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Turgeon ne manque pas d'idées à l'attaque

L'ancienne vedette de la LNH réalise tout le travail de préparation requis avant les matchs

par Robert Laflamme @bobthefire / Journaliste principal LNH.com

MONTRÉAL - Pierre Turgeon fait la découverte d'un univers fascinant à titre d'adjoint à l'entraîneur des Kings de Los Angeles John Stevens. Un univers qui lui était complètement insoupçonné quand il faisait la pluie et le beau dans la LNH. 

« Je ne réalisais pas toute la somme de travail qu'il y avait en préparation. Comme joueur, je me présentais à l'aréna, je jouais et je retournais à la maison. Je constate maintenant que tout ce qui se passe en arrière-scène, c'est une autre affaire », dit-il quelques heures avant l'affrontement entre les Kings et les Canadiens de Montréal au Centre Bell, jeudi (19 h 30 HE; RDS, TSN2, FS-W). 

À l'âge de 48 ans, Turgeon ne gravitait pas dans le monde du hockey, autrement que pour soutenir et encourager ses enfants, au moment où il a reçu l'appel du président des Kings Luc Robitaille, l'été dernier. 

Les Kings avaient pensé à lui parce qu'ils étaient à la recherche d'une sommité de l'offensive, d'un genre de coordonnateur de l'attaque. C'est d'ailleurs le titre dont on l'a affublé au moment de son embauche. 

« J'ai été surpris par l'offre parce que je n'étais pas à la recherche d'un emploi dans la Ligue nationale, souligne-t-il. Après y avoir bien pensé, je me suis dit que c'était une belle occasion. Mes enfants sont rendus grands et mon épouse est embarquée dans le projet. » 

Un des hockeyeurs les plus doués de sa génération, Turgeon connaît un truc ou deux sur le plan offensif : il a empilé 1327 points, incluant 515 buts, en 1294 matchs dans la LNH. 

« J'étais un fin analyste dans le temps, un "student of the game", soumet-il. J'ai toujours aimé la créativité à l'attaque. Je portais une attention particulière aux détails. Entre les périodes, j'allais souvent voir des séquences sur vidéo, surtout pour revoir nos jeux de puissance. » 

On parle ici des années 1990. Les outils technologiques d'aujourd'hui sont dans une stratosphère différente par rapport aux bonnes vieilles cassettes VHS de l'époque. 

« On me dit que ç'a beaucoup changé uniquement dans les cinq dernières années », rapporte-t-il. 

Le sport en tant que tel a grandement évolué depuis qu'il a accroché ses patins à l'issue de la saison 2006-07. 

« C'est beaucoup d'apprentissage, mais j'apprends. J'apporte des idées. Je suis impliqué, j'adore ça, affirme-t-il. C'est un "beat" très différent. L'autre soir après le match à Ottawa, je me suis couché à 3 heures du matin. J'ai travaillé pendant le trajet en train jusqu'à Montréal et j'ai fait de la vidéo en arrivant à l'hôtel. » 

Dans ses tâches, Turgeon doit retracer et décortiquer toutes les occasions de marquer d'un match, pour ou contre. 

« Bill Ranford (l'entraîneur des gardiens) m'aide beaucoup avec la vidéo parce que c'était lui qui s'occupait de ça auparavant, explique-t-il. Le lendemain des matchs, nous pouvons analyser chacune des chances de marquer dans le détail. C'est très impressionnant toutes les informations que nous recueillons. 

« L'autre jour, je voulais voir la reprise vidéo d'un tir de pénalité de la saison dernière d'un autre angle. On me l'a trouvée, ça n'a pas été long. Ça n'a pas de sens tout ce qu'on peut faire. » 

Turgeon peut s'asseoir avec un joueur au lendemain d'une rencontre et revoir chacune de ses présences sur la glace, comme il l'a fait mercredi au lendemain de la victoire de 3-2 contre les Sénateurs. 

Il doit parfois user de psychologie afin de remonter le moral d'un joueur qui connaît une séquence plus ardue sur le plan offensif.  

« L'approche est différente. C'est important de communiquer avec les joueurs. La technologie permet de tout voir maintenant. » 

Comme entraîneur, il doit s'assurer que les joueurs restent confiants en leurs moyens. Il précise avoir été influencé à cet égard par des entraîneurs qui l'ont dirigé comme Al Arbour et Joel Quenneville. 

« Les joueurs ne doivent pas craindre de faire des erreurs parce que c'est à ce moment qu'ils vont en faire, avance-t-il. C'est important qu'ils se sentent en confiance. Ils vont faire des erreurs, mais moins ils en font, mieux c'est. » 

Les Kings ont innové en créant un poste d'entraîneur de l'attaque et Turgeon se demande si leur initiative va faire boule de neige à travers la LNH. 

« Peut-être, mais moi j'aborde le défi une étape à la fois. J'apprends et j'apporte des idées. Je suis entouré de gens de hockey très expérimentés. John Stevens connaît son affaire et il sait où il s'en va. La communication est excellente, nous sommes une bonne "gang". 

« Je ne peux pas demander mieux que de travailler avec Luc (Robitaille) et "Blakie" (le directeur général Rob Blake), qui sont deux des meilleurs gars au monde », ajoute celui qui s'est lié d'amitié avec Robitaille pendant sa carrière et qui a été le coéquipier de Blake pendant une saison chez l'Avalanche du Colorado.

Formation prévue des Kings 
Alex Iafallo -- Anze Kopitar -- Dustin Brown 
Tanner Pearson -- Adrian Kempe -- Tyler Toffoli 
Michael Cammalleri -- Nick Shore -- Trevor Lewis 
Andy Andreoff -- Brooks Laich -- Nic Dowd 

Derek Forbort -- Drew Doughty 
Jake Muzzin -- Alec Martinez 
Kurtis MacDermid -- Oscar Fantenberg 

Jonathan Quick 
Darcy Kuemper 

Retranchés: Christian Folin, Michael Amadio 
Blessés: Marian Gaborik (genou), Kyle Clifford (haut du corps), Jeff Carter (cheville)

Formation prévue des Canadiens 
Max Pacioretty - Phillip Danault - Andrew Shaw 
Artturi Lehkonen - Jonathan Drouin - Paul Byron 
Charles Hudon - Tomas Plekanec - Brendan Gallagher 
Alex Galchenyuk - Michael McCarron - Nikita Scherbak 

Victor Mete - Shea Weber 
Karl Alzner - Jordie Benn 
Brandon Davidson - Jeff Petry 

Carey Price 
Al Montoya 

Retranchés : Torrey Mitchell, Jacob De La Rose, Joe Morrow 
Blessé : David Schlemko (main), Ales Hemsky (symptômes de commotion)

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