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Touchette : Lettre ouverte à la Coupe Stanley

Est-ce que les Canadiens ont assez fait pour convaincre la Coupe de passer ses vacances à Montréal l'été prochain?

par Serge Touchette / Chroniqueur LNH.com

Chère Coupe Stanley,

Si j'ai choisi de t'écrire, c'est tout simplement parce que nous n'avons pas souvent la chance de se croiser depuis quelques années.

À vrai dire, nous sommes quasiment devenus des étrangers. Nous te voyons juste à la télé.

Les temps ont changé.

À une certaine époque, tu passais régulièrement tes étés à Montréal.

La dernière fois que nos bras t'ont soulevé, c'était au printemps 1993. Patrick Roy jouait encore, Kirk Muller et Guy Carbonneau aussi.

Bref, ça fait une éternité.

Je sais que tu viens faire ton tour dans la région de temps en temps grâce à des joueurs Québécois, qui, comme Kristopher Letang ou Marc-André Fleury, par exemple, t'offres un court séjour dans nos murs après t'avoir conquis à Pittsburgh ou ailleurs.

C'est bien gentil de leur part, mais les fans des Canadiens de Montréal aimeraient te voir débarquer au Centre Bell quelque part en juin. Pas en juillet ou en août, en juin. Capiche ?

Ils sont nombreux à s'ennuyer de toi, à te réclamer à grands cris année après année.

Même le maire de Montréal Denis Coderre déplore ton absence dans le cadre du 375e de Montréal.

Il t'aurait accordé le traitement royal, monsieur le maire, lui qui ne regarde pas la dépense.

Tu avais joué, souviens-toi, le même tour à Montréal en 1967. Tout le monde t'espérait pour l'Expo 67, un événement planétaire, mais tu t'étais plutôt, petite snoro, retrouvée à Toronto.

Faut comprendre tout ce beau monde ; ils ont l'impression que tu boudes Montréal. À cause des taxes peut-être ? Ou de la multiplication des cônes oranges ?

Foutaise ! T'as déjà trop aimé pour Montréal pour la bouder pendant aussi longtemps.

On se souvient encore du milieu des années 1970 quand tu as passé quatre étés de suite à Montréal. Wow !

Vrai qu'il y avait moins de cônes oranges dans ce temps-là.

Vrai surtout que t'avais bâti une solide amitié avec Ti-Guy et le Big Three.

Vous étiez inséparables.

Une demande d'adoption

Pour le moment, les fans des Canadiens se fient sur le directeur général Marc Bergevin pour te ramener là où tu n'as pas pris des vacances pendant 24 ans s'il vous plaît.

Oui, 24 ans bien comptés. Tu l'as peut-être oublié, mais tu n'as jamais passé plus de temps ailleurs qu'à Montréal.

Mais depuis quelques années, tu sembles avoir une préférence pour Pittsburgh et Chicago. Ton parcours est là pour en témoigner; deux étés consécutifs à Pittsburgh et trois autres en six ans à Chicago, c'est quasiment une déclaration d'amour, voire une demande d'adoption.

Et il y a de plus en plus de gens qui pensent que tu pourrais préférer Edmonton et Toronto à Montréal dans un avenir prochain.

Faut admettre que les Oilers et les Maple Leafs, avec Connor McDavid et Auston Matthews comme chef de file respectivement, ont des arguments de taille.

Comment faire donc pour te rapatrier à Montréal ? Bonne question.

Bergevin trime dur dans l'espoir d'y parvenir. Il prend des décisions tantôt populaires, tantôt douloureuses.

Au moins, il a le mérite d'en prendre.

L'an passé, il a osé échanger P.K. Subban aux Predators de Nashville contre Shea Weber.

Weber a connu une meilleure année que Subban, mais l'équipe de Subban a atteint la Finale de la Coupe Stanley alors que celle de Weber a été sortie dès le premier tour.

C'est donc Nashville 1, Montréal, 0. Une façon comme une autre de compter les points.

Et cette année, Bergevin a rompu les liens avec son attaquant le plus dynamique, Alexander Radulov, qui a mis le cap sur Dallas. Une perte importante, faut le dire.

Un grand coup

Il y a quelques semaines, Bergevin a frappé un grand coup.

Il a fait fi de l'un des dix commandements de la LNH lorsqu'il a échangé un premier choix au repêchage, le défenseur Mikhail Sergachev, au Lightning de Tampa Bay contre Jonathan Drouin.

Bergevin, plus d'une fois, avait pourtant juré qu'il n'échangerait jamais l'un de ses trois plus beaux espoirs.

Mais bon. Ce n'est pas tous les jours que les Canadiens ont la chance de mettre la main sur une vedette, un Québécois de surcroit, en pleine ascension.

Bergevin n'allait donc pas laisser filer pareille occasion.

Il a aussi conclu une entente à vie (ou presque) avec son gardien de but vedette Carey Price, à qui il a consenti un prolongement de contrat de huit ans d'une valeur 84 millions $ s'il vous plaît. C'est beaucoup de sous pour un seul homme, mais Bergevin était franchement incapable d'imaginer la vie de son équipe sans l'homme masqué le plus populaire au Québec.

Est-ce que ce sera suffisant, chère Coupe Stanley, pour te convaincre de passer l'été 2018 à Montréal ?

Nombreux sont les médias et les fans des Canadiens qui ont de sérieux doutes.

Pourquoi ? Parce que les Canadiens n'ont toujours pas dans leurs rangs un joueur de centre numéro un, un joueur comme John Tavares ou Ryan Getzlaf.

En attendant, Montréal te salue bien bas.

Et rêve au jour où tu rentreras enfin à la maison !

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