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Un 1500e match derrière la cravate pour Iginla samedi

L'ailier droit de l'Avalanche ne se sent pas vieux à 39 ans

par Robert Laflamme @bobthefire / Journaliste principal LNH.com

BROSSARD - Le duel entre l'Avalanche du Colorado et les Canadiens de Montréal au Centre Bell, samedi (19 h (HE); TVA Sports, SN360, CITY, ALT, NHL.TV), revêtira un cachet très particulier pour Jarome Iginla : ce sera le 1500e dans la LNH qu'il va se mettre derrière la cravate!

L'attaquant de l'Avalanche relève que l'événement sera davantage marquant pour lui parce qu'il aura lieu au Canada, dans un amphithéâtre rempli de mordus de hockey. 

« C'est pas mal "cool" que ça se passe à Montréal, dans une ville canadienne et une formidable ville de hockey », mentionne-t-il.

À l'âge de 39 ans, Iginla n'a rien perdu du plaisir qu'il éprouve de se pointer à l'aréna tous les jours. Il sait que la fin de parcours approche et il tient à savourer chacune des journées qu'il reste.

Vendredi, il a été un des derniers joueurs de l'Avalanche à quitter la patinoire du Complexe sportif Bell, où l'équipe s'est entraînée. Il s'est présenté dans le vestiaire des siens en arborant son large sourire.

« Est-ce que je me sens vieux? Non jamais, a-t-il répondu à la question. Je n'ai pas le sentiment d'avoir 39 ans et d'être à ma 20e saison dans la Ligue nationale. J'ai de la misère à le croire quand je le dis. J'ai du métier, je le sais, mais diable que les années ont vite passé. Je me considère chanceux d'être demeuré en santé pour la majeure partie du temps. »

Iginla s'est esclaffé quand on lui a souligné qu'il passe pour un jeunot à côté du doyen de la LNH Jaromir Jagr, à l'âge de 44 ans.

« À mes débuts dans la ligue, je tentais d'avoir des cartes de hockey recrues de lui, a-t-il dit. Comme jeune joueur, je le trouvais vieux. Maintenant, il ne reste que lui et moi de cette époque. C'est curieux parce que je trouve que je ne suis pas tellement loin de lui en âge. C'est tout simplement exceptionnel ce qu'il accomplit à son âge. Je ne me vois pas jouer pendant encore cinq ans. »

Iginla va devancer Mike Modano au 16e rang de la LNH en prenant part au match de samedi. Steve Yzerman et Brendan Shanahan sont les prochains dans sa mire, à 1524 matchs chacun. La semaine dernière, il a devancé Phil Housley (1495), un ancien coéquipier à l'époque chez les Flames de Calgary. S'il dispute les 57 rencontres restantes au calendrier de l'Avalanche, il terminera avec 1556 matchs au compteur, en 12e place de l'histoire devant Johnny Bucyk (1540) et Alex Delvecchio (1549).

Il a vu neiger depuis ses débuts dans la LNH pendant les séries éliminatoires de 1996, chez les Flames. Il ne trouve pas que le sport a changé de façon draconienne.

« Le style de jeu est différent, plus sécuritaire, a-t-il analysé. À mes débuts, le style était plus agressif et c'était également plaisant à jouer. L'accrochage et l'obstruction étaient plus tolérés. Maintenant, il existe un meilleur équilibre. Il y a encore beaucoup d'intensité et de solides mises en échec. Je ne dirai pas que c'est mieux. À l'époque, il y avait plusieurs joueurs talentueux comme Joe Sakic et Peter Forsberg, qui étaient beaux à voir jouer. D'autres ont pris la relève et d'autres vont suivre qui seront beaux à voir jouer pendant longtemps. Je ne peux pas dire toutefois que le niveau de talent est plus élevé de nos jours. »

Iginla est double médaillé d'or olympique avec l'équipe canadienne (2002 et 2010), en plus d'avoir fait partie d'équipes championnes au tournoi de la Coupe Canada (2004) et des Championnats du monde (en 1997). Il n'a cependant pas encore soulevé la Coupe Stanley à bout de bras.

Faisant remarquer que quelques jeunes joueurs de l'Avalanche sont presque du même âge que ses enfants, il ne sait pas pendant combien de temps encore il va jouer dans la LNH. Il sera libre comme l'air à compter du 1er juillet, date de son 40e anniversaire de naissance.

« Je me rappelle d'avoir entendu des gars comme Teemu Selanne, Nicklas Lidstrom et Mark Recchi dire vers la fin de leur carrière qu'ils abordaient les saisons une à la fois, a-t-il évoqué. Je me disais qu'ils devaient savoir dans leur for intérieur à quel moment ils allaient se retirer. Maintenant je comprends parfaitement ce qu'ils disaient. Je sais qu'ils ne savaient pas parce que je ne sais pas moi-même. 

« Ce que je sais, c'est qu'il ne m'en reste pas pour bien longtemps. Je verrai pendant combien de temps. »

Pour ses coéquipiers de l'Avalanche, Iginla est un modèle de constance et de persévérance. Il a 614 buts à son palmarès et 1279 points, en plus de 1001 minutes de pénalités.

Pour le vétéran défenseur François Beauchemin, Iginla fait partie d'un groupe restreint de coéquipiers d'exception qu'il a côtoyés.

« Il est devancé par quelques joueurs avec lesquels j'ai gagné la Coupe Stanley en 2007 (avec les Ducks d'Anaheim). (Le défenseur) Scott Niedermayer vient assurément au sommet de ma liste, il le restera toujours. Il y a aussi Teemu Selanne et Chris Pronger, deux autres joueurs qui sont au Temple de la renommée du hockey. Jarome sera éventuellement admis au Temple de la renommée et j'ai beaucoup de respect pour lui. Mais ces trois-là sont devant lui présentement », a conclu le Sorelois.  

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