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Un ancien entraîneur du Tricolore défend Therrien

Jacques Demers: difficile de gagner sans Price, il mérite d'être de retour la saison prochaine

par Dave Stubbs @dave_stubbs / Chroniqueur LNH.com

MONTRÉAL - Jacques Demers a dirigé 1105 matchs pour le compte de cinq équipes en plus de 14 saisons étalées sur 20 ans. Mais à aucun endroit les réflecteurs n'ont été aussi brillants, son travail aussi scruté au microscope, son travail aussi souvent remis en question et a-t-il été la cible d'autant de critiques que durant son passage de 220 matchs derrière le banc des Canadiens de Montréal, là où il a passé plus de trois saisons, de 1992 à 1995.

Demers, qui a dirigé un match pour la dernière fois en 1998-99 avec le Lightning de Tampa Bay, est donc bien au fait du monde dans lequel vit l'entraîneur des Canadiens, Michel Therrien, le paratonnerre à Montréal au cours d'une saison qui a manqué cruellement d'électricité.

 

Les Canadiens présentent une fiche de 34-36-6 au cours d'une saison où le gardien Carey Price, qui a remporté le trophée Hart à titre de joueur par excellence en 2015 et qui a également mis la main sur le trophée Vézina, remis au meilleur gardien du circuit, a disputé seulement 12 rencontres.

« Cet homme souffre, a affirmé Demers. Je suis passé par là. Vous en arrivez au point où vous passez des nuits blanches, vous remettez tout en question.

« Michel a été coincé dans une situation. Price à lui seul aurait probablement remporté 10 matchs. Un excellent gardien de but fait cela. Martin Brodeur et Patrick Roy ont fait cela. Jonathan Quick et Ben Bishop font cela. Ces gars sont tellement bons qu'ils gagnent des matchs à eux seuls, parce que certains soirs, vous n'y êtes simplement pas.

« Michel a perdu le cœur et l'âme de l'équipe, et c'est Price. »

Demers est le dernier entraîneur des Canadiens à avoir remporté la Coupe Stanley, en 1992-93, lors de sa première saison après avoir remplacé Burns derrière le banc.

Ils ont été éliminés en première ronde des séries éliminatoires de la Coupe Stanley lors de la saison suivante, puis ils ont raté les séries au cours d'une saison écourtée à 48 matchs par un arrêt de travail, en 1994-95. Lorsque les Canadiens ont perdu leurs quatre premiers matchs de la saison en 1995-96, étant dominés 20-4 au chapitre des buts, Demers a été congédié et il a été remplacé, le temps d'un match, par son assistant, Jacques Laperrière, avant que Mario Tremblay ne prenne les rênes de l'équipe.

Depuis le départ de Demers, les Canadiens ont eu neuf entraîneurs différents, 11 si l'on tient compte des deux passages de Therrien et Bob Gainey.

« Des saisons de 100, 110 points consécutives? », a souligné Demers au sujet des saisons de Therrien en 2013-14 et 2014-15. « Je sais assurément comment Michel se sent. Les Canadiens doivent arrêter de limoger des entraîneurs. »

Demers a également pointé deux anciens entraîneurs de Montréal qui ont connu du succès avec leur nouvelle équipe, un scénario que la plupart des organisations ont vécu.

« Claude Julien est récemment devenu l'entraîneur avec le plus de victoires dans l'histoire des Bruins de Boston, a noté Demers. Et Alain Vigneault a remis les Rangers sur les rails à nouveau. »

Il a également vite fait de pointer à quel point la blessure de Price a torpillé la saison de Montréal.

« Je demeure sur mes positions et je ne dis pas ça pour plaire à quiconque : si Carey Price est là, Montréal n'est pas écarté (des séries) en ce moment, a tranché Demers. Price est bon à ce point. Vous ne pouvez pas perdre votre meilleur joueur. C'est également un meneur incroyable et un leader silencieux. Il n'a pas à crier, c'est la manière dont il travaille, comme le faisait Steve Yzerman lorsqu'il était mon capitaine à Detroit. »

Demers estime que les blessures qui ont bousillé la saison des Canadiens font en sorte qu'il est impossible de la comparer à celle de 2014-15, alors que l'équipe avait pris part à deux rondes des séries éliminatoires, ou de 2013-14, alors que Montréal avait atteint la finale de l'Association de l'Est.

Demers dit croire que Therrien sera de retour lors de la prochaine campagne et il prédit que tous les yeux seront tournés vers l'entraîneur dès le premier jour.

« Michel aura de la pression l'an prochain, a admis Demers. Je ne sais pas ce qui arrivera avec Carey Price. Je ne sais pas s'il sera toujours le même gardien de but. Il a un style et s'il ne peut maintenir ce même style après cette blessure…

« Michel sera sujet à une pression extraordinaire l'an prochain, parce que tout le monde va l'observer. Si pour une raison où une autre, ils n'amorcent pas bien la saison…

« Ça leur a fait mal d'amorcer la saison avec une fiche de 9-0 cette année. Les gens pensaient qu'ils allaient remporter la Coupe Stanley. Vous savez comment les gens pensent à Montréal. Michel pourrait être forcé d'apporter des changements parmi ses assistants, il pourrait désirer des assistants différents. Mais je pense qu'il va survivre et j'espère qu'il le fera. »

Demers, au cours des derniers jours, est également venu à la défense du capitaine des Canadiens Max Pacioretty, qui a aussi reçu sa part de critiques au cours de la saison.

« Max a été placé dans une situation vraiment très difficile, a expliqué Demers. Je l'ai défendu. Il n'a pas mérité les critiques qu'il a reçues, c'est une affaire d'équipe.

« Le travail le plus difficile, outre jouer au hockey, est d'être le capitaine des Canadiens. À vrai dire, c'est qu'ils n'ont pas vraiment une bonne équipe. Vous ne pouvez pas mettre toute la pression sur lui [Pacioretty]. Selon moi, il ne mérite pas ces critiques. Nous ne sommes pas amis. Lorsque je l'ai croisé, je lui ai demandé comment il allait. Mais j'ai du respect pour lui et c'est pourquoi j'ai dit ce que j'avais à dire. »

 

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