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Touchette: Weber, comme Larry Robinson

Notre chroniqueur compare le nouveau défenseur du Tricolore à l'ancien membre du « Big Three »

par Serge Touchette / Chroniqueur LNH.com

D'un bord, il y a ceux qui magasinent déjà les chaises pliantes en prévision d'un défilé printanier dans les rues de Montréal.

De l'autre, il y a ceux qui, statistiques à l'appui, rappellent que les départs-canons ne sont garants de rien. Même pas d'une place dans les séries éliminatoires.

Les Canadiens de Montréal se situent quelque part entre les deux. Oui, ils sont meilleurs qu'à pareille date l'année dernière.

Meilleurs, plus convaincants aussi.

Mais bon. Octobre, c'est connu, tient rarement ses promesses.

Il entretient parfois de faux espoirs, octobre.

La bonne nouvelle pour les partisans des Canadiens, c'est que Carey Price n'est pas seul responsable des succès de l'équipe.

Il y a Radulov, entre autres, et, bien sûr, il y a Shea Weber, l'homme au tir-bazooka, la force tranquille d'une équipe qui, visiblement, avait grand besoin d'un stabilisateur.

Cela dit, peut-on parler de Weber sans dénigrer P.K. Subban?  

Est-ce possible?

Je pose la question.

Je l'avoue sans détour : j'étais de ceux qui ont fait la grimace lorsque les Canadiens ont échangé Subban aux Predators de Nashville contre monsieur Weber.

Deux excellents joueurs. Et j'insiste là-dessus.

Et pour le moment, Weber est supérieur à l'autre.

À vrai dire, Weber, qui joue en moyenne près de 26 minutes par match, est encore meilleur que je pensais. Et c'est là toute la différence entre observer un joueur trois fois par semaine plutôt qu'une fois par deux mois.

Trois fois par semaine, on apprend évidemment à mieux le connaître.

À mieux l'apprécier aussi. Ou encore à mieux identifier ses faiblesses.

Tout le monde savait que Weber était solide. Dominant à ce point? Pas certain.

À lui seul, le défenseur de 31 ans pourrait bloquer le pont Jacques-Cartier.

J'exagère? Juste un peu.

Il se veut une présence combien significative sur la patinoire et dans le vestiaire. Quand il est sur la glace, ses compagnons de jeu grandissent soudainement d'un pouce ou deux.

Les joueurs qui appartiennent à l'élite ont toujours eu le pouvoir de rendre leur entourage meilleur.

Weber appartient à cette catégorie.

Comme Robinson

À cet égard, il n'est pas sans me rappeler le grand Larry Robinson, ancien membre du célèbre Big Three.

Il en mène large, Weber. Comme Robinson dans le temps.

Il tire des plombs à la manière d'Al MacInnis, ancien défenseur vedette des Flames de Calgary et des Blues de St.Louis.

Avec un tir pareil, il ne serait pas étonnant qu'il devienne le premier défenseur des Canadiens à atteindre le cap des 20 buts depuis Sheldon Souray, qui en avait obtenu 26 en 2006-2007.

Même le record d'équipe pour un défenseur (28) établi par Guy Lapointe en 1974-1975 n'est pas à l'abri.

Mais le tir de Weber, qui, depuis le début de sa carrière, a déjà connu trois récoltes de 20 buts ou mieux, n'est pas son seul atout. En prime, il n'hésite jamais à se jeter devant les rondelles et, par moment, il cogne tellement dur qu'on a l'étrange impression qu'une de ses victimes, un de ces quatre, restera imprimée dans la bande.

Un grade plus élevé

Vrai qu'il n'est pas spectaculaire. Mais il prend rarement la mauvaise décision.

Il privilégie le jeu simple au coup de théâtre à l'intérieur d'un concept d'équipe, qui a préséance sur tout.

À Montréal, ils sont déjà nombreux à prétendre qu'il est le véritable capitaine des Canadiens.

Dans les faits, son grade est encore plus élevé que celui de capitaine.

Il est devenu général, monsieur Weber.

Et cela n'est pas une illusion d'octobre.

C'est une certitude.

 

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