaliste principal LNH.com

LAVAL-SUR-LE-LAC - Marc Bergevin affirme que c'est un atout d'avoir un montant de 8,462 millions $ à sa disponibilité en salaires, à l'aube de la nouvelle saison. Parions que c'est un luxe que le directeur général des Canadiens de Montréal aurait bien échangé contre les mises sous contrat des Russes Alexander Radulov et Andrei Markov.

Visiblement, Bergevin a encore l'estomac barbouillé par la volte-face des deux anciens joueurs vedettes de l'équipe.

Lui qui tient habituellement mordicus à ne pas dévoiler la moindre parcelle de contenu de pourparlers qu'il a avec les athlètes, il ne s'est pas fait prier pour dévoiler les détails dans les deux dossiers, lundi, dans le cadre du tournoi de golf de la rentrée du CH.

Manifestement, ça lui est resté en travers de la gorge que l'attaquant Radulov ait affirmé que le Tricolore avait soumis trop tard son offre identique à celle des Stars de Dallas (cinq ans, 31,25 millions $).

« Plusieurs choses qu'il (Radulov) a dites ne sont pas des faits véridiques, a déclaré Bergevin. Nous avons présenté notre offre avant que les Stars ne soient dans le portrait. Ça devait être une offre alléchante parce qu'il a accepté la même de Dallas. »

Dans le cas de Markov, le D.G. a laissé entendre qu'un écart de plus de 1 million $ pour un contrat d'une saison a provoqué le divorce entre les deux parties.

« Au début, peu avant le repêchage à Chicago, a-t-il relaté, Andrei exigeait une entente de deux ans. Ça ne m'intéressait pas. Nous avons regardé ailleurs, nous avons fait l'acquisition de David Schlemko. Andrei a par la suite changé d'idée et il était prêt à accepter un contrat d'un an. Nous étions intéressés et nous lui avons présenté une bonne offre, assortie de bonis de performance faciles à atteindre. Je croyais sincèrement qu'il allait l'accepter. C'est décevant qu'il ne l'ait pas fait, mais c'est son choix et nous le respectons. »

Markov a préféré retourner dans sa Russie natale afin d'évoluer dans la KHL. Il en a fait l'annonce le 27 juillet.

La rebuffade des deux patineurs a contraint Bergevin à passer au plan B, qu'il n'a pas encore mis à exécution. 

« Nous avons dû changer de direction », a-t-il avoué. 

Bergevin n'a pas voulu dire s'il utilisera la cagnotte afin de tenter d'engager ou de faire l'acquisition d'un attaquant ou d'un défenseur de premier plan. En fait, comme il a un besoin à combler tant à l'attaque qu'en défense, il prendra l'attaquant si l'occasion d'en obtenir un se présente en premier, ou vice-versa si c'est un défenseur.

Il pourrait également garder l'argent pour plus tard, ou jamais ne le dépenser.

« Il ne dépensera pas l'argent uniquement que pour le dépenser, a soumis le propriétaire Geoff Molson. Nous sommes sur la même longueur d'onde à cet égard. Il va utiliser l'argent si l'occasion se présente d'améliorer l'équipe. Il possède la flexibilité pour le faire. »

Le calme plat

Dans le moment, c'est le calme plat à travers la LNH parce que toutes les équipes ont fourbi leurs armes au début de l'été. Il est en mode attente et l'attente pourrait être de longue durée. La prochaine fenêtre d'opportunité pourrait s'entrouvrir pour lui avant le début de la saison, au moment où les équipes complètent leur formation de 23 joueurs.

Bergevin s'est même dit prêt à accepter un lourd contrat d'un joueur dont une équipe souhaiterait se délester afin de mettre la main sur un jeune talentueux. Les Hurricanes de la Caroline l'ont fait en transigeant à quelques reprises avec les Blackhawks de Chicago au cours des dernières saisons.

D'ici là, on se croise les doigts chez le CH pour que des joueurs saisissent leurs chances au cours du camp d'entraînement qui va se mettre en branle sur la patinoire, vendredi. Bergevin et l'entraîneur Claude Julien ont dit s'attendre à un camp très compétitif.

« Il y aura des luttes à toutes les positions », a argué Bergevin.

« On parle souvent de profondeur, c'est vraiment notre cas, nous en avons beaucoup, a renchéri Julien. Nous voyons plusieurs joueurs lutter pour l'obtention d'un poste. Nous avons un surplus de défenseurs qui possèdent l'expérience de la LNH. Nous ne pourrons pas tous les garder. C'est la même chose à l'attaque. La lutte se fera entre cinq et six joueurs. Ça va être intéressant à suivre pendant le camp, de voir lesquels vont être à la hauteur du défi ou qui vont vouloir le plus un poste. Avec huit matchs préparatoires, tout le monde va avoir la chance de faire ses preuves. »

Drouin, le proprio a hâte

Les dirigeants des Canadiens auraient un casse-tête de moins à résoudre advenant que Jonathan Drouin démontre qu'il peut tenir son bout à la position de centre, surtout dans le contexte où il est acquis qu'Alex Galchenyuk va amorcer la campagne à l'aile. L'équipe est désespérément à la recherche d'un joueur de centre no 1.

« Ça n'a pas d'importance que Jonathan joue au centre ou pas, a insisté Bergevin. Ça n'a pas été un facteur dans ma prise de décision quand j'ai fait la transaction avec le Lightning de Tampa Bay. J'aurais quand même fait l'échange, ça n'a rien à voir. Ce ne sera pas un échec s'il commence la saison à l'aile. Je veux être clair là-dessus. » 

Au centre ou à l'aile, Geoff Molson ne cache pas qu'il piaffe d'impatience de voir le jeune Québécois en action.

« Je suis satisfait des acquisitions que Marc a faites et j'ai hâte de voir les nouveaux à l'œuvre. Il y en a un en particulier que j'ai vraiment hâte de voir, a-t-il dit en parlant de Drouin. Les attentes sont élevées dans son cas, nous avons échangé un excellent jeune joueur pour l'avoir (Mikhail Sergachev). 

« La pression sera forte sur lui, comme elle est forte sur notre gardien (Carey Price) et sur notre capitaine (Max Pacioretty). Ma compréhension c'est qu'il carbure à la pression. Il va s'en sortir », a-t-il résumé en esquissant un sourire.

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