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Touchette : Carey Price, un laissez-passer pour les séries

La prolongation de contrat de Carey Price assure que les Canadiens vont participer aux séries, mais il reste du travail à faire

par Serge Touchette / Chroniqueur NHL.com

Cette fois, Marc Bergevin n'a surpris personne. 

En octroyant un prolongement de contrat de 84 millions $ pour huit ans à Carey Price, le directeur général des Canadiens de Montréal s'est procuré une assurance catastrophe.

Difficile de le blamer.

Après la débandade combien spectaculaire de son équipe survenue, il y a deux ans, suite à la blessure subie par son gardien-vedette, Bergevin était condamné à s'entendre avec Price. À n'importe quel prix. 

Une protection contre les tsunamis n'a pas de prix. 

Price, ce n'est pas seulement une assurance catastrophe; c'est aussi un laissez-passer (annuel ou presque) pour les séries éliminatoires de la Coupe Stanley. 

Exagérée la durée de l'entente ? 

Absolument. Une entente qui dépasse cinq ans est toujours une entente exagérée, une entente à haut risque qui ajoute à la complexité du plafond salarial et à la difficulté d'équilibrer les forces de ton équipe. 

Mais est-ce que les Canadiens avaient vraiment le choix ? 

S'ils avaient un Plan B, ils n'ont jamais pris le temps de le sortir du tiroir. 

Price devient donc le gardien le mieux payé de la LNH. Il n'a pas volé cette distinction pour la bonne raison qu'il a été le meilleur gardien du circuit au cours des cinq dernières années. 

Dans un même temps, il se retrouve parmi les plus hauts salariés de la ligue à égalité avec Patrick Kane et Jonathan Toews, des Blackhawks de Chicago.

À ce chapitre, il devance même Sidney Crosby. 

Le même impact ?

Ce qui soulève deux questions: Est-ce que Price vaut autant que Kane et Crosby ? 

A t'il le même impact que les deux autres sur son équipe ? 

Si la loi du marché affirme que oui, j'avoue avoir quelques réserves à ce sujet même si Price est le visage de la concession montréalaise. 

Crosby a déjà aidé les Penguins de Pittsurgh à remporter la Coupe Stanley à trois reprises, Kane et Toews l'ont fait à trois reprises avec les Blackhawks. 

Price, lui, n'est pas encore venu proche de soulever le précieux trophée. 

La morale de cette histoire ? 

Price, même s'il est considéré comme le numéro un de sa classe, n'est pas Superman. Et tant et aussi longtemps qu'il ne sera pas appuyé par une meilleure équipe, ses chances de gagner la Coupe Stanley sont minces. 

Les dernières séries de la Coupe Stanley, une fois de plus, nous l'ont rappelé; le meilleur gardien de but n'est garant de rien. 

En 2016-17, les quatre gardiens qui ont atteint le carré d'as n'ont pas été parmi les meilleurs de leur confrérie pendant la saison régulière. Je pense à Matt Murray (secondé par Marc-André Fleury) des Penguins, Pekka Rinne des Predators de Nashville, John Gibson des Ducks d'Anaheim, et Craig Anderson des Sénateurs d'Ottawa. 

Il appartient maintenant à Bergevin de produire la meilleure équipe possible. Le défi, avouons-le, n'est pas mince lorsque ton gardien de but, à lui seul, représente 14 pour cent de ton enveloppe salariale. 

En mode accéléré

Pendant que les Canadiens tentent de préserver leurs acquis, les Maple Leafs de Toronto, de toute évidence, ont entrepris d'accélérer leur processus de reconstruction. 

Leurs succès de la dernière campagne les ont convaincus d'emprunter un raccourci. Pourquoi pas ? 

La preuve, ils ont convaincu Patrick Marleau de renoncer à la Californie et de venir seconder Auston Matthews, Mitchell Marner et William Nylander, entre autres, à Toronto. 

Faut dire qu'ils avaient de solides arguments: un contrat de trois ans à raison de 6,25 millions $ par saison. 

C'est beaucoup d'argent pour un joueur qui aura 38 ans en septembre. 

Mais il y a des joueurs qui vieillissent mieux que d'autres. 

L'ex-ailier des Sharks de San Jose appartient à cette catégorie. Il n'a raté aucun match à ses huit dernières campagnes et, à ses quatre dernières saisons, il a connu des récoltes de 33, 19, 25 et 27 buts. 

Au ralenti, Marleau? Pas encore. 

Il n'y pas si longtemps, les Maple Leafs tentaient seulement d'éviter de tomber encore plus bas. 

Aujourd'hui, ils visent le sommet. 

Et rien d'autre.

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